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Communisme du XXIe siècle, pour une alternative... Introduction à notre travail collectif.

lundi 22 mai 2006, par Roger Martelli

publié en février 2006.

Depuis quelque temps, l’expansion du mouvement social et politique et de l’altermondialisme a redonné de la force et de la crédibilité à la demande d’une transformation sociale profonde de nos sociétés. Au même moment, les réponses capitalistes aux défis de notre époque enfoncent le monde dans une instabilité si grave que l’avenir même de l’humanité est mis en péril. L’effet destructeur de la « concurrence libre et non faussée », l’emprise croissante des marchés financiers, l’ampleur des crises économiques, sociales, politiques, environnementales, l’état de guerre conduisent à se poser massivement la question d’une rupture de logiques. La quête d’une alternative au capitalisme et, au-delà, à toutes les dominations devient un élément majeur de la scène sociale et politique. Nombreuses sont les forces et sensibilités qui contestent l’ordre du capital, dans telle ou telle de ses composantes ou dans sa globalité. Les courants issus du mouvement ouvrier, le féminisme, l’écologie politique, le christianisme social, les héritages du tiersmondisme, des mouvements plus récents encore critiquent, combattent, cherchent des issues. Parmi ces courants critiques, le communisme occupe depuis deux siècles une place importante. Né avant 1917, il s’est déployé au XXe siècle dont il a marqué profondément l’histoire. On sait qu’il participa avec ferveur à ses grands combats politiques et sociaux ; on sait aussi, hélas, que le stalinisme et d’autres perversions contredirent les valeurs originelles qui ont porté son essor. Il est évident que l’échec des grandes tentatives de transformation sociale et tout particulièrement celui des régimes étatistes se réclamant du socialisme ont porté un coup à l’idéal communiste, en même temps qu’ils semaient le doute sur la possibilité de dépasser l’horizon du capital. Mais il est tout aussi évident, depuis quelques années, que l’Histoire n’est pas finie, que la mondialisation capitaliste produit des désastres insupportables. La seule adaptation à ses règles ne produit pas du développement humain, mais enferme dans les cercles vicieux de la crise systémique, altère la croissance des potentialités de chaque personne, pousse à une mise en concurrence meurtrière des salariés et des peuples. Le désir de bâtir d’autres relations entre les personnes, la volonté de se projeter dans une autre société, des pratiques de lutte et de solidarité ont ainsi repris du poil de la bête. La réflexion quant à la manière de faire advenir cette société alternative, comme la conception que l’on peut en avoir, restent toutefois tâtonnantes. Il nous semble que le moment est venu de donner une nouvelle ampleur à ce travail. Nous entendons contribuer au projet collectif d’une société de partages, fondée sur d’autres finalités que celles de l’accumulation des capitaux et des profits, appuyée sur d’autres méthodes que celles de la dépossession et de la délégation, reposant sur d’autres valeurs que celles du marché et de la concurrence, produisant d’autres relations sociales, d’autres institutions. Dans ce contexte, des femmes et des hommes font aujourd’hui le pari qu’un communisme repensé peut être utile à la construction commune d’une alternative. La plupart du temps, ils le font avec la conviction que cela suppose un travail profond de reélaboration, à l’aune des expériences passées et, plus encore, à celle des combats contemporains pour l’émancipation. Toutes les forces d’alternative n’ont pas le même point de vue. Toutes ne se reconnaissent pas dans la référence au communisme, ou n’en ont pas la même lecture. Mais aucune ne peut rester indifférente au devenir de la trajectoire humaine qui s’est cristallisée autour du mot de communisme ; et le communisme, en retour, ne saurait se ressourcer sans dialoguer avec toutes les sensibilités qui, en dehors de lui, aspirent à construire cet « autre monde » que l’on sait désormais nécessaire et possible. Au total, quelle que soit la manière, le style, les mots que l’on emploie ou que l’on récuse - jusqu’à celui-là même de communisme -, c’est un vaste effort collectif qui doit être mis en chantier. Il n’est le monopole d’aucune force ; il ne peut se mener en vase clos. Nous proposons d’organiser, dans le courant de 2006, une rencontre permettant de réfléchir et de débattre, de la façon la plus large possible, sur les alternatives pensables au capitalisme et sur la contribution qu’un communisme du XXIe siècle pourrait y apporter. Les expérimentations, passées et en cours ; les pistes d’alternatives d’ores et déjà existantes ; les représentations que les uns et les autres se font des possibilités et des modalités de la transformation sociale : tel sera notre matériau de travail. Nous sommes divers nous-mêmes par nos histoires, nos sensibilités, nos pratiques, notre rapport au communisme et au combat général pour l’émancipation humaine. Nous souhaitons que notre rencontre permette d’ouvrir, de façon pluraliste, un processus de réflexion et d’expérimentation qui s’inscrirait dans la durée.

Roger Martelli

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