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Alternatives politiques et sociales face au néolibéralisme

mardi 20 juin 2006, par Chantal Delmas

Intervention en atelier E "Quels acteurs de la transformation sociale ?" lors des journées d’études des 19&20 mai 2006.

Je ne suis pas aussi pessimiste que certains intervenants de l’atelier.

Il me semble que l’alternative globale est en construction, car il est difficile dans ce qui se passe depuis plusieurs années de dissocier ce qui est de l’ordre de la contestation et de la revendication et ce qui est du domaine de la construction de l’alternative.

Je pense notamment à la campagne du referendum en France et à la bataille contre le CPE (contrat de première embauche) : ces deux exemples allient contestation de l’ordre établi et propositions d’une autre alternative.

Pour le referendum, ce fut un non à l’Europe de la concurrence libre et non faussée et aussi un désir de construire ensemble une Europe sociale, solidaire, avec des services publics capables de répondre à ces besoins...

Pour le CPE, ce fut un refus de ce contrat précaire et dans le même temps la volonté de déboucher sur une société où tout le monde aurait droit à un parcours sécurisé de l’emploi tout au long de la vie.

Ce qui est intéressant dans ces deux mouvements, ce n’est pas seulement le contenu de ces batailles, mais le processus qui a permis que le plus de gens possibles en France s’approprie ces contenus.

Les peuples ne s’y trompent pas, car enfin ce qui a échoué dans le communisme, ce n’est pas l’idée du communisme, mais plutôt le processus par lequel on devait arriver à réaliser cette belle idée.

Voilà à mon avis pourquoi les mouvements sociaux, altermondialistes, féministes et les politiques antilibéraux sont clairvoyants lorsqu’ils mettent en avant l’enjeu du processus qui peut permettre d’aller vers une alternative crédible.

Cela ne peut supporter de raccourcis, et surtout pas par rapport au processus démocratique d’appropriation des contenus. Les deux dernières victoires françaises que j’ai citées plus haut ont été comme des déferlantes face auxquelles le libéralisme, malgré sa campagne médiatique puissante, n’a pu rester maître du jeu. Ceci grâce au débat de qualité qui s’est tenu, et à la capacité et la volonté de créer des consensus capables de créer des majorités conscientes d’elles-mêmes et capable d’aller jusqu’au bout pour vaincre.

Je crois que les responsabilités de création de l’alternative sont partagées. Certes des freins existent encore mais le rapport mouvement social/syndicat/parti a beaucoup évolué ces derniers temps.

Nous avons été capables en France, syndicalistes, altermondialistes, féministes politiques ou simple citoyen dans les collectifs du non qui se sont ensuite transformés en collectif du 29 mai, de faire gagner le non, d’élaborer ensemble une Charte antilibérale.

Aujourd’hui, il est question d’une candidature commune antilibérale, si les mouvements sociaux et syndicaux engagés dans les collectifs du 29 mai disent ne pas pouvoir faire parti en tant que tels, ils expriment cependant leur volonté de mettre la Charte à la disposition d’une alternative antilibérale et vont même jusqu’à dire qu’ils ne peuvent aller plus loin pour le moment.

Je pense que nous ne pouvons pas sous-estimer ces évolutions : elles sont le fruit direct d’un travail commun dans les luttes et pour l’alternative.

Chantal Delmas

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