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Descriptif du livre "Le vivant entre science et marché"

dimanche 1er octobre 2006

Le vivant entre science et marché. Une démocratie à inventer.

La science et la recherche n’ont jamais été indépendantes de la société, mais leurs connexions sont actuellement particulièrement fortes, et la biologie notamment est devenue en quelques années un enjeu social, économique et politique majeur. Le premier chapitre présente et examine cette question à travers quelques exemples d’actualité. Quels sont les mécanismes mis en oeuvre pour soumettre la recherche publique à un pilotage de plus en plus contraignant, pour la mettre à la disposition de la rentabilité capitaliste et du seul profit des multinationales, au détriment à la fois des recherches visant l’accroissement des connaissances, et des recherches nécessaires à une société plus solidaire et plus soucieuse de la planète ? C’est ce que théorise l’expression « économie et société de la connaissance » énoncée par l’Union européenne dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Le deuxième chapitre analyse les outils de gestion de la science que les institutions, européennes et françaises, mettent en place pour parvenir à cet objectif. Ainsi les politiques de la recherche, loin d’être issues des exigences et des possibilités de la science, sont-elles dictées par les impératifs libéraux. C’est ce que montre l’analyse des programmes en sciences de la vie et santé. Les conséquences qu’entraînent ces politiques de la recherche en biologie, tant du point de vue de la conception de la science que de la nature de la société y sont envisagées.

Mais comment les politiques de la recherche peuvent-elles articuler leurs objectifs économiques libéraux avec les impératifs de la science ? S’agissant de leurs conséquences, le rôle particulier d’accompagnement joué par les « experts » auxquels s’est ajouté le qualificatif de « en technosciences » est analysé dans le quatrième chapitre tandis que les cinquième et sixième chapitres s’intéressent aux aspects épistémologique et philosophique, de la recherche en biologie, et tentent de mettre en évidence l’articulation entre l’avancée des connaissances et les pressions économiques et idéologiques. Ainsi, politiques de la science et de la société sont-elles intimement liées, et les changements de l’une et l’autre ne sont pas indépendants. C’est pourquoi, nous sommes convaincus que seul un débat démocratique, se développant à tous les niveaux de la société permettra d’échapper à l’étau de la mondialisation libérale sur la science. Le septième chapitre explore, pour conclure, comment un tel débat démocratique impliquant des travailleurs scientifiques et des citoyens, tous conscients et concernés par l’importance des enjeux scientifiques et technologiques, pourrait être un moyen de construire des politiques de recherche véritablement alternatives.

Quelques-uns des thèmes abordés dans cet ouvrage :

1) La biologie et la société : La marchandisation de la biologie ; Politique scientifique, politique de la recherche, le lieu de l’articulation entre science et société.

2) Les politiques scientifiques en France et en Europe : La marchandisation de la recherche en France et en Europe : vers l’économie et la société de la connaissance ; La politique de recherche en France ; Les politiques françaises de la recherche en biologie.

3) L’expert en technosciences : figure « critique » ou « gestionnaire » de la civilisation industrielle contemporaine ?

4) Quelques contours actuels de la civilisation industrielle technoscientifique.

5) Théories et débats actuels en biologie.

6) Une démocratie à inventer : Qui doit prendre part à la définition des politiques scientifiques ? Le dialogue démocratique, réalités et perspectives.

Si les auteurs partagent un certain nombre d’idées-forces, ils n’en sont pas moins soucieux de faire vivre la diversité qui les réunit, qu’il s’agisse d’une diversité professionnelle, ou d’une diversité de points de vue, de sensibilité. C’est pour donner à lire cette diversité d’approches, dans l’unité d’un dessein commun, que l’ouvrage se situe entre un ouvrage collectif et une série d’articles individuels. Ainsi, chaque chapitre est signé pas ses auteurs, mais a fait l’objet de discussions d’un collectif dont tous les membres n’ont pas forcément participé à l’écriture. Mais surtout, à la fin de plusieurs chapitres, une discussion permet d’explorer plus avant cette diversité.

Contributions de :

Georgia Barlowatz (biologiste cellulaire), Philippe Brunet (sociologue), Janine Guespin-Michel (micro-biologiste), Annick Jacq (microbiologiste), Arnaud Spire (philosophe), John Stewart (généticien et spécialiste des sciences cognitives), Daniel Thomas (biotechnologiste), Jean-Pierre Vannier (pédiatre et
chercheur en hématologie).

Avec la participation d’Anne-Marie Alayse (biochimiste en écologie marine) et Philippe Gascuel (informaticien) et l’utilisation des contributions au groupe de travail d’Espaces Marx, de Jean Pierre-Kahane (mathématicien) et André Jaeglé (ingénieur).

Coordonné par : Jeanne Guespin-Michel et Annick Jacq.

Syllepse/Espaces Marx, à paraître en septembre 2006, 240 p., 18€

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