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Mouvement social, résistances, engagement, transformation sociale, politique : quoi de neuf ?

mercredi 4 novembre 2009, par Louis Weber

La difficulté de recruter de nouveaux militants est largement partagée par les organisations les plus diverses : politiques, syndicales, « de la société civile ». Des syndicats comme la CGT ou la FSU en font des sujets d’études pour leurs congrès, le Parti communiste a créé une structure ad hoc pour en parler et tenter de trouver des remèdes, etc.

Les questions posées sont largement communes, au-delà des spécificités, réelles, des organisations au regard de leur nature, de leur histoire, de leur engagement plus ou moins déterminé dans le mouvement social. Toutes réfléchissent à leurs difficultés à renouveler leurs militants, à incarner le changement et à répondre ainsi aux aspirations des nouvelles générations de militants. Parallèlement, l’impression est largement répandue que des organisations apparues plus récemment, notamment après les grands mouvements sociaux de 1995 ou de 2003, tiraient mieux leur épingle du jeu.

Dans une première phase, Espaces Marx a entamé un cycle de rencontres avec des militants d’horizons divers (syndicaux, politiques, associatifs, de tradition marxiste ou non). Ces premières explorations ont montré la pertinence du questionnement et l’intérêt pour ce type de réflexion. À ce stade, il ne s’agissait pas d’un travail de recherche stricto sensu mais plutôt d’une réflexion partagée entre les militants et dirigeants rencontrés et les initiateurs de cette étude, eux-mêmes militants et non pas observateurs extérieurs, encore moins chercheurs « professionnels ».

Quelques observations très provisoires ont fait l’objet d’une publication sur le site d’Espaces Marx et, sous une forme abrégée, dans la revue Transform ! :

1) Depuis une vingtaine d’années, les luttes sociales rassemblent des personnes et des organisations dans des configurations plus complexes qu’auparavant : les coordinations côtoient les syndicats, des organisations portant des revendications très précises, voire ponctuelles, exprimées en termes de « droit à… » (l’éducation, le logement, un revenu décent, un emploi, etc.), se sont développées depuis le milieu des années 1990 et sont à l’initiative dans ces domaines, inventant souvent des moyens d’action innovants et recherchant des résultats concrets immédiats.

2) Parmi ces acteurs, certains ont peut-être perdu confiance dans les organisations traditionnelles, voire les contestent. Mais ce n’est pas une règle générale. Beaucoup de ces acteurs en sont à leurs premières expériences militantes. Ou alors, n’ont pas milité jusqu’ici et découvrent l’action revendicative à travers l’intérêt trouvé dans les thèmes ou, ce qui va souvent de pair, les formes de la mobilisation. Les luttes récentes à l’université ou dans la santé ont illustré cela, avec notamment l’apparition de nouvelles générations qui se sont forgé une grande expérience dans les actions contre le CPE il y a trois ans, contre la LRU en 2007, dans les universités et la recherche en 2009...

3) Les réseaux, avec leurs caractéristiques propres, associent organisations de taille très diverse et individus, ce qui produit des modes de fonctionnement très inhabituels, de nouveaux codes, de nouvelles expressions. Les nouvelles technologies de l’information ont joué un grand rôle dans le développement de ce phénomène, tout comme l’aspiration assez générale à la prise en compte des individus et de leurs subjectivités.

Objectifs du séminaire et modalités de fonctionnement

Espaces Marx n’est ni une société savante, ni un institut universitaire. Mais il a une spécificité forte : celle de vouloir travailler en étroite liaison avec d’autres organisations (partis, syndicats ou associations) pour confronter les expériences militantes, diffuser des connaissances et contribuer à en élaborer de nouvelles.

Deux écueils doivent cependant être évités :

- entreprendre une réflexion sur un sujet comme celui qui est proposé ici sans tenir compte des savoirs accumulés par la recherche. À en juger par le nombre de publications, les travaux dans ce domaine se sont multipliés depuis quelques années, dans différents secteurs de la recherche, la science politique, la sociologie et l’histoire notamment.

- ne pas tenir suffisamment compte du lien avec le mouvement social, c’est-à-dire travailler en négligeant les attentes et les besoins exprimés par nos partenaires, même s’il est bien clair que ces attentes et ces besoins doivent eux-mêmes être (re)visités et questionnés.

Pour éviter le premier de ces écueils, il est indispensable d’adjoindre au groupe des chercheurs confirmés dans le domaine étudié, d’une part, et d’autre part de prévoir dans un premier temps une « mise à niveau » des participants au séminaire (par exemple sous la forme d’une synthèse des travaux qui existent).

Pour éviter le plus possible le deuxième écueil, il faut rechercher la participation régulière et/où occasionnelle de personnes réfléchissant à ces questions dans les organisations du mouvement social.

À partir de là, les modalités de travail seront les suivantes :

1) Constituer un groupe le plus stable possible de « permanents » du séminaire, c’est-à-dire de personnes participant (ou essayant de participer) à la totalité des travaux. Ce groupe assurerait l’animation mais aussi la « mémoire » du projet, pour permettre une réelle « accumulation » (nous connaissons tous la tendance, quand les membres d’un groupe changent trop souvent, à répéter inlassablement les mêmes discussions).

2) Faire des séances « ouvertes », c’est-à-dire inviter à chacune d’entre elles toutes les personnes intéressées par le sujet du jour, sans être nécessairement des participants réguliers.

3) Commencer le travail par une ou deux séances sur l’état des lieux, côté recherche et côté réflexion au sein des organisations.

Poursuivre tout au long de l’année, avec des séances régulières, qui peuvent être des auditions de personnes ressources, des séances de réflexion sous la « conduite » d’un-e chercheur-e, des discussions avec d’autres groupes, etc.

5) Produire aussi souvent que possible des articles et documents sur les travaux du séminaire, destinés notamment aux organisations qui se montreraient intéressées par notre travail.

Esquisse d’un calendrier

La première séance est prévue le 26 novembre 2009, de 17 heures 30 à 19 heures 30. Elle sera consacrée à un exposé sur l’état actuel des travaux de recherche sur le militantisme.

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