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Tout est à eux rien n’est à nous

vendredi 19 mai 2006, par Pierre Nicolas

L’appropriation collective à Renault.

Extrait de Tract de la CGT Renault pour les élections des représentants salariés au Conseil d’administration en 2002.

La direction de l’entreprise nous a appelé à prendre toute notre place dans l’entreprise en achetant des actions.

Toute notre place, est-ce 3% ?

Les salariés doivent avoir dans l’entreprise le poids qui leur revient par leur contribution à la production.

Sur le plan économique, la part du capital dans la production se mesure par le capital utilisé, c’est à dire la dotation aux amortissements (1777 M€ en 2001, soit 25% du total).

La part du travail dans la production se mesure par le travail utilisé, c’est à dire la masse salariale (5013 M€ en 2001, soit 75% du total).

Les capitaux propres de Renault sont passés de 6695 M€ à 10051 M€ en 7 ans, par autofinancement (c’est à dire par incorporation du résultat net), sans apport de capitaux extérieurs. Cette augmentation est le résultat de la combinaison du capital et du travail, et non du seul capital.

A hauteur de 75%, cette augmentation est le résultat de notre travail.

[...]

Les trois quarts de cette augmentation de patrimoine sont le fruit de notre travail, et le capital s’en est attribué la totalité.

Les gestionnaires de capitaux règnent aujourd’hui sur le monde. Pour qu’un autre monde soit possible, il faut d’abord l’imaginer dans nos têtes.

La CGT met en débat la proposition suivante :

- L’attribution chaque année aux salariés de titres de propriété non rémunérés .

Ces titres correspondraient à la part de l’accroissement des capitaux propres de l’année générée par leur travail.

- L’attribution des droits de votes correspondants en Conseil d’Administration.

En conséquence, la proportion de droits de votes détenus par les salariés en Conseil d’Administration augmenterait progressivement. Dans l’hypothèse d’un taux de croissance des capitaux propres identique à celui à celui des 5 dernières années, les salariés auraient la minorité de blocage (33%) en 2007.

A la différence des actions, ces titres seraient incessibles, attribués de manière indivisible au collectif des salariés constitué en une personne morale (2), et non rémunérés.

En effet, une entreprise n’est pas un placement financier pour les salariés. C’est d’abord leur outil de travail, et leur principale source de revenu par le salaire. Une meilleure répartition des pouvoirs permettrait d’ailleurs une meilleure répartition de la valeur ajoutée au profit des salaires.

Tout cela peut paraître utopique. La République, l’école publique gratuite, la sécurité sociale l’étaient aussi en leur temps.

En demandant la propriété du patrimoine issu de notre travail et les droits associés, nous de demandons que la justice. Tôt ou tard, nous l’obtiendrons.


Fraternellement,

Pierre Nicolas, représentant syndical CGT au Comité Central d’Entreprise RENAULT

titre documents joints

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