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Présentation d’Espaces Marx, à l’occasion de son dixième anniversaire (also english version)

vendredi 24 février 2006, par Lucien Degoy

L’horizon prospectif d’Espaces Marx

Click here for the English version : 10 years Espaces Marx

Si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer ! Créée il y a dix ans, à l’initiative du Parti communiste dans les suites du mouvement social de 1995, Espaces Marx s’est vite fait une place dans le paysage théorique de notre pays. C’est que, sans
prétendre au monopole, l’association est devenue un lieu de rencontre, un laboratoire d’idées neuves et de confrontations, ouvert à des courants distincts de pensée et d’expériences de la transformation sociale, un instrument de travail disponible, collectif, se tenant à distance autant que possible des logiques ou des temporalités partisanes.

La rencontre qui s’est déroulée vendredi dernier durant quelques heures à Paris dans une salle archicomble fut à cet égard symptomatique. Elle a permis de mesurer le chemin parcouru en une décennie - ce n’était pas l’objectif principal -, et surtout d’évaluer l’état des lieux, de le discuter, d’effectuer ce tour d’horizon prospectif entre gens qui parlent tous le langage de l’émancipation humaine, parfois très différemment, et parfois même, comme le fit remarquer
Michèle Riot Sarcey, lorsqu’ils doutent (dans la lignée des travaux de Michel Foucault) de la validité d’un tel projet. Mais, par-delà la multiplicité des approches et les divergences plus ou moins conciliables des opinions, il y a aussi et toujours des objectifs et des tâches que l’on partage. C’est peut-être ce qui fait la sérénité très particulière des activités d’Espaces Marx : la conviction qu’exprimait Francette Lazard - conviction forte parce qu’issue d’une rupture sans détours et sans retour avec la longue période du marxisme monolithique, que l’avancée commune naît obligatoirement de la confrontation franche, confiante dans la seule force d’une issue « qui invente en marchant ».

Vendredi, donc, à partir des introductions de Patrice Cohen Seat et d’Élisabeth Gauthier sur l’évolution de l’association, ses activités, ses perspectives, de Roger Martelli, sur la mise en débat des figures possibles du communisme (qui
donnera lieu à un colloque international en mai), entrecoupées de substantielles périodes d’échanges, on a déroulé le fil rouge d’une démocratie très concrète. Une démocratie « participative », riche à la fois de savoirs et d’arguments, porteuse d’exigences de radicalité théorique et sociale : qu’il s’agisse par exemple d’évaluer l’impact de la « révolution conservatrice » et de thèmes idéologiques qui ont scandé durant la décennie les transformations du capitalisme, du « chacun pour soi » à l’éloge du communautarisme, ou au « 
choc » inéluctable des « civilisations ». Ou qu’il s’agisse d’évaluer, à l’inverse, l’impact des résistances dans les sociétés et des concepts qui les portent : altermondialisme, migrations, prises en compte des générations futures,
de l’avenir planétaire... Impossible ici de développer chacun des thèmes abordés par une trentaine d’intervenants : intellectuels, chercheurs, scientifiques, militants politiques de gauche, syndicalistes, acteurs nationaux et étrangers des mouvements altermondialistes.

Il y fut question d’histoire, de nécessité de réfléchir à la « longue durée » et au « rétrospectif » à côté du « prospectif » avec Serge Wolikow, de philosophie, de sciences sociales, d’environnement et d’écologie politique avec Bernard Guibert, des Verts, de développement durable et d’alternatives non
marchandes avec Sylvie Mayer, de défense de la culture avec Claude Michel, du sujet et de l’individu avec Bernard Doray, de féminisme, de géopolitique, d’antilibéralisme avec Yves Salesse, Denis Berger ou Pierre Cours Salies. On retiendra, parmi d’autres, la volonté exposée par Anne Jollet de conjuguer davantage les recherches d’universitaires isolés parfois éloignés de l’engagement social et la diffusion des savoirs pour un large public, souvent militant. Élisabeth Gauthier mit l’accent sur les problèmes de croissance et
d’initiative internationale de l’association et du réseau Transform ! Roger Martelli traça en fin de journée les grands axes du chantier qui s’ouvre sur l’avenir du communisme dans le mouvement planétaire critique de l’ordre social.
Une tâche pluraliste, pas un programme !

Lucien Degoy

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