Accueil > OLD > Autres Chantiers > Forums sociaux > Réseau Frantz Fanon (lancé au FSM de Nairobi, janv 2007) > L’Espace Frantz Fanon au Forum social mondial 2007 de Nairobi (...) > L’Espace Frantz Fanon à Nairobi : tous les comptes-rendus !!!

22/01/07 : Frantz Fanon, une lecture nécessaire pour aborder les ségrégations urbaines

jeudi 7 juin 2007

Chantal DELMAS (Espaces Marx /Transform)

Frantz Fanon est nécessaire à l’étude de la ségrégation humaine.

Il faut travailler sur la désialénation des colonisés et des colonisateurs.

Dans de nombreux territoires, la colonisation de terrain a disparu mais reste très présente dans les esprits. Elle a de nombreuses conséquences, notamment dans les banlieues, les périphéries de tous les pays.

Il est donc important d’en débattre et de voir ce qu’il est possible d’entreprendre aujourd’hui afin qu’il y ait une évolution dans ces rapports de domination..

Frantz Fanon a écrit sur ce thème. Il parlait de l’Algérie, pays colonisé mais cela peut s’appliquer aujourd’hui à ce que l’on constate dans nos villes, notamment en France où la révolte des banlieues, fin 2005, a mis en évidence les rapports de ségrégation post-coloniale.

Lecture par Victor Permal

« L’indigène est un être parqué. La première chose que l’indigène apprend c’est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites. C’est pourquoi les rêves de l’indigène sont des rêves musculaires, des rêves d’action, des rêves agressifs. Cette agressivité sédimentée dans ses muscles, le colonisé va la manifester d’abord contre les siens. C’est la période où les nègres se bouffent entre eux et où les policiers, les juges d’instruction ne savent plus où donner de la tête devant la criminalité à l’époque nord-africaine. »

Cet extrait illustre l’actualité de Fanon, partout.

Il a aussi abordé le rapport colon-colonisé.

« Face à l’arrangement colonial, le colonisé se trouve dans un état de tension permanente. Le monde du colon est un monde hostile qui rejette. Mais, dans le même temps, c’est un monde qui fait envie. »

Chantal Delmas

Cette analyse peut être appliquée aux révoltes des banlieues. Il y a, d’un côté, rejet de cette société qui les met au ban et, de l’autre, attirance vers ce qui la symbolise (marques de vêtements hors de prix, belles voitures...). Frantz Fanon insiste aussi sur le rapport aux institutions et sur le fait que le colonisé a toujours tort, même s’il n’a rien fait. Nous constatons, en France, de nombreuses vérifications de papiers d’identité, musclées, dues uniquement à la couleur de la peau un peu trop basanée.

Lecture de FANON par Victor Permal

« Face au monde arrangé par le colonialisme, le colonisé est toujours présumé coupable. La culpabilité du colonisé n’est pas une culpabilité assumée. C’est plutôt une sorte de malédiction, une épée de Damoclès. »

Chantal DELMAS

Fanon a très bien défini le rapport aux religieux, dans le cadre de la colonisation, et à l’intégrisme qui pouvait être en gestation dans ce rapport à la religion faussée par la colonisation..

Lecture de fANON :

« Le colonisé réussit également, par l’intermédiaire de la religion à ne pas tenir compte du colon. Par le fatalisme, toute initiative est enlevée à l’oppresseur, la cause des maux, de la misère, du destin revenant à Dieu. L’individu accepte ainsi la dissolution décidée par Dieu. Il s’aplatit devant le colon et devant le sort. Et, par une sorte de rééquilibrage intérieur, accède à une sérénité de piège. »

Chantal DELMAS

Voici quelques pistes, parmi tant d’autres, délivrées par Frantz Fanon, pour travailler sur les ségrégations urbaines.

Intervenant ANTILLAIS

Les religions dans le Tiers Monde, en Amérique latine, en Afrique, aux Antilles françaises, leur développement et la croissance extrêmement importante des groupes religieux peuvent mener aussi à ce que disait Fanon sur la manière de fuir la réalité.

Victor PERMAL Cercle Frantz Fanon Martinique

La problématique de ce séminaire, c’est d’essayer de comprendre ce qui se passe au niveau de la marge, c’est à dire de tous ceux qui sont des marginaux aujourd’hui. Pourquoi le sont-ils ?

Quand Fanon regarde une société, la société, en l’occurrence la société algérienne (cf. Les damnés de la terre), il pense que, pour agir, il faut d’abord qu’il essaie de la comprendre.

Ses observations commencent avec les exclus des exclus : les malades mentaux.

Première de ses conclusions après regard et analyse : le colonialisme est une fabrique de déréglés mentaux.
C’est ce qui demande à être analysé. « Et nous aurons à panser des années encore les plaies multiples et quelquefois indélébiles faites à nos peuples par le déferlement colonialiste. »

Dans le chapitre sur la violence, chapitre le plus décrié, il explique qu’à partir du moment où il y a la ville du colon et la ville du colonisé, il y a forcément deux mondes.

C’est le monde qui est venu pour dominer, pour exploiter. Cela fait nécessairement des dominés, des exploités. La problématique c’est que le colonisé, l’exploité ne prend pas immédiatement conscience de son exploitation. Comme il la vit, pour continuer à exister, il faut qu’il ait des substituts. Il se réfère donc, une fois de plus à un déterminisme où il devient fataliste. Frantz Fanon est un colonisé, il sait de quoi il parle.

Et je suis un colonisé, je sais de quoi je parle !

Aller dans la religion chercher quelque chose qui explique pourquoi il faut obéir, il n’y a que là qu’on puisse le trouver.

« Dès que le colonisé commence à peser sur ses amarres, à inquiéter le colon, on lui délègue de bonnes âmes qui, dans les Congrès de Culture, lui exposent la spécificité, les richesses des valeurs occidentales. »

Idriss TERRANTI : psychiatre algérien

Pour revenir sur la question de la religion, il peut y avoir des raccourcis en citant le passage de Fanon sur une certaine religion et sur les intégrismes des banlieues actuelles. Ce n’est pas la même religion dont on parle. La religion dont entend parler Fanon, ce n’est pas un intégrisme. C’est une religion traditionaliste, en Algérie : celle des notables, vaincus, utilisés, instrumentalisés et qui ont reçu des faveurs. Ce sont les ordres religieux. Pas tous. La religion, et l’intégrisme religieux actuel, est une religion guerrière qui n’a rien à voir avec le fatalisme dont parlait Fanon.

Julie JOHNSTON : Australienne

(Elle fait le parallèle avec ce qui est vécu par les Aborigènes.)

Les statistiques médicales des populations indigènes d’Australie sont abominables : espérance de vie, les maladies...

Il y a un lien évident avec ce qui vient d’être dit et la pensée de Fanon.

Serge GUICHARD Espaces Marx /Transform

Fanon peut nous aider aujourd’hui. En France, après la révolte des banlieues, il y a beaucoup de débats. Beaucoup essaient d’expliquer qu’on ne sait pas d’où ça vient, qu’on ne comprend pas, que c’est un phénomène de délinquance.

Or, quand on lit Fanon, on se dit que des choses similaires ont existé sous le colonialisme. On peut essayer de les analyser et de comprendre, sans les justifier, les comportements violents qu’elles engendrent. Il est donc possible d’agir.

Mais ce qui est important dans Fanon, c’est que l’action implique que tout le monde se mette en cause, même ceux qui veulent agir. La manière dont les rapports dominants-dominés ont façonné tout le monde, ceux qui sont dans les zones de ségrégation et les autres populations, doit être travaillée.

C’est l’un des objectifs de travail avec le réseau en élargissant la question : nous pensons que cette ségrégation urbaine doit être vue à l’échelle des villes mais aussi à l’échelle mondiale.

Par exemple, le monde est globalisé, avec beaucoup de circulation, d’échanges. Nous avons vu le mur de Berlin tomber. Mais nous sommes dans un monde qui construit des murs : mur de Jérusalem, murs entre les Etats-Unis et le Mexique, l’Europe et l’Afrique, les deux Corées. Ce sont de vrais murs. Le monde organise des ségrégations planétaires.

En ce sens, il y a sûrement un lien entre nos possibilités d’action, de terrain dans les villes et d’actions globales contre le libéralisme.

Nous souhaitons travailler dans ce sens et voir ce qui peut être fait dans le cadre du FSM.

Les décisions politiques qui disent : voilà votre résidence, vous devez y rester, concernent des populations entières. C’est, en particulier, le cas de l’Afrique.

A Ceuta Melila, entre l’Europe et l’Afrique, il y a eu 14 morts. Pour ceux qui essaient de passer en dehors du mur, en traversant la Méditerranée ou en passant par l’Atlantique, ce sont au moins 5000 morts par an.

Les phénomènes de ségrégations qui permettent d’envoyer les marchandises, l’argent, de piller les pays et de dire aux populations : rester chez vous, ont leurs équivalents dans les villes.

Chantal DELMAS

Ne perdons pas de vue ce qui est à l’ordre du jour de l’OMC : comment imposer à tout prix la concurrence libre et non faussée ?

Elle met en concurrence les individus et les territoires.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas lutter contre les ségrégations urbaines si nous ne luttons pas contre les ségrégations globales et inversement.

Clémentine AUTAIN (maire-adjointe à Paris)

La question de la ségrégation territoriale et surtout celle du colonialisme font immédiatement penser aux révoltes des banlieues et des périphéries urbaines, en France. Quand les jeunes brûlaient des voitures et des édifices publics, ils dénonçaient 3 choses :

• les insultes faites à l’égard des jeunes, dont on a une vision très négative,

• les questions économiques

• la question des discriminations, en tant qu’issus de l’immigration et pas de n’importe laquelle, de celle qui a à voir avec la colonisation

Ils sont victimes de discriminations à ces 3 niveaux.

Il y a une articulation entre toutes les luttes des dominés, telle que les relations dominants-dominés s’intercalent.

Je viens du mouvement féministe. Mon rapport à cette question dominant-dominé vient de la question de genre, mais chaque rapport dominant-dominé a ses propres thématiques.

Pendant trop longtemps, on nous a tout expliqué par la lutte des classes, la marche à travers le monde, ce qu’étaient les phénomènes d’intériorisation de la domination et comment tout le monde, noirs, blancs, hommes, femmes, étions tous imprégnés de cela, imprégnés et donc aliénés.

Il fallait donc déconstruire ce processus.

Il fallait créer entre eux une parole qui arrive ensuite à s’intégrer dans un processus.

Ainsi, dans les années 70, en France et dans le monde, des femmes créent un espace entre femmes pour produire une parole d’opprimées et pour sortir de l’aliénation. Je suis inquiète de toute cette stigmatisation, de communautarisme autour de ces symboles, c’est un retour au colonialisme.

En France, la stigmatisation ne concerne pas toutes les religions mais une seule : l’Islam... Mais comment faire pour que l’Islam soit traité au même titre que les autres religions ?

Je suis inquiète de toutes ces stigmatisations, c’est un retour au colonialisme.

Intervenant ANTILLAIS

Le fatalisme dans la religion, dès lors qu’il y a dominants et dominés, colonisés et colons, crée la violence.

Qui crée la violence ? C’est le colon, pas le colonisé !

Cette violence est très individualisée. A un moment donné, elle devient collective. Il y a, d’un côté, une stratégie de la violence chez le colon et de l’autre côté, une stratégie de la violence chez le colonisé.

La stratégie de la violence chez le colon tend à mépriser l’homme, à tuer ce qu’il y a de plus humain chez l’homme, l’altérité.

La stratégie de la violence chez le colonisé tend, à l’opposé, à retrouver cette altérité.

Ne doit-on pas analyser ainsi ce qui se passe dans les banlieues, en Palestine, en Irak ?

Nous devons y réfléchir.

Intervenant d’Afrique du Sud

J’apprécie la réflexion faite sur la ségrégation en Europe à partir de la pensée de Fanon.

Je viens d’Afrique du Sud où la ségrégation sur le plan économique existe. La pensée de Fanon est valide pour mon pays.

Je vis dans un pays où la question de la bourgeoisie compradore et la pénétration du capital étranger sont d’une actualité brûlante.

Comment peut-on se dire post-colonial et rester colonial en même temps ?

Mon premier contact avec Fanon s’est fait au travers des écrits de Steve Bico. S. Bico a beaucoup emprunté à la pensée de Fanon. J’aimerais savoir si des universitaires, des hommes politiques, des militants ont réfléchi sur l’interaction de la pensée de Steve Bico et celle de Fanon.

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’explosion dans les banlieues populaires françaises. Je pense qu’il y a beaucoup de jeunes d’origine algérienne et je me pose la question de savoir si la pensée fanonienne a joué un rôle particulier dans ces explosions.

Victor PERMAL

Est-ce que la pensée de Fanon peut encore servir aujourd’hui pour expliquer le rapport colon-colonisé, après la colonisation, après ce qu’on appelle la post-colonisation ? Est-ce que les colonisés parlent de post-colonisation ?

La bourgeoisie, Fanon en parle. Il parle des toutes ces bourgeoisies qui se sont prostituées après les révolutions ou les libérations.

« Libérations » entre guillemets car pour Fanon la libération ne s’arrête pas au moment où les colons partent.

Il parle de briser un rapport car le colon est aussi aliéné que le colonisé. On fait semblant de penser que le colon n’est pas aliéné. Mais le visage de l’humanité donné par le colon est un visage absolument exécrable pour un homme.

Le colonialisme n’est pas mort, des deux côtés.

Quand Fanon dit qu’il était au bord des larmes ,( « je me mis à pleurer »), car il se sent un esprit ouvert au monde et qu’on compare sa négritude à une amputation. Un cul de jatte accepte d’être comme cela, un nègre pourrait accepter d’être un nègre. Fanon se dit : je suis un nègre. Il règle ainsi, pour lui, la question.

Il se dit aussi : dans le monde où je suis que dois-je faire ? Je dois lutter pour que cesse, à tout jamais, ce rapport de l’exploitation d’un homme par un autre homme.

Du côté bourgeoisies, il s’aperçoit :

• qu’elles n’ont pas amassé le capital qui permet d’investir puisqu’elles n’avaient pas pu amasser de capital, étant colonisées. Les bourgeoisies naissantes n’avaient pas ce qu’il fallait pour faire de l’investissement,

• qu’elles n’avaient pas les moyens intellectuels, disons l’accumulation de savoirs et en même temps les moyens de prendre en charge leurs ressources, y compris les ressources du sous-sol et les ressources du sol,

• qu’il leur manquait les capacités techniques.

C’étaient des bourgeoisies à la traîne de ceux qui avaient les capitaux.

Du point de vue moral, il y a des responsabilités, des responsables, mais ce n’est pas au niveau de la responsabilité que se décide si les gens qui étaient au pouvoir sont coupables. La question morale n’est pas la problématique de fond et ce n’est pas dans cela que rentre Fanon. Jamais !

Lecture :

« La richesse des pays impérialistes est aussi notre richesse. Très concrètement, l’Europe s’est enflée, de façon démesurée, de l’or et des matières premières des pays coloniaux : Amérique latine, Chine, Afrique. De tous ces continents, en face desquels l’Europe, aujourd’hui, dresse sa tour opulente, partent, depuis des siècles, en direction de cette même Europe, les diamants et le pétrole, la soie et le coton, les bois et les produits exotiques. L’Europe est littéralement la création du Tiers Monde. »

Si nous sommes au FSM, c’est que nous devons avoir conscience de cela, mais ce qu’on n’a pas (il y a des discours sur cela) c’est une pensée qui permette de récapituler tout ce que l’on sait et qui permette d’aller dans la même direction.

C’est cela qui est proposé par le Réseau et un aliment qui serait la démarche de penser de Fanon. Pas le Fanon d’avant-hier mais son mode de penser, son mode de regarder.

Lecture :

« Nous entendons un chef d’état européen déclarer, la main sur le cœur, qu’il lui faut venir en aide aux malheureux peuples sous-développés. Nous ne tremblons pas de reconnaissance. Bien au contraire, nous nous disons, c’est une juste réparation. Aussi n’acceptons-nous pas que l’aide aux pays sous-développés soit un programme de sœurs de charité. Cette aide doit être la consécration d’une double prise de conscience : la prise de conscience par le colonisé que cela leur est dû et, par les puissances capitalistes qu’effectivement, elles doivent payer. »

Bernard DORAY (psychiatre, CEDRATE, France)

On voit l’actualité de chacune de ces propositions.

Par exemple, à propos de l’imposture de la dette des pays du Sud, c’est à dire de la dette des pays du Nord par rapport aux pays du Sud, c’est une imposture de prétendre que ce sont nos richesses. Les pays du Nord ont été en grande partie construits par les pays du Sud. C’est une imposture de prétendre : « voilà nos biens, voilà nos richesses ».

La propriété donne foi à cette imposture : « Cela m’appartient, c’est à moi ! ».

Cela rejoint des questions très actuelles, par exemple la question du « brevetage » des végétaux, du vivant en général.

Des plantes qui sont le produit de millénaires de travail humain sont appropriées par une personne, un groupe, une entreprise et en deviennent la chose.

La question obsédante de cet atelier est : quelle est l’actualité de Fanon ? Ce qui sera poursuivi avec le prochain séminaire, avec les psychiatres.

Fanon est-il un homme prisonnier des 10 années fertiles de son activité professionnelle et militante ? Appartient-il seulement à cette petite période de l’Histoire ou est-ce que son œuvre la déborde considérablement ?

Il n’y a pas de clés, (cf. le séminaire Fanon psychiatre du 23/1) mais on voit dans la description de la ville, des deux villes, la ville du colon et la ville du colonisé, un texte très fort.

Fanon va chercher dans cette description des points absolument symptomatiques, c’est à dire des points qui parlent pour l’ensemble. Il faut bien choisir les symptômes : par exemple le rapport à la terre. Pour Fanon, les pieds du colon que l’on ne voit pas, en chaussures noires, marchent sur de l’asphalte.

Dans la ville du colon, on marche sur de l’asphalte alors que la ville du colonisé est, elle, poussiéreuse, envahie par la terre.

La ville du colonisé est sans intervalles. Dans la ville du colonisé, on marche les uns sur les autres. C’est une ville où on naît n’importe comment et où on meurt de n’importe quoi.

Dans la lecture de Fanon, la ville de l’oppresseur est une ville organisée et la ville de l’opprimé est une ville que le colonisé lui-même ne peut décrire.

Ceci est en relation avec Peau noire, masques blancs. Fanon avait 25 ans.

Il lit un livre d’Octave Mannoni, Psychologie de la colonisation (1951), et en fait une lecture extrêmement critique.

Il y avait d’écrit, dans ce livre d’un intellectuel reconnu comme un grand intellectuel en France que : « un peuple ne peut pas être colonisé s’il n’a pas le désir d’être colonisé ». Ce livre a été écrit à Madagascar par un homme, fonctionnaire du gouvernement français.

Mannoni parle des Malgaches de façon savante et Fanon répond : « le Malgache n’existe plus. »

Alice Cherki, biographe de Frantz Fanon, explique et complète la phrase : « Le Malgache n’existe plus sans le blanc ». Cela signifie que si un blanc imagine un autre qui a de l’importance, il pense automatiquement à un blanc. Et à Madagascar, à cette époque, si un Malgache pense à un autre, il pense aussi, forcément à un blanc.

Car, finalement, le blanc est un homme qui prétend représenter l’ensemble d’une population alors que lui-même, lorsqu’il pense à un autre ne pense qu’à une partie. C’est une construction culturellement perverse.

Espaces Marx, 6 av Mathurin Moreau 75167 Paris Cedex 19 | T: +33 (0)1 42 17 45 10 | F: +33 (0)1 45 35 92 04 | Mentions légales | Rédaction | Plan du site | Contact Suivre la vie du site RSS 2.0