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Quelles alternatives politiques, économiques et sociales face aux politiques néo-libérales ?

mercredi 17 mai 2006, par Daniel Bachet, Elisabeth Gauthier

Texte pour atelier A : Quels regards contemporains sur ce capitalisme que l’on veut « dépasser » ?

Aujourd’hui, les transformations du capitalisme ont imposé de plus en plus ses normes de rentabilité financière immédiate aux salariés, aux entreprises, aux sociétés. Cette mondialisation, la soumission du monde, de toutes les activités humaines aux logiques capitalistes et néolibérales, n’est pas le fruit du hasard ni d’un quelconque destin ; elle a été développée et donc en grande partie voulue par des forces politiques. La lutte contre l’inflation, l’austérité budgétaire, la restriction des dépenses publiques, la mise en place d’une monnaie unique et l’indépendance des banques centrales sont les principaux résultats de politiques mises en œuvre par un certain nombre de gouvernements de droite et de gauche au cours des années 1980. L’option de « discipline salariale » de baisse du « coût du travail » est venue ensuite conforter les opérateurs financiers dans l’idée que la profitabilité sera maintenue et que l’inflation sera bien sous contrôle.

A l’échelle de la planète, l’extension du capital n’a pas produit depuis deux décennies une augmentation durable et significative de l’accumulation au sens de création de valeur et de richesses pour l’ensemble des populations. Tout au contraire, la domination du capital financier exprime avec force les traits « prédateurs » de ce nouveau capitalisme. Les richesses créées ne relèvent pas d’un optimum économique et social global mais bien d’un optimum financier. Ce dernier a été favorisé par les politiques de libéralisation, de déréglementation et de privatisation ainsi que par les pratiques de libre-échange imposées par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Ainsi, dans lutte entre le capital et le travail, le capital a momentanément gagné. Les propriétaires-actionnaires qui sont devenus les acteurs dominants sur la scène économique mondiale sont animés par un désir d’enrichissement qui les conduit par exemple à considérer l’entreprise non pas comme un « outil de production » mais comme un « outil de rendement ». Quant aux PDG et aux mangers des grandes sociétés, ceux-ci deviennent les serviteurs zélés des actionnaires sur lesquels leurs intérêts sont alignés. A cet égard, les nouvelles règles comptables d’origine anglo-saxonne conduisent à ne juger les comptes des sociétés que sur le court terme alors qu’il existe un temps long de l’exploitation propre à l’activité entrepreneuriale. Ces transformations, l’offensive néolibérale, la mondialisation capitaliste ont affaibli le monde du travail, les syndicats, la gauche, en difficulté d’affronter ces nouvelles réalités. Certains théoriciens libéraux les plus lucides se voient maintenant amenés à crier garde en développant une „critique du capitalisme total“ (Rifkin, Stieglitz, Reich, Artus...).

L’enjeu pour le monde du travail et pour tous ceux qui souhaitent construire un projet d’intérêt général non réductible aux intérêts de l’une des parties est de proposer des pistes afin de desserrer les contraintes de l’ordre économique et politique néo-libéral dominant. Cela passe par une réflexion sur les potentialités et approches susceptibles d’ouvrir des alternatives en matière de concurrence, de politique économique et sociale et de gestion des entreprises. Par une réflexion sur la nature de l’offensive politique à développer en faveur de transformations économiques et politiques.

Nous tenterons de traiter les questions de l’ordre économique mondial, de la politique économique et des institutions mais aussi de la nature de l’entreprise dans le cadre des thèmes suivants :

-  Les alternatives aux politiques de concurrence et de libre-échange au plan mondial.
-  Nouvelles politiques économiques et sociales et reconstruction d’une souveraineté démocratique dans le contexte de la transformation des territoires.
-  Entreprise, droits de propriétés et efficacité économique.
-  Démocratie économique : une approche stratégique ?
-  Les possibilités de viser une contre-hégémonie, face au néolibéralisme


Daniel Bachet, Elisabeth Gauthier.

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