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Atelier I "Le féminisme comme vecteur de l’émancipation humaine". Compte-rendu.

mardi 1er août 2006, par Elisabeth Ackerman

Les participantes et participants de cet atelier avaient à réfléchir sur l’idée « peut-on parler de communisme sans poser la question de l’égalité hommes/femmes ? »

L’inégalité de sexe est l’un des fondements universels de l’inégalité sociale et un obstacle majeur au développement des sociétés !

Après avoir invité l’assemblée à construire du commun, un premier point a fait l’unanimité : le féminisme ne peut être que considéré comme vecteur, il est un élément constitutif de l’émancipation humaine, il est porteurs des fondements du communisme.

Peut-on parler de féminisme sans poser la question première d’égalité entre les hommes et les femmes ? Le féminisme en luttant pour l’émancipation ne remet-il pas en cause le fonctionnement des sociétés ? Le mouvement féministe est-il une force et une dynamique ? Comment expliquer que les choses avancent si peu ? Comment changer le fait que dans les partis politiques et notamment ceux de gauche, la question du rapport de domination hommes/femmes n’ait toujours pas un statut politique majeur ?!

Le mouvement féministe radical des années 70 marque un tournant dans l’analyse de la domination patriarcale, il réinterroge l’ensemble des questions politiques, et pourtant le constat montre que cela n’a jamais été discuté dans les partis politiques. Aujourd’hui encore, il y a trop peu d’investigation des partis sur l’articulation entre lutte de classe et oppression de sexe. La lutte contre la domination patriarcale est-elle suffisamment transversale à toutes les autres questions ?... Ne reste-elle pas essentiellement l’affaire des femmes ?

L’atelier a souligné aussi le refus d’accepter la réalité d’une société inégalitaire et plus largement d’une société sans utopie, refus d’accepter le possible et le permis.

Refus aussi de supporter depuis des millénaires les inégalités que subissent les femmes et qui ont pour principaux fondements l’Etat, l’école, le pouvoir, les organisations sociales. Plusieurs participantes et participants feront état des inégalités dans la sphère professionnelle, la sphère sociale et familiale mais aussi dans la sphère institutionnelle et publique. Le capitalisme s’est entrelacé avec le patriarcat et, en ce sens, les femmes vivent une double domination.

Pour un intervenant, les mouvements féministes, le féminisme, ne se sont jamais pris pour l’universalité de l’humanité, tandis que le communisme, au contraire, conçu par des mâles blancs, s’est souvent pensé en termes de soi universel... alors qu’il est important aujourd’hui pour les communistes de se percevoir comme UN des éléments de l’histoire humaine. Et là le féminisme a un rôle absolument déterminant à jouer dans l’équilibre de ces mouvements d’émancipation : pour contribuer à déjouer et mettre en échec toutes les tentatives de domination. Il y a urgence aujourd’hui pour le communisme ou les communismes, comme le soulèvera cet intervenant, à réintroduire la notion d’émancipation humaine.

Pour une intervenante, le mouvement féministe est un mouvement politique en soi et il faut aujourd’hui trouver des articulations de travail et de mise en commun... Besoin d’initiatives fortes à l’échelle européenne pour échanger et confronter les expériences. Besoin de lutte autonomes des femmes pour porter toutes ces questions parce que ce ne sont pas les hommes qui les portent... et toutes ces questions sont au cœur des enjeux pour l’émancipation de toute la société.

Conclusions

L’assemblée de cet atelier comportait un tiers de participants masculins, ce qui représente déjà une évolution ; une nouveauté. Les participants et participantes ont souligné le besoin de rompre avec la situation présente et cette éternelle attente que les choses avancent plus vite dans nos sociétés. Dans cet atelier, il y a eu d’une certaine façon une volonté de rupture pour ne pas en rester à l’ordre du constat.

L’unanimité se fera sur l’idée que le féminisme n’est pas aujourd’hui un vecteur du communisme. Il faut resituer le féminisme comme constitutif voire fondateur du communisme, comme élément fondamental de toute transformation sociale. Ce point a été développé par plusieurs intervenants. Le féminisme n’est pas un "supplément d’âme". Se faire entendre de nos partis, aborder plus généralement le rapport du féminisme au politique sont des objectifs urgents. Ic, des éclairages ont permis de mieux comprendre pourquoi les choses avancent si peu. Des tentatives de réponse ont été faites aussi sur ’comment construire un rapport de force efficace’.

Proposition de travail concret à l’échelle de l’Europe avec la perspective d’un colloque européen sur le thème féminisme et politique auquel nous souhaitons associer nos partis politiques, - cela contribuerait à faire entendre les propositions formulées ici.

Elisabeth Ackerman

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