Accueil > Thématiques > Sciences > "atelier L" "nouveaux concepts nouveaux outils pour la transformation (...) > Journée du 3 février 2007 : Réseaux, théories, critiques et pratiques

Réseau de questions sur une question de réseaux

jeudi 23 novembre 2006, par Janine Guespin

En guise d’introduction...

Dans le texte ci-dessous, je suis partie du livre de Hughes Bersini Des réseaux et des sciences (Vuibert 2005) dont j’ai tiré un certain nombre de notions (que je vous livre sous contrôle de tous ceux d’entre vous qui s’y connaissent mieux que moi dans ces domaines.) J’espère que certains d’entre vous ont aussi pu se procurer et lire ce livre qui me parait en prise directe sur nos préoccupations, même si les exemples proposés ne sont pas dans nos domaines.

Pour chaque notion dégagée, j’ai tenté de poser des questions concernant nos préoccupations de transformation sociale... Pas toutes celles qu’on pourrait poser bien sûr, mais un certain nombre de celles qui me paraissent les plus ‘brûlantes’. Comme vous verrez, plusieurs de ces questions recoupent, mais d’une autre façon, celles d’Yvette Lucas. On est donc peut être en bon chemin pour construire un réseau de questions pour lesquelles on peut espérer formuler sinon des réponses, au moins des pistes nouvelles. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas cherché à effectuer une mise en correspondance directe entre les questions d’Yvette et celles que j’ai choisies en lisant le livre. Il me parait important de ne rien fermer pour le moment, mais de laisser au contraire ce réseau se constituer. De ce point de vue, les propositions de Yves Peuziat me paraissent aussi aller dans le même sens, et j’espère que vous serez nombreux à contribuer à croiser et connecter nos expériences, qu’elles soient d’ordre théorique ou pratique...

Différentes manières de classer les réseaux.

I. Classement par la fonctionnalité

Réseaux afonctionnels : ils n’ont pas à proprement parler d’existence mais résultent de la volonté de quelqu’un à effectuer un classement ; on peut par exemple relier les personnes présentes dans une salle selon la couleur de leurs cheveux. (L’auteur présente le Nombre d’Erdös, l’indice de Kevin, qui sont des manières abstraites de classer le gens par leur plus ou moins grande ‘proximité’ avec une personne donnée....)

Réseaux fonctionnels : ils existent, soit matériellement (métro parisien...), soit parce que les participants les reconnaissent comme tels (club, parti, voire groupe d’amis).

Réseaux fonctionnels individuels : la fonction du réseau est d’être utile à chaque membre du réseau (club).

Fonctionnels globaux : cette fois-ci, la fonction du réseau dépasse les intérêts de ses membres. Fourmilière, cite l’auteur, nous pouvons citer aussi le parti, le collectif.

Fonctionnel global hiérarchique : la fonction globale du réseau dépend du chef (secte, orchestre).

Fonctionnel global émergent : la fonction globale du réseau ne dépend pas d’un membre particulier. (Fourmilière, forums sociaux). Il y a souvent dans ce cas, émergence de propriétés non prévues.

Question 1 : quel est l’intérêt de classer un réseau selon ces critères ? S’assurer qu’un réseau est fonctionnel réellement et pas seulement sur le papier ? Vérifier ce qui, dans un réseau est réellement fonctionnel.

Savoir si on a à faire à un réseau global émergent, ce qui peut susciter l’étude de ce réseau pour découvrir les propriétés émergentes éventuelles.

Y a-t-il des réseaux fonctionnels intermédiaires entre global émergent et global hiérarchique ? Soit que le fonctionnement échappe aux dirigeants, soit que la multiplicité des dirigeants entraîne l’émergence de propriétés imprévues ? Cela pose aussi la question de la possible transition, voulue ou non, entre les deux types d’organisation en réseau.

Question 2 : que peut on connaître des réseaux globaux émergents ? Pour cela il faut étudier ces réseaux en utilisant les autres critères (voir ci-dessous).

II. Classification par la structure

On peut tracer un graphe (n nœuds et m connections) représentant la structure statique d’un réseau et en étudier les propriétés topologiques.

Deux pôles : les réseaux aléatoires (les connections se font de façon aléatoire entre les nœuds (ou encore la distribution du nombre de connections par nœud est une gaussienne) et les réseaux complètement connectés (tout nœud est directement connecté à tous les autres). On peut aussi distinguer les réseaux connectés (tous les noeuds peuvent se joindre moyennant de passer par un plus ou moins grand nombre d’autres nœuds) et les graphes composés de sous graphes non connectés entre eux. Propriétés essentiellement étudiées : connectivité (le chemin le plus court en moyenne entre deux nœuds pris au hasard), et robustesse (la résistance du réseau à la suppression de nœuds ou de connections.)

Propriétés des réseaux aléatoires : leurs propriétés dépendent du rapport entre le nombre de nœuds et le nombre de connections (ou la moyenne de connexion par nœud). Mais dans tous les cas, il y a deux propriétés importantes.

1) Lorsque le nombre de connections est très faible par rapport au nombre de nœuds, le réseau n’est pas connecté (on ne peut pas passer d’un nœud à l’autre au hasard). On a montré que lorsqu’on augmente progressivement le nombre de connections (qui restent toujours choisies de manière aléatoire), un réseau aléatoire passe de l’état de sous-réseau dispersé à l’état connecté et que cela se fait d’un coup et pour un nombre relativement faible de connections. C’est un processus qui rappelle les changements de phase ou la percolation bien connus des physiciens (voire la présentation que Pascal Lederer nous a faite lors de la journée du 20 mai).

2) les réseaux aléatoires sont des réseaux « petit monde » c’est-à-dire que le nombre minimal de connections reliant deux nœuds au hasard est extrêmement faible par rapport au nombre total de noeuds et de connections. (il y aurait 6 « poignées de mains » au plus entre tout homme sur la planète et le président des Etats-Unis (quel vilain exemple !!) et 19 clics au plus entre deux des milliards de sites du réseau web).

Il y a d’autres réseaux "petit monde" de structure non aléatoire. Un des types très fréquent dans le monde vivant (et les réseaux sociaux) sont les réseaux représentés par des graphes dits « indépendants d’échelle » où les connections par nœud se répartissent non pas selon une gaussienne, mais selon une loi de puissance : il y a peu de nœuds avec beaucoup de connections (connecteurs), et beaucoup de nœuds avec peu de connections. Ces réseaux sont robustes, sauf au niveau des connecteurs. Ils semblent intermédiaires entre une structure hiérarchisée (graphe en étoile) et une structure aléatoire.

Question : peut-on étudier la structure des réseaux militants divers qui se constituent actuellement, les comparer, et en tirer des enseignements ? Cela nécessite de déterminer les nœuds (associations, personnes ?), et les connections (qui communique avec qui, ou bien qui agit sur ou est ‘agit par’ qui ?). Cette étape à elle seule n’est-elle pas susceptible de permettre une meilleure compréhension du processus ? L’étude de la connectivité est également intéressante du point de vue de la circulation de l’information par exemple. Enfin l’intérêt de la robustesse est évident.

III. classification par la dynamique

Il y a des réseaux statiques. La carte des métros parisiens.

Des réseaux dynamiques simples. Les métros parisiens circulent, mais leur circulation est parfaitement déterminée et linéaire. De même les réseaux d’aéroports, etc. On peut calculer les flux passant dans chaque nœud, leur pondération (nombre de passagers etc.)...

Des réseaux dynamiques complexes, dans lesquels les nœuds sont l’objet d’une dynamique non linéaire, et influent les uns sur les autres, mais ne modifient pas la structure du réseau (exemple de l’auteur : dans un groupe d’amis, chacun subit des variations d’humeur. L’humeur de chacun peut être influencée par celle des autres (ainsi ils peuvent tous être de bonne ou de mauvaise humeur, ou encore leur humeur peut osciller en fonction des celle des autres). Mais cela ne modifie pas le nombre des amis ou leurs relations. Le grand intérêt de ces dynamiques est que le réseau le plus souvent se stabilise dans un état dit ‘état singulier’, ou d’équilibre. Cela veut dire que, partant d’un état donné, au bout d’un certain temps, chaque nœud prend et conserve une certaine valeur ou un certain comportement. Pour un même réseau, il peut y avoir énormément d’états d’équilibre possibles, et celui dans lequel le réseau va se stabiliser dépend de l’état de départ (c’est aussi le cas des barreaux aimantés dont nous parle Pierre Assante). Il peut aussi arriver que les nœuds adoptent un comportement oscillant, qui est une autre sorte d’état d’équilibre. Dans ce cas, il y a synchronisation des périodes d’oscillation de tous les nœuds, (comme lorsque les applaudissements se synchronisent dans une salle de spectacle).

Questions : on peut se poser la question d’un collectif d’organisations, dont la structure est stable, mais où l’activité de chaque organisation est influencée par celle des autres organisations. Il y a le plus souvent plusieurs états d’équilibre possibles. La dynamique de chaque nœud peut dépendre en partie de la topologie du réseau. Par exemple, la dynamique populaire créée par les collectifs populaires et unitaires aura-t-elle pour résultat de renforcer l’activité des partis qui y participent ou à l’affaiblir ? Il n’est pas impensable qu’une modélisation puisse prédire certains états possibles (et surtout les états impossibles) de ce type de dynamiques. C’est un sujet très riche et je n’ai pas forcément réussi à poser les questions les plus intéressantes. L’émergence d’un consensus fait je crois partie de ces propriétés de réseaux dont il serait intéressant de comprendre la dynamique.

Des réseaux métadynamiques où la topologie du réseau elle-même se modifie. La topologie (ou structure) du réseau dépend du nombre de nœuds et de l’organisation de leurs connections. Comment croît un réseau ? Où s’ajoutent les nouveaux nœuds ? Comment se modifient les propriétés du réseau en fonction du nombre de nouveaux nœuds et des nouvelles connections ? Ces études sont en plein essor actuellement, en informatique notamment.

Questions. Par exemple : Comment le fonctionnement des collectifs pour une candidature unitaire influe-t-il sur le nombre d’organisations, et sur celui des membres de chacune d’elles ? Est-ce que les nouveaux arrivants arrivent directement dans les collectifs ou passent-ils (avant ou après) par des organisations ? Les modifications de la taille ou de la structure de ce réseaux peuvent elles influencer le fonctionnement global du réseau ? Le fonctionnement de chaque organisation dans le réseau ? Y a-t-il une phase critique (nombre de connections par exemple) à partir de laquelle de nouvelles propriétés se forment tout à coup ? En somme peut on analyser de plus près la notion de « dynamique populaire » que ces collectifs souhaitent enclencher ?

Ces questions sont fondamentales aujourd’hui, mais elles peuvent être plus faciles à aborder sur des exemples passés ? (la franc-maçonnerie, ou les syndicats par exemple ?) ou sur des réseaux plus réduits ? (Un collectif local, ou une municipalité qui met en œuvre de la démocratie participative ?)

Comprendre le fonctionnement possible des réseaux pourrait-il nous aider à mieux conduire leurs activités, ou à être plus performants en ce qui concerne la démocratie participative par exemple ? Et inversement, étudier, à la lumière des connaissances sur les réseaux, les exemples réussis de démocratie participative, ici ou ailleurs (réseaux zapatistes inclus) pourraient-ils nous aider à nous approprier ces études pour les appliquer à nos activités militantes diverses ?

La réponse d’un réseau aux perturbations extérieures : L’importance de la connectivité sur la dynamique ou la métadynamique

Lorsqu’un réseau est soumis à une perturbation, la manière dont il réagira dépend en partie de la nature de la perturbation, mais, dans une très large partie cela dépend de l’état du réseau au moment précis. Le réseau peut constituer une caisse de résonance pour cette perturbation ou l’ignorer complètement, donc des conséquences sans commune mesure peuvent résulter d’une même perturbation, et c’est le réseau dans son ensemble qui ‘décide’ du sens à donner à la perturbation. Il s’agit là, à mon sens d’une propriété majeure pour ce qui nous intéresse.

Exemple de l’auteur : les réseaux immunitaires, où selon les cas, le même antigène sera ou non reconnu et détruit. Autre exemple : une épidémie, qui se propage en principe en fonction de la valeur du produit de la densité de population par la probabilité d’infection. En fait, le SIDA a montré que la nature du réseau joue aussi très fortement, et qu’un réseau qui possède des connecteurs très fortement connectés (comme c’est les cas pour le sida) entraîne un risque épidémique beaucoup plus fort. Donc, la même perturbation (virus) a des effets très différents selon l’état ou la structure du réseau. Ou encore les réseaux de neurones, où les réponses à un même ‘signal’ peuvent être extrêmement nombreuses et différentes. La réponse à une perturbation n’est donc pas dictée par l’extérieur mais est construite de l’intérieur pour assurer une stabilité face à la perturbation.

« Ces réseaux biologiques donnent sens au monde, non pas en le calquant mais en l’intégrant dans des boucles sensori-motrices, assimilant la stimulation reçue et la transformant de manière à déboucher sur un schéma d’action qui permettra au réseau d’exceller dans le monde. » Au passage, il me semble qu’il y a là une convergence forte avec la dialectique marxienne. La possibilité de simuler sur ordinateur ces comportements intégrés des réseaux permet, je pense de donner des contenus et du poids à la vision dialectique dont le terme de reflet a représenté une simplification prêtant à caricature.

Questions. Y a-t-il des leçons à tirer en politique ? Peut-on mieux comprendre ainsi par exemple la manière dont les idées circulent et s’emparent ou non d’une partie de la population en fonction des divers réseaux dans lesquels chacun est impliqué ou investi ? Peut-on mieux comprendre le rôle des médias ? Peut-on tenter de mieux gérer la ‘propagande’ ou la contre-propagande ? Pourquoi et comment, dans certains cas récents, la toute-puissance des médias a-t-elle été mise en défaut dans l’imaginaire collectif ? Pourquoi et comment certains thèmes réactionnaires, populistes, racistes arrivent-ils au contraire à s’étendre de manière alarmante ? Comprendre comment un réseau réagit aux perturbations extérieures pourrait peut être s’avérer un outils précieux dans les études sociologiques, d’opinion, de politologie etc...Aider à mieux comprendre les effets des sondages ? à mieux gérer les efforts de conviction ?

L’importance des ‘changements de phase’ à tous les niveaux pour les réseaux

Une propriété que l’on retrouve à tous les niveaux d’étude des réseaux est celle de ‘changement de phase’ ou percolation, ou encore effet de seuil, qui toutes sont des propriétés où se retrouve la catégorie dialectique de ‘saut qualitatif’.

On l’a vu pour l’acquisition des propriétés de connectivité par un réseau. Mais c’est vrai des propriétés dynamiques ou métadynamiques. Reprenons l’exemple des applaudissements qui se synchronisent après un spectacle. Cela ne se fait pas au début, mais émerge d’un coup à partir d’une situation d’abord aléatoire (chacun bat des mains à son rythme). C’est typiquement l’émergence d’une propriété d’auto-organisation dans un réseau. Une des notions qui a eu beaucoup de succès dans cet ordre d’idée est celle de ‘bord du chaos’, transition entre l’ordre et le chaos où certains voient le lieu de l’émergence de la vie et de toutes ses propriétés.

Questions. En ce qui concerne notre sujet, cela amène à se poser de multiples questions, dont certaines peuvent peut-être faire avancer les choses :

Par exemple : nous voulons faire passer la société d’une situation de privation des libertés fondamentales pour la majorité à une situation de libertés pour tous. Est-ce que l’existence d’îlots de liberté peut constituer cette situation de « bord du chaos » à partir de laquelle se constituera cette nouvelle société ? Si oui, est-ce que l’on peut penser que cela se fera de façon rapide à partir du moment où un certain seuil du nombre de ces îlots sera franchi ?

La même question se pose aussi en ce qui concerne l’économie équitable.

Comment tester ces hypothèses ? En cherchant dans l’histoire si on a déjà observé de telles choses ? Ou dans la sociologie politique récente ? Peut-on imaginer utiliser des simulations par ordinateur, au moins pour éliminer certaines hypothèses ?

Par exemple, nous avons vu comment Seattle a été la marque d’un tel seuil. Après Seattle, le mouvement altermondialiste est devenu capable de croître et de s’imposer sur la scène internationale. Tous les ingrédients présents actuellement étaient déjà là, mais le réseau ne parvenait pas à organiser une dynamique collective. Depuis si. Mais ce n’est pas gagné. La dynamique peut tout aussi bien s’arrêter. Que faire pour contribuer à la faire se stabiliser ou continuer à croître ?

On peut aussi retrouver la question ‘comment les idées s’emparent des masses’. Nous avons vu comment l’idée que le NON était possible, est devenue crédible tout à coup. Et après, elle a pu gagner. Mais les hypothèses sur les raisons de cette brusque montée de la crédibilité (qui se présentent généralement non comme des hypothèses, mais comme des affirmations), sont assez différentes. Serait-il utile d’en avoir le cœur net ?

Actuellement, on voit bien que la propagande contre la gauche antilbérale joue beaucoup sur cette non-crédibilité. Quel type de seuil (s’il y en a un) faudra-t-il atteindre pour rendre l’idée crédible ? Peut-on utiliser les connaissances sur les réseaux pour que les expériences vécues dans un type de situation en réseau servent à améliorer les choses dans une situation différente ? (Par exemple mieux utiliser les leçons de la victoire du NON pour notre action pour les élections futures ?)

Précautions pour conclure.

J’ai posé à dessein ci-dessus des questions de brûlante actualité. Mais je ne veux pas dire pour autant (ce serait éminemment absurde) qu’il suffirait de connaître les théories des réseaux pour résoudre ces questions et nous donner une efficacité nouvelle, et fulgurante. Je pense que les luttes actuelles émergent de plus en plus de réseaux fonctionnels dynamiques globaux, et ne peuvent que bénéficier d’une compréhension issue des connaissances actuelles sur les réseaux. Même si ces connaissances et leur maîtrise progressive par les acteurs des luttes sociales et politiques peuvent améliorer l’efficacité de ces luttes (surtout peut-être en évitant certaines erreurs), je pense que, comme tout modèle, elles ne pourront jamais remplacer la pratique et le travail de terrain, elles ne pourront jamais donner des « recettes » (comment faire la révolution en 10 leçons !!). En revanche, cet outil supplémentaire pourra lui-même s’améliorer au cours précisément de ces luttes de terrain dans une relation circulaire fondamentale.

La journée de travail que nous avons proposée de tenir sur les réseaux s’inscrit tout naturellement dans cette démarche croisant théories et pratiques.

Janine Guespin

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