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Mondialisation Capitaliste, révolution passive et sujets sexués du combat (italiano + français)

lundi 15 mai 2006, par Collectif italien

NB : le texte original en italien est également disponible dans cette rubrique : ici . Une traduction considérablement améliorée (et complétée) de ce texte a été produite par le réseau féministe Resisting Women et mise en ligne ici sur leur site.

Ce premier apport schématique au débat dérive d’un séminaire organisé par Transform !Italia, qui se propose d’approfondir une série de thèmes concernant le socialisme ou le communisme du XXI siècle.

Voici quelques premiers éléments d’analyse pour le rendez-vous des 19-20 Mai 2006 à Paris. Par :

Auteurs : Giorgio Baratta (Président de la International Gramsci Society-Italie), Imma Barbarossa (du Secrétariat national du parti « Rifondazione Comunista »), Marco Berlinguer (coordinateur résponsable de TransformItalia), Roberto Ciccarelli (chercheur), Marcos Del Roi (spécialiste brésilien), Domenico Jervolino (Directeur de « Alternatives »), Giuseppe Prestipino (Président honoraire du Centre pour la Philosophie Italienne), Angelo Tria (de la coordination de TransformItalia), Mario Tronti (Président du Centre d’Études pour la Réforme de l’État), Pasquale Voza (Président du Centre interuniversitaire pour les d’Études de Gramsci).

On a noté une anomalie politique de l’Italie pour ce qui concerne la théorie et la pratique.

Gramsci, comparé à Lenine, adapte Marx au contexte historique du XXe siècle, surtout ses idées de révolution passive, d’ hégémonie et du parti consideré comme le « Prince moderne ». De là, l’originalité du communisme italien, sous la forme du Parti Communiste Italien, organisation de masse et pas de dirigeants ; de là, l’originalité dans l’idée d’autonomie du syndicat, dans le réseau de relations sociales (pour nous entendre : « les classes moyennes et Emilia rouge »). De là, la manière démocratique toute italienne de conduire au socialisme. On doit même souligner les occasions ratées et les limites de cette experience-là. Les années soixante ont été un passage décisif avec leur propre spécificité, même en Italie. Soixante-huit a été, en réalité Soixante-huit/Soixante-neuf pour la période des luttes ouvrières qui s’est développée dans la révolte non autoritaire de génération. Le féminisme a été théorisé et vécu comme une libération et pas comme une émancipation ; la théorie et la pratique de la différence comme révolution culturelle.

Où trouve-t-on aujourd’hui l’idée de l’agir à la hauteur des nouvelles questions théoriques ? La gauche réformiste n’accepte pas ce type de questions, la gauche antagoniste n’a pas encore le courage de les mettre en pratique, les mouvements parlent une autre langue. La terrible puissance de la mondialisation capitaliste n’a pas encore les forces capables de mettre réellement en danger sa domination absolue, sauf ses contradictions intestines, qui sont encore toutes exclusivement objectives, pas élevées au niveau subjective. Les experiences de mouvement évoquent le conflit (c’est pour ça qu’elles sont précieuses) mais ne l’organisent pas. Il faut travailler sur ce possible nouveau passage de la contradiction à l’organisation. Il est donc important de lier le thème du communisme du XXI siècle à la recherche de nouvelles formes d’organisations de la politique. Politique et Antipolitique se repartagent le domaine entre capitalisme et communisme. Non comme l’État et le Marché, mais plutôt comme le Public et le Particulier ; comme la Conscience de la sphère publique et la pratique du particulier. La multitude des individus ne forme pas le peuple, mot trop ancien pour pouvoir encore l’utiliser ; on doit lui substituer une collectivité qui agisse : c’est-à-dire le même but avec les mêmes moyens. Mais qui devrait conduire ce procès alternatif ? Qui doit le penser dans l’action ?

Il est bon de considérer, avec Balibar, que « l’absence d’un peuple européen » pourrait aller au bénéfice de l’Union Européenne, c’est-à-dire encourager une nouvelle forme de citoyenneté qui ne se fonde pas sur la réclusion des « autres » par rapport aux « inclus » (comme on se passe dans les « normales » constitutions),mais plutôt une citoyenneté qui se caractérise au fur et à mesure par une extension. Mais il ne faut pas oublier surtout la nature de la mondialisation capitaliste actuelle, en tant que « communisme » renversé : « internationalisme » du profit et de la compétitivité individualiste ; au lieu du communisme qui d’après le Marx de l’Ideologie Allemande, ou il est mondiale ou non. D’ailleurs, les mêmes récessions micro-nationalistes et populistes nous disent que, dans la mésure où l’Etat peut assumer sa fonction historique ou on parle d’Etat- Nation, ou il ne s’agit pas d’Etat.Dans l’actuelle crise mondiale de la cohabitation des peuples et des cultures, Said nous conseille de représenter « des histoires qui se rencontrent, des territoires qui se superposent ».

La dimension européenne peut trouver des interlocuteurs un peu plus consciencieux en Amérique Latine, où aujourd’hui il y a des expériences politique-sociales qui pourraient aller dans la direction du socialisme, de façon objective, même sous une forme plus ou moins avancée (comme on se passe en Vénézuéle, au Brésil, en Argentine, etc.). Et encore, on ne peut pas oublier que dans ces pays, il y a des intellectuels engagés dans la lecture et l’interprétation, ou bien engagés dans la « traduction » de Gramsci.

Dans le cadre actuel, il faut analyser la réalité des mouvements contre la mondialisation capitaliste,
il faut analyser les procès de redéfinition du rapport entre le « national-international » et le changement de quelques rôles et de quelques fonctions importantes des Etats nationaux qui comment a été observé, s’adaptent ou sont adaptés à la primauté des Multinationales et du marché qui sont devenues les plus importants régulateurs de la vie sociale plus en général. Mais il faut aussi analyser la division de plus en plus grave et de structure, entre le social et le politique, une division qui représent la forme réelle d’un nouveau américanisme, qui peut en même temps produire un conformisme de masse remarquable et fixer à un antagonisme simplement de défense et/ou de rébellion.

Il faudrait dédier plus d’attention de façon critique- cognitive à ce qu’on appelle le capitalisme cognitif et plus en général, à la nouvelle spécificité-compléxité qui à été obtenue aujourd’hui par le rapport science-capital ; donc il faut donner plus d’attention aux procès d’abstraction, d’immatérialité, d’artificialité qu’on trouve dans le domaine de la production,mais aussi dans le domaine de la consommation.

Même en vertu de ces procès, la division entre le social et le politique devient de plus en plus grave et de structure . S’addresser de façon nouvelle aux catégories de Gramsci de : « révolution passive » et de « hégémonie » peut sembler l’un des rôles théorique- critiques que nous pouvons avoir.

C’est encore sous la proposition de Gramsci qu’on pense à un type de dialectique non plus visiblement ou secrètement conservatrice. Gramsci formule au moins deux types de dialectique, dont chacune ne peut pas conduire seulement à une synthèse (de fait conservatrice), mais à deux types de synthèse(à leur tour antithètique dans la « dialectique des contraires », complémentaires dans ladit « dialectique des divers »). La lutte des classes, par exemple peut être justement comprise grâce à la dialectique des contraires ; tandis que le rapport entre l’ homme et la nature, qui est « dénaturé » surtout par le capitalisme avancé,dans un rapport destructif et auto-destructif d’hégémonie,devrait au contraire, donner lieu à deux différentes synthèses comme : « l’humanisation de la nature et la naturalisation des hommes »dont on parle Marx dans ses premières oeuvres.

Est-ce que le communisme de la fin du XXI ème siècle réalisera la formule de Marx, en prêtant le statut des biens communs à l’échelle mondiale (organisés et assurés sous forme d’une autonomie de gouvernement civil), d’un côté à l’intérêt de la récherche scientifique ou culturelle en général, de l’autre à l’intérêt des ressources naturelles les plus indispensables ? Pouvons-nous essayer d’argumenter une telle chose pour notre réalité sexuée, et surtout pour la critique (avec sa déformation la plus ancienne), qui s’est renouvelé en terme de capitalisme,de la division sexuée ?

Le féminisme n’est pas un allié du communisme ou du marxisme, parce qu’il examine et étudie une forme sociale historique, matérielle et symbolique, c’est-à-dire le patriarcat. Le féminisme se développe comme une critique et une déconstruction du patriarcat, une lutte contre le patriarcat, une découverte de sa non « naturalité »,de son historicité (quand on parle d’un féminisme qui n’est pas essentialisme ou métaphysique ou mysticisme ou « pouvoir parallèle » ; il y aurait beaucoup de choses à dire sur la différence sexuelle comme « différentialisme », comme un privilège des femmes et même comme un moyen pour la métaphysique ;on a assigné un « éloge de la diversité féminine » même à Ratzinger). Le féminisme essaie de découvrir le patriarcat, il le fait sortir, il le rend évident même à l’histoire du mouvement ouvrier et du prolétariat, parce que le féminisme est la théorie et la praxis du mouvement des femmes. Le patriarcat est plus ancien que le capitalisme ; il est à l’origine de l’histoire de l’humanité ; le patriarcat se fonde sur la diversité/concordance de deux genres dans un sujet : unique,neutre,abstrait,masculin. Le patriarcat se fond sur l’accord du genre féminin(qui a le fondement dans le neutre) et sur son exclusion.

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