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Acteurs de la transformation sociale. Présentation des travaux (Rome, novembre 2007)

jeudi 19 mars 2009, par Louis Weber

Ce texte est le tout premier essai de synthèse de diverses interviews réalisées avec des responsables d’organisations (CGT, Crid, Ligue des droits de l’Homme, Ligue de l’enseignement). Des résumés de certaines de ces interviews figurent en annexe

Quels acteurs de la transformation sociale ?

Pourquoi avoir entamé ce travail ?

Au cours des journées de mai 2006 organisées par Espaces Marx et Transform ! (entre autres) à Paris sur le thème « Alternatives, émancipations, communisme », un atelier avait été consacré aux « Acteurs de la transformation sociale ». Compte tenu de l’intérêt du débat qui a eu lieu à cette occasion, il est apparu souhaitable de poursuivre la réflexion à partir d’un travail d’enquête auprès de divers militants et responsables d’associations et de syndicats confrontés à des questions largement communes :

Difficultés pour les organisations qui constituaient le cœur du mouvement ouvrier « traditionnel » (partis de gauche et syndicats) à renouveler leurs militants ;
Difficulté pour elles à incarner le changement et à répondre ainsi aux aspirations des nouvelles générations de militants ;
Par contraste, l’impression largement répandue que les « nouvelles organisations » tiraient mieux leur épingle du jeu.

Nous avons donc décidé d’entamer un cycle de rencontres avec des militants d’horizons divers. Nous en sommes aujourd’hui au stade des premières explorations. Elles ont montré la pertinence du questionnement et l’intérêt de nos interlocuteurs pour ce type de réflexion. Mais nous tenons à préciser que nous ne sommes qu’au tout début de ce travail. Nous avons rencontré une petite dizaine de responsables de syndicats et d’associations engagés dans les luttes actuelles pour le respect des droits fondamentaux, en France et dans le monde. Le texte que nous présentons aujourd’hui doit donc être considéré comme une première ébauche.

Par ailleurs, il ne s’agit pas d’un travail de recherche stricto sensu mais plutôt d’une réflexion partagée entre les militants et dirigeants rencontrés et les initiateurs de cette étude (Michel Duffour et Louis Weber) qui réagissent eux-mêmes d’abord comme militants à l’occasion des entretiens, et non comme observateurs extérieurs.


Les lignes de forces de la réflexion 

1) Depuis une vingtaine d’années, les luttes sociales rassemblent des personnes et des organisations dans des configurations plus complexes qu’auparavant : les coordinations côtoient les syndicats, des organisations portant des revendications très précises, voire ponctuelles, exprimées en termes de « droit à… » (l’éducation, le logement, un revenu décent, un emploi, etc.), se sont développées depuis le milieu des années 1990 et sont à l’initiative dans ces domaines.
Pour illustrer cela : en France en ce moment, il y a à la fois de nombreuses grèves, notamment pour le pouvoir d’achat et pour défendre les systèmes de retraite. Ce sont évidemment les syndicats qui sont à l’initiative. En même temps, des actions plus ponctuelles, pour le logement ou pour défendre les (maigres) droits des immigrés voient des associations à la pointe de la mobilisation. Ces associations ont pour caractéristique commune de porter des revendications très ciblées (le droit au logement par exemple), d’utiliser, plus précisément d’inventer des moyens d’action souvent innovants et de viser des résultats concrets immédiats.

2) La dimension européenne et, depuis dix ans, mondiale est très présente, ce qui renouvelle le contenu de la revendication, mais mobilise aussi des personnes, et notamment des jeunes, qui ne participaient plus ou pas encore aux luttes jusqu’ici. 

3) Parmi ces nouveaux acteurs, certains ont peut-être perdu confiance dans les organisations traditionnelles, voire les contestent. Mais ce n’est pas une règle générale. Beaucoup de ces nouveaux acteurs en sont à leurs premières expériences militantes. Ou alors, n’ont pas milité jusqu’ici et découvrent l’action revendicative à travers l’intérêt trouvé dans les thèmes ou, ce qui va souvent de pair, les formes de la mobilisation.

4) Les réseaux, avec leurs caractéristiques propres, co-existent avec les organisations au sens traditionnel, sans pour autant se réduire à de nouvelles formes de collectifs ou de cartels. Ils associent en effet organisations de tailles très diverses et individus, ce qui induit des modes de fonctionnement très inhabituels, de nouveaux codes, de nouvelles expressions. Les nouvelles technologies de l’information ont joué un grand rôle dans le développement de ce phénomène, tout comme l’aspiration assez générale à la prise en compte des individus et de leurs subjectivités. Mais ce mode de fonctionnement pose aussi la question de la légitimité démocratique, notamment lorsque décident ensemble des individus ne représentant qu’eux-mêmes, des associations aux contours parfois mal définis et des organisations dont les représentants s’expriment au nom de milliers de membres.

5) Etc.

Voici quelques questions, non exhaustives, que nous avons abordées avec nos interlocuteurs. Pour diversifier les expériences militantes, nous avons choisi de retenir ici prioritairement les contributions d’un dirigeant syndical de la CGT (Jean-Christophe Le Duigou), du président de la Ligue française des droits de l’Homme (Jean-Pierre Dubois) et du président d’un important réseau (le Centre de Recherche et d’Information pour le Développement, CRID) d’associations de solidarité (Gus Massiah). Ces organisations ont des histoires et des cultures très différentes. Elles ont cependant en commun la volonté de transformer la société. Sont joints à cette contribution des textes plus complets sur la façon dont leurs organisations répondent aujourd’hui aux aspirations de leurs militant(e)s

À propos des militants et, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, des acteurs impliqués dans les luttes sociales ou les actions de solidarité

Dans la suite, nous utiliserons le terme de militants pour désigner les personnes qui font partie d’une organisation et qui y exercent des fonctions déterminées. Beaucoup de travaux leur ont été consacrés récemment, mettant en général en évidence un processus de « professionnalisation ». Cela désigne le fait que ces militants n’ont souvent plus d’activité sociale autre que le travail pour leur organisation. L’évolution est relevée pour les partis politiques mais aussi, ce qui est nouveau, pour les ONG, où elle co-existe certes avec un important bénévolat. Elle présente l’avantage pour les organisations d’une plus grande disponibilité. Mais l’inconvénient est évidemment que les militants professionnels dépendent totalement de leur organisation et de ses responsables, ce qui transforme profondément le rapport organisations/militants.

À la LDH, les nouveaux militants sont plus à gauche qu’auparavant. Mais leur rapport avec les partis politiques est complexe. Le « déficit de politique » de ces deux ou trois dernières décennies a fait que ces militants que ces militants ont tendance à « importer » au sein de la Ligue les questions auparavant traitées par les partis politiques. Mais la Ligue n’est pas un parti politique et tient beaucoup à la différence, même dans les cas où elle est conduite à prendre position sur des questions relevant de la sphère politique. Cette distinction peut susciter une forme de « frustration du politique » chez certains des nouveaux militants de la Ligue.

Dans les organisations de solidarité (à ne pas confondre avec les associations humanitaires), il y a aussi recomposition au niveau des militants. Les plus anciens aujourd’hui ont souvent quitté l’engagement dans un parti (en général d’extrême gauche) au cours des années 1970. Les nouveaux viennent aujourd’hui très souvent des filières universitaires les plus prestigieuses, comme les grandes écoles en France. Beaucoup s’investissent dans les associations par refus d’une carrière dans les entreprises ou dans les administrations. Ils ont en général pris conscience à travers les luttes sociales. Ils veulent « faire quelque chose ». Pour des raisons évoquées plus loin, le phénomène d’institutionnalisation des ONG se traduit par la professionnalisation des militants. Ce qui n’est pas sans poser problème dans les associations. Parallèlement, les associations mobilisent dans leurs actions beaucoup d’acteurs occasionnels, intermittents en quelque sorte. Ils participent mais ne veulent pas pour autant être « enrôlés » durablement. Ils ne veulent pas « consacrer leur vie à… », tout en étant disponibles pour des actions ponctuelles.

On retrouve certains de ces aspects dans une structure forte comme un syndicat, avec une culture d’organisation ancienne. À la CGT, la génération précédente a été formée, parfois formatée, par les partis politiques, au premier chef le parti communiste. Les nouveaux militants sont sensiblement plus hétérogènes. La contrepartie, c’est que les cadres de référence leur font parfois défaut. Leurs projets, en venant au syndicat, sont plus individuels, plus subjectifs. En un sens, ils n’adhèrent pas à ce qui préexiste, ils construisent leur syndicat à partir d’une prise de conscience qui se produit dans l’entreprise, à partir des problèmes rencontrés là.

Les organisations

De nouvelles formes d’organisation ont émergé depuis 10 ou 15 ans. On connaissait avant les partis et les syndicats d’une part, et des organisations d’autre part agissant dans des secteurs non directement liés à l’activité économique, au rapport salarial et à l’entreprise, comme les droits de l’Homme (LDH), le logement, la consommation, etc. Au cours de la décennie 1980 sont apparus les collectifs pour l’action syndicale, parfois pour suppléer à l’absence de syndicats représentatifs (les infirmières en France dans les années 1980, par exemple), parfois pour les « contourner » ou pour créer des cadres unitaires nouveaux. On a vu ensuite apparaître des formes encore plus lâches comme les coordinations, réunissant organisations et individus. Enfin, en liaison avec les technologies nouvelles mais aussi avec une aspiration assez nouvelle à pouvoir agir sans être obligatoirement « encarté » (« embrigadé » diront certains), on a vu se développer des réseaux et des formes de mobilisation ou d’action (les pétitions par exemple) presque entièrement « virtuels », ce qui ne préjuge pas de leur efficacité, bien au contraire.

C’est dans la mouvance « altermondialiste » que ce phénomène est le plus marquant, en partie pour des raisons liées directement au champ d’action lui-même. Comment en effet délibérer et prendre des décisions dans un réseau continental ou mondial dont on ne peut réunir les membres que très occasionnellement ? Pour ces associations et leurs militants, le champ privilégié de la transformation sociale n’est plus, comme pour les syndicats ou la plupart des partis politiques de gauche, le terrain économique (l’entreprise) ou le terrain politique (l’État et son administration). Sont en revanche valorisées les associations elles-mêmes (au sens très général de ce mot : des individus qui font société (ce qui inclut d’ailleurs les syndicats et même les partis politiques) et les collectivités locales (qui ne sont pas des appareils décentralisés des Etats mais dont les élus font le lien entre un territoire et sa population dans le cadre de plus en plus ouvert de la mondialisation).

Le développement même du mouvement associatif de lutte engendre deux types de problèmes : celui de l’efficacité et celui de la durée. Comment être efficace à la bonne échelle (éliminer la pauvreté et ne pas seulement aider les pauvres) ? Comment « durer » alors que le militantisme lui-même est parfois intermittent, comme on l’a vu ? Les réponses données peuvent conduire à des dérives. Le « modèle » de l’efficacité étant l’entreprise et la recherche du rendement, les associations sont tentées d’en copier le fonctionnement (hiérarchie, salariat, c’est-à-dire professionnalisations des militants, comme on l’a vu plus haut, etc.). Le modèle de la durée étant l’institution, l’association a tendance à s’en inspirer (bureaucratie, etc.)

Dans les organisations structurées de longue date, le problème est en un sens inverse. A la CGT on cherche ainsi à répondre aux aspirations des nouveaux adhérents par un travail sur les structures qui fait paradoxalement redécouvrir des pratiques plus anciennes : le fédéralisme au lieu du centralisme, la délibération collective en assemblée générale des salariés, etc. Cette évolution remet en cause aussi une vision de la transformation sociale qui a longtemps été dominante à gauche et qui privilégie le rôle de l’État. Il y a prise de conscience du fait que qu’on ne peut se contenter de lutter contre le libéralisme par le seul recours à l’État (ce qui fait, là encore, renouer avec une conviction ancienne du mouvement ouvrier, un peu oubliée, en France tout au moins, pendant la période où les partis ont exercé leur hégémonie sur les syndicats, qu’ils soient d’ailleurs réformistes ou révolutionnaires !). D’où les recherches et réflexions au sein du mouvement syndical pour mieux conjuguer l’apport de la puissance publique et des outils qu’elle donne avec celui du mouvement social et de l’intervention des salariés.

Tout en étant moins présente, par nature, sur le terrain économique, une organisation comme la Ligue des droits de l’Homme met elle aussi l’accent sur la capacité d’initiative de ses structures décentralisées.

Cette évolution commune traduit la volonté de répondre, dans des contextes par ailleurs divers, à ce qui est perçu simultanément comme une stratégie mieux adaptée au paysage nouveau créé par la mondialisation et aux aspirations nouvelles des individus telles qu’on a pu les voir apparaître depuis une vingtaine d’années (qui sont d’ailleurs pour une part une des dimensions de la mondialisation). On peut d’ailleurs noter comme une constante chez nos interlocuteurs la conviction qu’une des forces des libéraux est d’avoir su mieux répondre jusqu’ici à ces aspirations, quand ils ne les ont pas suscitées.

Le néolibéralisme a en effet encouragé, à partir des années 1980, l’individualisme sous toutes ses formes. Mais si l’individualisme a des aspects négatifs du fait de la perte des repères que donnait le sens du collectif, il ne faut pas en sous-estimer les aspects positifs, en tout cas perçus comme positifs par des individus aujourd’hui mieux formés, plus rompus à l’esprit critique, mieux à même de ce fait de comprendre le monde de façon autonome. Beaucoup de recherches, menées par des chercheurs pas tous libéraux, loin de là, mettent bien en évidence cette ambiguïté, qui est dans les termes mêmes que l’on utilise (il y a en effet quelque chose de contradictoire dans l’usage du terme même de libéralisme, qui renvoie à une valeur éminemment progressiste, la liberté) a sans doute été trop longtemps ignorée.

Développement des organisations, campagnes de recrutement et formation

Une des caractéristiques des organisations qui ont émergé dans le champ social depuis une dizaine d’années est de tirer leur efficacité non pas du nombre de leurs adhérents – elles ne sont pas ce qu’on a appelé des organisations de masse – mais de la résonance dans l’opinion de leurs thèmes revendicatifs (très ciblés mais relevant tous de l’action pour l’égalité des droits et l’accès de tous à ces droits, pour résumer), des formes de la mobilisation, du recours systématique au soutien médiatique. Elles ne cherchent donc pas nécessairement à attirer des adhérents et des militants. Elles ont parfois même l’attitude inverse en distinguant fondateurs (en nombre limité), adhérents, soutiens, donateurs, etc.). Leur problème est souvent de dépasser la contradiction qui peut exister entre ce qui fait réagir à une situation d’urgence (installer des tentes dans les rues pour obtenir le relogement de personnes sans logement, par exemple) et la nécessité d’une action durable, attaquant le problème à la source en quelque sorte.

Il en est autrement, par exemple, des syndicats ou des partis politiques. Ils éprouvent en général de grandes difficultés à recruter de nouveaux membres et à les fidéliser. L’objet de cette communication n’est pas de tenter d’analyser les raisons complexes de cette situation, que l’on peut faire remonter à une trentaine d’années (discrédit du politique, alternances entre droite et gauche au gouvernement, sans que cela conduise à de véritables alternatives, encore moins à la transformation sociale, etc.)

Une des réponses est dans l’organisation de campagnes de recrutement. En France, la CFDT a eu recours à de véritables professionnels, les développeurs, en utilisant d’ailleurs certains critères de la gestion des entreprises (gestion par objectifs, rémunération aux résultas, etc.) Cette pratique est courante dans le syndicalisme européen. La CGT a opté pour une voie plus « militante », en créant cependant en son sein des collectifs spécialisés dans cette tâche. Le résultat est cependant bien en deçà des espoirs. Malgré les moyens mis en œuvre, les effectifs n’ont guère progressé. D’où une réflexion plus nouvelle, conduite avec des institutions spécialisées. Il apparaît en effet qu’une partie du problème vient de la distorsion entre la volonté de représenter l’ensemble du salariat et la zone d’influence réelle du mouvement syndical. Pour la CGT, elle est de 20% du salariat seulement (grandes entreprises, administrations publiques, principalement). Un secteur comme le commerce, qui compte presque le tiers des salariés du pays, est nettement sous-représenté dans le syndicat. S’y ajoutent des « déficits » anciens chez les jeunes, les femmes et les personnes issues de l’immigration. En même temps, les études d’opinion menées par la CGT montrent une confiance dans la capacité des syndicats à changer les choses plutôt en hausse depuis quinze ans (contrairement aux partis politiques de gauche). Le syndicat semble même apparaître comme un « dernier rempart ».

Plutôt que de redoubler d’efforts de syndicalisation dans les secteurs traditionnels, où le rendement marginal se révèle très faible, la CGT a donc opté pour une politique de « redéploiement ». Elle se traduit par des changements substantiels dans la « gouvernance » (y compris la répartition interne des moyens financiers), une réflexion sur les structures (des syndicats territoriaux à côté des syndicats d’entreprises) et un projet de journal commun à tous les adhérents de la confédération. Dans la même optique, les stages de formation sont en cours de révision. La demande est forte pour les outils de l’activité syndicale, à usage immédiat en quelque sorte. Mais, comme pour les associations, le problème est ici de trouver la bonne articulation entre la pérennité de l’organisation (et donc une formation de base large, notamment dans le domaine économique et social) et ce qui est immédiatement utilisable pour des formes plus spontanées et plus éphémères de l’action revendicative.

Une organisation comme la LDH se situe un peu à mi-chemin entre les cas précédents : sans être nombreuse en adhérents – elle en a 7 000 – elle a cependant une culture d’organisation très ancienne. Elle est engagée dans une campagne de recrutement qui a « bénéficié » de l’émotion soulevée par l’élection récente de Nicolas Sarkozy (600 adhérents supplémentaires en trois mois, soit un gain de près de 10%). Le problème est donc de dépasser ce que cette motivation peut avoir de fragile dans la durée. D’où l’attention portée à la construction de nouveaux repères (« penser » les droits de l’Homme dans ce nouveau contexte). La LDH organise donc pour les nouveaux adhérents (et les anciens bien entendu) une campagne de débats où l’objectif premier est de traiter des questions nouvelles (l’économie de marché et les droits de l’Homme par exemple) et celles qui motivent principalement les nouveaux adhérents (les questions sociales, l’environnement). Ce qui est conçu aussi comme une façon de les intégrer de façon active au sein de l’organisation et, par conséquent, de les fidéliser.

En guise de conclusion (très provisoire)

Nous avons essayé pour l’instant de repérer quelques-unes des questions qui se posent aux organisations attachées à la transformation sociale pour se développer, élargir leur zone d’influence, attirer et retenir de nouveaux membres. Ce qui conduit bien entendu à tenter d’analyser, pour en tenir compte, les aspirations des ces nouveaux acteurs sociaux.

Dans cette contribution, nous avons privilégié trois types d’associations (au sens le plus général de ce terme : des citoyens qui se mettent ensemble pour agir) : les syndicats, les associations citoyennes anciennes, c’est-à-dire ayant une culture d’organisation fortement ancrée, les associations « nouvelles » apparues depuis une quinzaine d’années, notamment mais pas seulement avec la mondialisation. Cette typologie n’a aucune prétention scientifique. Nous avons seulement voulu donner un aperçu de la diversité des situations, en même temps que de nombreux traits communs, qui, nous l’espérons, peuvent susciter la réflexion et constituer un apport à une meilleure compréhension de ce que sont aujourd’hui les acteurs porteurs de la volonté de transformation sociale.

Nous allons continuer ce travail avec le souci de rencontrer le plus grand nombre possible de ces acteurs. Nous souhaitons aussi approfondir la réflexion sur des aspects peu abordés ici, notamment la force du vocabulaire, en grande partie imposé par l’hégémonie libérale (et symptôme de sa capacité de pénétration). Le vocabulaire traduit les évolutions dans le mouvement social et les représentations des acteurs. Mais changer de vocabulaire n’est pas simplement changer les « mots pour le dire », cela a aussi des effets en retour sur les acteurs et leur vision du réel. Il sera intéressant de ce point de vue de chercher à mieux comprendre, ce qu’il y a derrière des couples présentés comme antagonistes par les uns, comme interchangeables par les autres : altermondialisme et internationalisme ; (anti)capitalisme et (anti)libéralisme ; transformation sociale et (ou ?) révolution, etc.

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Interviews d’acteurs
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