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La biologie contre la psychanalyse ? Un enjeu épistémologique, philosophique et politique

lundi 24 avril 2006

Table ronde avec Brigitte CHAMAK, Bernard DORAY, Jean-Jacques KUPIECK, Jean-Marc LELIEVRE , Marie-Jean SAURET.

Problématique de la table-ronde pour la "rencontre philosophique" du Jeudi 11 Mai 2006 à 19 h 30 à Espaces Marx :

(le compte-rendu est à trouver si vous cliquez ici)

Après avoir été exclue de la formation des psychiatres il y a plusieurs années, la psychanalyse est en passe d’être éjectée de la modeste place dans l’université française qu’elle avait gagnée en sciences humaines il y a 30-40 ans. La caution scientifique apportée à ce rejet par la biologie est préoccupante car - et ce sera un des objets de cette rencontre - elle se construit maintenant sur l’ignorance et une vision idéologique qui n’a plus grand chose à voir avec le mouvement réel au sein même de la biologie. Cette exclusion laisse évidemment le champ libre aux seuls traitements pharmaceutiques et à ceux basés sur le conditionnement en entretenant le mythe d’un développement humain essentiellement déterminé par les propriétés internes du cerveau.

Et c’est justement là l’autre facette de ces questions, qui sera fatalement abordée ce soir. Elle ne concerne plus seulement la philosophie des sciences ! Il n’est pas impossible que dans plusieurs pays, dont le nôtre, la prise en compte des dimensions et des concepts fondant la psychanalyse (le caractère singulier de chaque humain en tant qu’être parlant et ses conséquences entre autres sur le « vivre ensemble » ; l’inconscient, les rêves, les lapsus, le désir, l’identification...) ait jusqu’à récemment contribué à empêcher une médicalisation et un traitement policier outranciers du malaise social. Sans avoir apporté de miracle (la société s’organise selon évidemment d’autres données), ni sans avoir toujours su éviter les pièges du « marché », mais quand même ! En sommes-nous encore là ? Certes, ce qui émerge n’est pas le totalitarisme du 20e siècle interdisant la psychanalyse et enfermant les dissidents et tous les indociles tantôt en camp tantôt en hôpital psychiatrique. Mais n’est-ce pas aussi grave quand chacun est sommé de se sentir individuellement seul responsable, sinon coupable, de tout ce qui (lui) arrive ; quand pour soi-disant éviter les troubles sociaux, on entend de nouveau que l’idéal serait de détecter les futurs « déviants » dès la prime enfance. D’où sans doute la proposition actuelle : les détecter dès... 3 ans sur la base d’une échelle de comportement (en attendant le criblage génétique ?). Idiot mais grave car, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, les « hors-normes » se verraient probablement soumis à des traitements dangereux pour leur intégrité physique et psychique. Au-delà, c’est la conception même de la société, de la démocratie et de la politique qui est affectée.

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