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Introduction à l’atelier "Démocratie participative et Transformation sociale"

mardi 3 octobre 2006, par Patrick Coulon

Introduction d’octobre 2005 à la réunion de lancement du séminaire :
"Démocratie participative et Transformation sociale"

Le but de cette réunion : réfléchir ensemble à ce que pourrait être un séminaire dont l’objet d’étude sera la démocratie participative interrogée du point de vue de la transformation sociale.

L’idée de ce séminaire nous est venue parce qu’il nous parait opportun de faire un peu de clarté sur ce concept.

Si le terme a tendance à s’imposer de façon croissante dans le langage politique, sociologique, idéologique, il semble bien que tout ceux qui l’emploient n’y mettent pas le même contenu, les mêmes objectifs, les mêmes visées.

Démocratie participative... A part peut-être l’extrême droite, tout le monde y fait référence : du mouvement altermondialiste, à des maires « populo-conservateur » (tel Serge Dassault) en passant par des présidents PS de régions. Au Parti communiste, on constate à son sujet des débats, quelquefois des réticences, même si certaines collectivités locales sous l’impulsion d’ élu-es communistes innovent dans ce domaine.

D’autre part, l’expérience vécue lors de la campagne référendaire a montré l’investissement inédit de citoyens.
Des formes nouvelles d’appropriation de la politique ont été au cœur du rassemblement et ont modifié la donne.

On pourrait également interroger la Démocratie Participative à partir des engagements d’Espaces Marx tel que contenus dans notre Charte.

L’association entend être partie prenante de cet effort de connaissance et d’élaboration théorique, du triple point de vue suivant :

- elle se fixe pour objectif de contribuer par ses travaux au mouvement social de transformation dans la visée d’une société de libération humaine.

- elle se propose de lier activité de pensée et pratiques sociales, et donc de rapprocher, dans des lieux de réflexion commune, "chercheurs" et "praticiens". Elle s’adresse par conséquent sans exclusive ni parti pris à toutes celles et tous ceux qui souhaitent avancer dans la compréhension du monde dans lequel ils vivent, comme des conditions, de la nature et des implications de leur propre activité : chercheurs - professionnels ou non- dans les sciences de la société, de la vie et de la nature ; acteurs de la vie économique, sociale et culturelle ; militants de la vie politique, syndicale et associative ; créateurs de formes et représentations nouvelles.

- elle fonde sa démarche sur la liberté de pensée, des hypothèses et des travaux, l’exigence méthodologique, la confrontation, conditions indispensables d’une démarche intellectuelle rigoureuse.

Un travail de confrontation autour des expériences, des acquis, des limites de la démocratie participative nous entraînera peut-être aussi de manière féconde, vers des terrains à interroger ou réinterroger.

J’en cite quelques uns :

- Le terrain de la crise de la politique
- Le terrain de l’évolution de la pratique démocratique (on parle ainsi de démocratie représentative, de démocratie participative, de démocratie directe, de démocratie d’intervention, de démocratie d’initiative).
- La question des lieux ou la démocratie participative se pratique, ou ne se pratique pas, ou devrait se pratiquer... donc des lieux de pouvoirs conçus comme des leviers institutionnels ou non de la transformation sociale, de l’émancipation humaine.
- La question du rôle des élus.
- La question du pouvoir effectif des citoyens.

Certainement vous en citerez d’autres...

Sur ces terrains déjà des questionnement surgissent. Je vous livre les miens :

- La Démocratie Participative est-elle réellement un outil de transformation sociale ou un outil de bonne gouvernance ?

- Quels sont les risques d’enfermement dans le local, les risques de développement du populisme, un moyen d’entériner l’idéologie dominante.

- Comment faire pour que ces espaces soient réellement mis à la disposition des plus démunis, des jeunes, ne reproduisent pas les discriminations de genre.

- La Démocratie Participative, si elle est réellement un espace, un outil décisionnel, faut-il légiférer à son sujet.
Autonomie, ou complémentarité du processus avec l’instance institutionnelle.

- Quel rôle pour les partis politiques dans un cadre où les citoyens décident.

Patrick Coulon, octobre 2005

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