Accueil > Thématiques > Sciences > "atelier L" "nouveaux concepts nouveaux outils pour la transformation (...) > Journée du 3 février 2007 : Réseaux, théories, critiques et pratiques

BUISSONNEMENT HISTORIQUE ET TRANSFORMATION SOCIALE.

lundi 19 mars 2007, par Maurice Décaillot

Je commencerai cet exposé en rappelant cette parole prononcée, semble-t-il, par madame Margaret Thatcher, à mon sens l’une des paroles les plus ignorantes et les plus inhumaines jamais prononcées : There is no such thing as society. Il n’existe rien de tel que la société.

Je pense au contraire que la société humaine est, depuis des temps maintenant très lointains, une système réel, à la dynamique complexe, si complexe que les hommes contemporains qui ont aujourd’hui accumulé un savoir et une compréhension importante sur bien des aspects de la nature, comprennent encore très mal leur propre mode de vie ensemble.
Je vais essayer de rapporter la façon dont j’ai été amené à concevoir cette dynamique, ici décrite avec l’inévitable schématisme que l’on voudra bien me pardonner, tout en m’efforçant d’éviter un certain nombre de pièges aujourd’hui encore fréquemment visités.

Il s’agit notamment de tenter de comprendre comment les hommes sont à la fois enserrés dans des systèmes de causalité réelle qui les dépassent de loin, tout en déployant une réelle liberté d’autodétermination ; comment ils concilient un éventail de pratiques vitales en édifice complexe, avec des images du monde aux limites certaines ; comment leurs pratiques symboliques sans impact causal direct sont un appui effectif pour leurs pratiques réelles.

Les échanges et leurs réseaux au coeur de l’humain

On sait que les doctrines libérales officielles posent comme un postulat, depuis Thomas Hobbes, l’individualisme méthodologique, posant que l’être humain est isolé et guidé par la seule maximisation de son avantage individuel. Cette conception est généralisée à de nombreux domaines, allant de l’éthologie animale à la sociologie, à la psychologie, à la culture, en passant, bien entendu, par le dogme économique libéral.

Je crois devoir considérer que, au contraire, tout ce que l’on sait des sciences humaines, historiques, sociales, nous donnent à penser que les échanges sociaux véritables de biens réels, permettant aux uns et aux autres de vivre aujourd’hui et demain, sont au cœur de la spécificité des êtres humains, les distinguant de tous les autres êtres vivants.

La première des structures ainsi définies est à mon sens l’échange réciproque des travaux, en considérant comme des travaux les prestations fournissant des biens et des services susceptibles d’entrer dans des transactions d’échange d’équivalents.

Soulignons à ce propos ce qui suit.

La théorie officielle considère le bien fait à autrui comme un acte de confort mental personnel. Elle considère l’échange comme une pratique engagée avec le souci de gagner quelque chose, et dont la conclusion clot tout rapport entre partenaires.

Je considère au contraire que l’échange de travaux est en lui-même porteur d’une promesse de réciprocité future, faute de quoi à l’apport de l’un, l’autre répondrait par une prédation, ce qui dissuaderait l’échange futur. Echanger loyalement, c’est promettre d’échanger loyalement à l’avenir aussi. Un premier réseau de rapports humains concerne ainsi l’échange actuel des travaux nécessaires à la vie.

L’échange nécessaire et obscur, terrain de la multicausalité sociale

J’ai bien dit échanger loyalement, et non équitablement.

En effet, depuis des temps immémoriaux, l’échange est obscur et difficile. Ce qui est échangé est nécessairement compensateur pour chacun, afin que chacun vive, ce qui implique un échange de vrais équivalents à vocation d’équité, dans lequel personne ne gagne ni ne perd. En même temps, ce qui est échangé du fait de la division sociale du travail est incomparable en nature. Les pratiques sociales ayant vocation à rendre vivable cette difficulté sont innombrables, ainsi qu’en témoigne l’ethnologie.

Parmi le structures assumant cette fonction de viabilisation générale des échanges imparfaits, on repère les structures appelées à assurer une dévolution réelle de ressources permettant, au-delà des échanges de travaux, une viabilité de l’ensemble social : pratiques de largesses de personnages promus, redistributions de pouvoirs établis, répartition de ressources d’institutions communautaires, et notamment services publics. Ces pratiques permettent une régulation, par redistribution, et parfois par annihilation, de ressources, en sorte que le pouvoir vivre, et par là le pouvoir échanger, des membres de la société soit institutionnellement maintenu. Un réseau de vie sociale est alors celui des rapports institutionnels visant au maintien des structures sociales existantes. On y observe des pratiques de régulation diverses : production commune de règles à caractère de réglementation procédurale des comportements de production et d’affectation des ressources, pratiques d’administration prescriptive imposant, ou opérant directement, des prélèvements et allocations de ressources.

Ces rapports institutionnels sont à leur tour influencés par l’obscurité générale des rapports sociaux. On y trouve ainsi des pratiques de répartition visant une solidarité réciproque, mais aussi des distributions palliatives visant à moduler, limiter ou masquer partiellement les effets des déséquilibres sociaux sans toucher à leur source, perpétuant ainsi des inégalités existantes au prix de dédommagements partiels, marginaux, et parfois symboliques, instituant des compromis.

De l’autorité d’ici à l’altérité ailleurs : le réseau des autres

Les structures distributives sont ainsi, en contexte de dissymétrie sociale, le terrain d’ancrage de dissymétries instituées, affermissant des pouvoirs autoritaires, auteurs de lois prétendant définir par l’interdit le champ des pratiques sociales réputées compatibles avec la viabilité de l’ensemble social. Par là même, ces lois définissent le domaine interne de la société concernée, et posent comme externe tout autre ensemble social, créant le terrain d’une recherche de codes permettant la coexistence de ces ensembles divers. Ainsi apparaît un champ spécifique de rapports, concernant les communautés sociales historiquement distinctes, entretenant des rapports de recherche de coexistence, à travers des codes de comportement non toujours mutualisés.
Cet ordre de réalités fait apparaître dans la société humaine une diversification des expériences historiques qui permet la multiplicité des pratiques sociales exploratoires du champ de l’histoire, élargissant ainsi le patrimoine humain des savoirs historiques.

Les biens immatériels, jalons des chemins réels

Ajoutons à cela l’immense champ des émissions et communications de biens culturels, accumulant savoirs et références symboliques, et les réseaux mouvants, eux aussi dissymétriques, qui les diffusent.

Une question traditionnelle est celle du rapport entre les messages symboliques qui mobilisent une activité essentielle et les nécessités réelles qui gouvernent la vie sociale, et le rôle de ces messages dans la réalisation des initiatives humaines.

Le messages symboliques permettent un échange intentionnel des travaux, échange qui augmente l’avantage que les humains tirent de la nature, du fait qu’aucun homme ne peut dominer tous les savoirs nécessaires à sa vie dans un monde difficile. Les échanges de symboles et leurs réseaux (eux aussi équilibrés ou dissymétriques) ont ainsi vocation à jouer un rôle de promoteurs de cette liberté humaine qui naît du savoir bien faire. On peut considérer qu’ils ont un rôle objectif, en ce sens que les signaux émis par une personne deviennent, en étant perpétués, des éléments objectifs d’information pour les personnes le recevant par la suite, y compris lorsque l’origine de ces signaux est inconnue ou incertaine. Leur configuration, transportant des messages plus ou moins informatifs, plus ou moins exacts, plus ou moins obscurs, plus ou moins présents, plus ou moins dominés, orientent les actes que les humains qui les reçoivent pourront, voudront ou devront accomplir, influençant les futures réalités sociales.

Un aspect de cette réalité des réseaux de communication symbolique est la suivante. Les personnes s’exposent à recevoir des ensembles de messages influençant leur éventail d’éventualités, dont certaines apparaissent impossibles à affronter au vu des stratégies accessibles. Fac à un réel en partie indéchiffrable, des appareils idéologiques à caractère compensatoire, palliatif, de consolation, appuyés sur des réseaux idéologiques dominants, apparaissent et se posent en écran sélectif et orienteur devant les visions du possible des personnes concernées.

Autodislocation sociale : des seuils de viabilité ?

La vie sociale se développe ainsi par l’interaction d’un ensemble cumulé et interactif de rapports d’échanges en multiples niveaux, chacun d’eux pouvant être facteur d’équilibre ou de déséquilibre. De ce fait, des déséquilibres cumulatifs apparaissant fréquemment. Les inégalités dans la propriété et l’accès aux ressources dans l’échange, dans le pouvoir institutionnel, dans l’accès aux distributions de richesses, dans l’accès aux échanges symboliques, se superposent dans la création de déséquilibres cumulatifs.

Aujourd’hui, le capitalisme parvient à un stade où ces déséquilibres cumulés deviennent graves, alimentant des dérives diverses, économiques, sociales, culturelles, institutionnelles, géopolitiques, écologiques, préoccupantes.
Ceci n’est pas un hasard. Après diverses phases où les tendances marchandes capitalistes à l’affrontement concurrentiel et oligopolistique ont pu être modérées par divers facteurs temporaires, le capitalisme n’a plus aujourd’hui d’échappatoire, dominant l’ensemble du monde et ne pouvant avoir pour adversaire que lui-même. Il s’oriente alors, ainsi que le reconnaissent quelques auteurs, vers l’autodestruction, à travers de multiples distorsions.

On relève ainsi, outre le creusement de déséquilibres économiques mondiaux, la persistance de situations de violence non dominée, comme en Irak, en Afghanistan, en Afrique centrale et ailleurs, mais aussi, favorablement, des situations où apparaissent des pouvoirs soucieux d’une avenir libérateur pour les peuples, comme en Amérique Latine.

Distorsions sociales, diversité mondiale

On voit ici se manifester le rôle des communautés sociales diverses (peuples, pays, nations...) dans le buissonnement des explorations historiques.

Les sociétés elles-mêmes tendent à se fractionner, comme on le voit dans le contraste accru entre l’enrichissement outrancier de minorités oligarchiques et l’extension de franges d’exclusion sociale jusque dans les pays les plus riches.

Les faits inclinent à penser, à l’encontre de ceux qui soulignent la capacité du capitalisme à reprendre à son compte adaptativement les innovations politiques et sociales, qu’au-delà des récupérations instrumentales et des démonstrations ostentatoires, le capitalisme tend de nos jours à se crisper sur ses tendances essentielles à la domination sans partage, et maintenant très visiblement potentiellement dictatoriale, des normes du trafic marchand et à l’exploitation illimitée des hommes, y compris, comme on le voit dans les distorsions économiques mondiales, lorsque cela fait naître des déséquilibres lourdement menaçants y compris pour l’avenir du capital lui-même. Ainsi se multiplient les réseaux de domination à travers l’intermédiation et la sous-traitance dissymétriques.

La multiplication des populations spoliées, exclues, marginalisées, dans le temps où s’enrichit hors de toute mesure une oligarchie mondiale confisquant tous les pouvoirs, et alors que s’aiguisent à la fois les tendances autoritaires et les conflits de divers niveaux, suggère que le système marchand s’approche du moment où surgissent des zones de non viabilité de parties du système, et potentiellement de la continuité du système lui-même.

Comment changent les sociétés humaines

Un examen des mouvements historiques amène à formuler les hypothèses suivantes.

Du fait, semble-t-il, des difficulté liées à la division sociale du travail, les inégalités entre personnes sociales ont souvent tendance à se cristalliser en dynamiques de déséquilibre, que les institutions, visant à la durée et par là souvent rigides, tendent à perpétuer.
C’est pourquoi sont nombreuses les civilisations qui ont évolué, non vers une transformation et un dépassement d’elles-mêmes par elles-mêmes, mais bien plutôt vers une rigidification et, à terme, un effacement ou une décomposition.
Les nouveaux types de société semblent être apparus, pour l’essentiel, non dans les hauts lieux des civilisations précédentes, mais le plus souvent à l’écart, dans les lieux marginaux, sous des formes émergentes incomplètes.
Ainsi, les pratiques marchandes ont occupé longtemps une position marginale dans la vie des cités et royaumes antiques. Ayant eu un rôle dominant dans l’expansion romaine impériale qu’elles ont conduit à l’extinction, elles ont laissé place à des civilisations de seigneuries elle-même rongée par les affrontements territoriaux. C’est en profitant de leur éparpillement que les mêmes pratiques marchandes sont renées, offrant entre les vendeurs lointains et les acheteurs riches, et ainsi entre partenaires précédemment dégagés de toute réciprocité, des chemins directs pour des cessions de biens acquis à bas prix et revendus au prix fort.

Il semble conforme aux réalités de suggérer qu’un terrain d’émergence historiquement attesté est l’apparition de circuits d’échanges offrant des chemins directs, en quelque sorte des raccourcis, entre partenaires d’échange jusque là maintenus économiquement éloignés par les circuits dominants.

Sur ces bases s’édifie la pratique socio-économique et historique de chaque population, qui élabore et développe les formes de la société, à travers des cycles d’expériences, de prises de conscience, de projets.

Un autre aspect des choses interroge. Les mêmes tendances historiques suggèrent également que, dans bien des cas (esclavage moyen-oriental, grec, romain, servage féodal...), les révoltes d’opprimés dépouillés de leurs outils et de leurs échanges n’ont jamais suffi à donner naissance à de nouveaux paradigmes sociaux. L’apparition de ceux-ci a toujours été le fait de groupes se rassemblant autour de nouvelles pratiques socio-économiques : cités agricoles anciennes, premières civilisations seigneuriales, négoce au long cours, repli seigneurial ou théocratique sur le domaine agraire, cités naissant ou renaissant de la réémergence de flux marchands...De telles pratiques, nées sous des formes élémentaires, se sont affinées au cours du temps, au fil des expériences de plus en plus élaborées.

Ainsi ont-elles conduit, au terme de nombreuses péripéties historiques, à une rôle aujourd’hui universellement dominant des pratiques marchandes de la transaction régulée par le seul pouvoir de négociation de ses seuls partenaires actuels.

Cette négociation intrinsèquement inégale accumule les moyens de pouvoir nécessaires pour imposer et renforcer toujours plus sa propre règle : celle de la seule loi du plus fort en pouvoir de négociation. La dissymétrie économique entretient la dissymétrie institutionnelle. Cette même loi, en s’imposant, a comme les précédentes établi des zones de validité délimitant des communautés diverses : Etats, empires, coalitions, institutions internationales.

Histoire multiple : la discordance créatrice ?

Mentionnons ici les interrogations que suggère la possible discordance entre une vie socio-économique, source de grandes dissymétries sociales, évoluant par émergence, souvent marginale au début, de nouveaux paradigmes, et des formes institutionnelles généralisantes faites pour durer et soutenues par un consensus souvent majoritaire, qu’il soit volontaire ou contraint ; les interrogations que suggère aussi le contraste entre des communautés humaines autorégulatrices, et donc soucieuses de la maîtrise souveraine de leur destin, et des arrangements intercommunautaires négociés au fil des rapports de force, pouvant comporter des engagements dissymétriques éventuellement porteurs de domination. Soulignons aussi, dans le même temps, le rôle possible de telles communautés porteuses, chacune, d’une expérience historique diversifiée que d’autre peuvent, à leur avantage, s’approprier. Ainsi intervient un autre cycle d’expériences exploratrices et de pratiques sociales d’élaboration historique touchant les rapports d’extériorité entre populations.

On peut penser que la complexité socio-historique et l’ampleur et la diversité des évolutions possibles ainsi évoquées remet à sa juste place l’hypothèse émise par certains d’une possible fin de l’histoire, soulignant le degré élevé d’inconscience sur laquelle elle a pu reposer.
Cette analyse souligne aussi l’ampleur des cheminements qui seraient nécessaires pour surmonter les facteurs de distorsion sociale qui restent actifs dans la vie humaine contemporaine.

Bifurcation, dissidence, émergence

Elle permet aussi de faire apparaître la réalité des dissymétries qui font de notre époque une époque de bifurcation et de possible buissonnement des expériences.

Elle suggère en outre que les chemins vers de nouveaux avenirs vont probablement avoir des traits communs avec ce que l’expérience passée a pu nous enseigner.

Alors que les puissance dominantes exercent leur pouvoir à travers des réseaux d’échanges et de pouvoir profondément dissymétriques, ce que l’on pourrait appeler des réseaux en sablier créés autour de positions dominantes, les initiatives créatrices de chemins historiques se feront sans doute autour de réseaux d’échange nouveaux faisant une place équilibrée à chaque partenaire.

C’est pourquoi l’émergence et le renforcement, au cours des dernières décennies, d’échanges équitables, de nouveaux circuits d’activité économique accordant une place nouvelle aux partenaires, visant la réciprocité des échanges, l’équité des transactions, la solidarité des entraides, dont on constate l’émergence certes difficile, confuse, hésitante, encore marginale, m’apparaît pouvoir être un phénomène de quelque importance, dans la mesure où elle mobiliserait des forces autour de projets conséquents et durables portés par des réseaux solidaires, accompagnant des formes de réhabilitation du travail qui, en se libérant du salariat, et par là de l’exploitation, retrouverait ses outils et ses échanges, ainsi que la réciprocité de ses financements.

Vers l’équité concrète, vers des réseaux rassembleurs

On peut penser que, comme au cours des temps passés, c’est en prenant en compte et en s’appuyant sur des initiatives populaires émergentes de ce type que, à leur tour, les diverses formes institutionnelles de divers niveaux seront conduites à engager les évolutions indispensables. Les forces sociales soucieuses de progrès devraient, à mon sens, prendre la mesure de telles perspectives et y voir un terrain de rassemblement C’est pourquoi il pourrait être d’importance stratégique que les organisations ouvrières et démocratiques soucieuses de libération humaine envisagent plus constructivement que par le passé l’avenir des initiatives économiques populaires émergentes. Pas d’îlots de socialisme ! disait-on. L’expérience a montré que pour autant l’ampleur ne garantissait pas le succès. C’est bien pourquoi il importe aujourd’hui de faire une place à de possibles réseaux solidaires d’activité économique et sociale naissant au plus près des populations en quête d’avenir commun.

Alors que notre monde compétitif multiplie les affrontements, les conflits, les durcissements menaçants, il est d’importance, pour en éviter autant que passible les dangereuses dérives, d’offrir à des secteurs accrus des nos populations des perspectives réelles de transformation sociale dans le sens de la réciprocité, de l’équité, de la solidarité.

Le chemin, comme tous les chemins de l’histoire, est et sera long. C’est, je le crois, une raison de plus pour que tout ceux que soucie la libération humaine se saisissent dès aujourd’hui des perspectives transformatrices offerte par l’émergence de formes nouvelles, et accompagnent la construction des structures, des réseaux, des solidarités, des cheminements communs qui offrent vers elle un passage à tous.

Maurice Décaillot

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