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Intervention d’ouverture par Serge Guichard

lundi 24 septembre 2007, par Serge Guichard

En ouverture au débat, Serge Guichard (France) Coordinateur du réseau Frantz Fanon, a d’abord remercié les intervenants.... Aminata Traoré ( Mali ) Essayiste et ancienne ministre malienne. Monique Crinon ( France ) Cedetim-Ipam. P K Murthy ( Inde ), Syndicaliste, membre du secrétariat du FSM. Bernard Doray, ( France) psychiatre auteur de La Dignité. Sébastien Jahan, ( France ) Historien, de la revue Cahiers d’Histoire (revue d’histoire critique). Kaïssa Titous (France), du Forum Social des Quartiers Populaires. Remerciements pour leur présence dans la salle à Yves Manville et Moustapha Gueye du Cercle Frantz Fanon Samir Amin du Forum des Alternatives.

Pourquoi ce débat ?

Au Forum Social de Nairobi, en Janvier 2007, le Réseau Frantz Fanon s’est constitué comme espace de débat, d’échange, sur l’enjeu des décolonisations-néocolonisations,
Dans l’Appel de Nairobi nous disons, je cite :

« Les soussignés, réunis à Nairobi pour le Forum social mondial 2007, lancent un appel .... à lutter contre les formes actuelles d’enrôlement de sciences telles que la génétique ou la psychologie des comportements, pour couvrir d’un vernis savant les formes actuelles de la ségrégation entre les humains et la construction idéologique de soi-disant hiérarchies naturelles entre les cultures, qui servent l’impérialisme capitaliste d’aujourd’hui.

Ils inscrivent cette lutte dans la résistance à tout ce qui contribue aux apartheids et aux colonisations d’aujourd’hui : urbanisation ségrégative, inégalités et discriminations, arrogance économique et culturelle des « pilleurs » vis à vis des peuples pillés dans les relations internationales.

Ils inscrivent la promotion des dignités au premier rang de leurs actions, projets et espoir.

Contre ce monde où dominent les ségrégations, les discriminations et assignations à résidence, les aliénations, contre les murs qui se construisent à travers la planète, là où des ponts devraient l’être, les soussignés proclament que la construction d’un autre monde, nécessite de contribuer à l’émergence, par différentes voies, de nouvelles subjectivités universalistes. Cette exigence convoque l’ensemble du mouvement altermondialiste en recherche d’alternatives.

Pour les signataires, l’émancipation humaine est affaire de justice, d’égalité, c’est-à-dire de dignité.

La dignité des uns ne peut se concevoir hors la dignité de tous."

Depuis cet appel et nos premières initiatives, l’actualité des décisions gouvernementales, des projets et propos, sont venus en confirmer l’urgence, l’impérieuse nécessité. Fort heureusement des voix de résistances de luttes continuent de se faire entendre, des appels forts comme tout récemment celui de Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant "Contre les murs penser le « Tout-Monde »".

En appelant à faire tomber des murs ils écrivent : « Les murs menacent tout le monde de l’un et l’autre côté de leur obscurité ».

C’est tout le sens de l’Appel de Nairobi lancé par le réseau Frantz Fanon, lors du FSM. Nous y proclamons contre ce système qui après s’être satisfait, à juste titre de la chutte du mur de Berlin, n’a de cesse d’en construire d’autres, entre les USA et le Mexique, entre l’Europe et l’Afrique, et plus encore des murs d’argents, des murs de méfiance et de hiérarchisations symboliques et subjectives.
Contre ces inquiétantes dérives la construction d’un autre monde, nécessite de créer les conditions pour qu’émerge, par différentes voies, de nouvelles subjectivités universalistes. Cette exigence convoque et convoquera tous ceux et celles qui sont en recherche d’alternatives.

L’émancipation humaine est affaire de justice, d’égalité, de relation à l’autre ; c’est-à-dire de dignité.

Cela implique :
- la résistance à tout ce qui contribue aux discriminations, racismes, apartheids et aux néo-colonisations d’aujourd’hui.
- un travail de mémoire et d’avenir dans ce monde où dominent les aliénations et inégalités, les ségrégations, les mépris et stigmatisations, les inégalités, arrogance des pilleurs, replis identitaires....

De fait, depuis quelques années le débat public ne peut éviter ces questions. Le débat est lancé par des filles et fils de colonisés, par des antiracistes, des altermondialistes. Il l’est souvent en réaction obligée aux offensives et contre-offensives de la droite.

Ce fut la loi du 4 février après le rapport du député Bénisti, Puis le thème de la repentance, puis la proposition de test ADN pour le regroupement familial.

Alors plusieurs questions. Qu’est-ce que cela révèle ?
Epiphénomènes, feu de pailles, provocations politiciennes, détournement d’opinion ?

Ou est-ce qu’il se joue des choses plus importantes ?
Nous penchons pour la deuxième hypothèse. Visiblement, il nous faut approfondir.

La droite persiste, insiste, s’acharne. En France et dans divers pays.

Ainsi le credo du refus de la repentance est-il devenu une banalité, reprise par nombre de parlementaires. Ainsi le discours de Sarkozy à Dakar. Ainsi la lettre aux éducateurs. Ainsi, le ministère de l’immigration et de l’identité nationale et la future loi Hortefeux, les annonces comme le test ADN sur les prétendants au regroupement familial. Ainsi les stigmatisations dont la loi sur le foulard.

Ainsi les théorisations politiques sur les déterminations de comportements par les gènes. Ainsi le choc des civilisations.....

Bref, la liste est longue inquiétante, alarmante. Jusqu’à Kouchner qui veut préparer la guerre contre l’Iran. ne sommes nous pas vraiment plongés dans un projet de société.

Donc tentons de décrypter, de comprendre.

Nous avons décidé, aujourd’hui de nous arrêter plus précisément sur ce thème de la repentance. Il nous semble central.

Pourquoi cette obsession de la droite à nous parler du refus de la repentance ? Pourquoi ce refus réitéré de la repentance, et pourquoi la quasi absence de réactions, même si j’en ai cité de fortes, en particulier celle de Chamoiseau et Glissant ?

Qu’en est-il ?

Est-ce d’ailleurs ce qui est demandé ? Qui demande de la repentance ? Bref, que demandons nous, quels enjeux cela révèle-t-il ?

Serge Guichard

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