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« Si la Grèce échouait, nous aurions tous à y perdre »

Entretien avec Elisabeth Gauthier réalisé par 
Lina Sankari pour LHumanité

mercredi 17 juin 2015

Parution : L Humanité / Mardi 16 Juin 2015

« Si la Grèce échouait, nous aurions tous à y perdre »

Entretien avec Elisabeth Gauthier réalisé par 
Lina Sankari 


Mobilisation. La Semaine de ­solidarité avec les Grecs se tiendra du 20 au 27 juin prochains.

Quel est le sens de la Semaine de solidarité avec les Grecs ?

Élisabeth Gauthier : Il s’agit d’un appel émanant du mouvement social grec au sens large (1). Le mois de juin constitue un moment décisif, la dernière ligne droite des négociations entre le gouvernement grec et l’Union européenne. C’est une question politique qui concerne l’ensemble des Européens. Car, si l’on ­impose au peuple grec d’augmenter la TVA, de démanteler le droit du ­travail ou de réduire les retraites et le salaire ­minimum, les partisans de l’austérité en sortiraient renforcés et la situation s’aggravera dans d’autres pays. Pour la première fois, un gouvernement tente d’imposer d’autres ­logiques avec un mandat clair émanant du peuple. Si Syriza échouait, nous aurions tous à y perdre. En clair, l’avenir de la Grèce se joue en ce moment, comme celui de ­l’Europe et des mouvements sociaux. La manifestation du 20 juin sera aussi une journée de mobilisation pour les migrants. L’Europe que nous construisons ne peut ni être celle de l’austérité ni une Europe forteresse.

Quelles propositions formulez-vous pour cette mobilisation ?

É.G. : La Banque centrale européenne émet 1 200 milliards d’euros. Cet argent est injecté dans les banques et nourrit la finance et la spéculation. La Banque centrale européenne gonfle de ­nouveau la bulle et fait courir le risque d’une nouvelle crise. Cet argent doit au contraire servir à de nouveaux projets d’investissements, au ­développement des ­infrastructures, à une transition écologique créatrice d’emplois. Or, le plan Juncker repose sur le soutien aux entreprises sans élaboration démocratique autour de ces projets.

Jean-Claude Juncker a expliqué vouloir cesser les négociations avec la Grèce. Comment interpréter cela ?

E ;G. : Il s’inscrit dans une ­logique de pressions, mais je n’ai pas le sentiment que l’UE veuille faire échouer les négociations car il subsiste une grande inquiétude sur les risques que feraient courir un défaut de la Grèce et son expulsion de la zone euro.

Élisabeth Gauthier
Animatrice 
du réseau Transform Europe

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