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Remarques finales à la réunion du 13 octobre 2005

lundi 20 mars 2006, par Roger Martelli

Partons de l’idée que nous sommes un groupe pluraliste. Constitué à partir d’une initiative de la direction du PCF (une demande de Marie-George Buffet), mais résolument pluraliste, dont la composante communiste n’est donc pas unique, ni même dominante.

Dès l’instant où nous sommes pluralistes, peut-être serait-il bon que nous nous attachions ensemble, au-delà de la courte lettre d’invitation, sur ce qui serait une sorte de cahier des charges de notre future association. Ce cahier des charges préciserait ce que nous voulons faire ensemble. Dans le projet de lettre existant, ce qui est énoncé c’est la volonté de discuter à la fois de l’alternative et du communisme. Ce qui nous passionne toutes et tous, c’est de discuter ensemble, non pas d’un programme (on peut le faire dans d’autres lieux...) mais de quelques questions. Peut-on « dépasser » le capitalisme (ou tout autre terme pour dire que, à l’issue du processus, il n’y a plus de capitalisme et en tout cas pas dominant...), après tant d’années où l’on nous a expliqué que l’histoire était finie et que le capital était l’horizon indépassable de l’humanité ? Ajoutons : peut-on dépasser le capitalisme sans lutter, en même temps, contre l’exploitation, contre l’oppression, contre la domination, contre l’aliénation ? Si l’on veut « dépasser » (ou « abolir », ou ce que l’on voudra...), comment fait-on ? Quels mots utilise-t-on pour penser cela ? Et, en particulier, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui de ceux du communisme historique ?

À partir de ce cahier des charges très général, nous pourrions essayer de définir ensemble un ensemble d’activités de travail, qui pourront prendre des formes différentes, individuelles ou collectives, restreintes ou publiques : des textes à faire circuler (nous chercherons à dire comment...), des réunions réduites, des moments publics, une apogée provisoire au printemps.

D’ores et déjà, au moins trois types de travaux seraient envisagés :

1. Ce qui tourne au bilan critique du passé. C’est à la fois nécessaire et redoutable. Pas si facile à organiser...

2. La capacité à traiter de notre ambition générale en répondant à des questions plus précises. Selon les cas, ces questions peuvent être des questions du capital (en s’interrogeant sur la manière dont le capitalisme essaie de s’adapter lui-même aux mutations qu’il a lui-même soutenues et qui avivent souvent ses contradictions : par exemple l’individuation, ou le contraste entre caractère social de l’activité économique et appropriation privée et rentabilité financière). Ou bien, ce peut être des questions telles qu’elles se posent dans le mouvement même qui conteste les choix du capital, le mouvement « social » et/ou « altermondialiste ». C’est autour de ces questions, dont nous pourrions essayer de faire l’inventaire que se vérifiera la pertinence et le réalisme des problématiques de « l’alternative ».

3. Enfin, nous ne ferons sans doute pas l’économie des essais généraux de réponse. Les uns et les autres, nous ne partons pas des mêmes cultures pour penser la transformation sociale, l’alternative, les ruptures nécessaires. Si nous nous enfermions dans un simple débat idéologique, nous n’avancerions pas : nous risquerions de figer les différences au lieu de travailler la mise en commun. Mais si nous ignorons ces différences, si nous n’en parlons pas entre nous, entre gens différents mais soucieux d’avancer ensemble, alors le non-dit pourrait finir par nourrir l’incompréhension, la méfiance et, au bout du compte, l’échec. Sans en faire le cœur de notre travail, l’effort de formalisation culturelle ne peut pas être ignoré. Tout au moins, dans ma manière de me représenter les choses.

Disons qu’il serait raisonnable de nous revoir, dès le mois de novembre (le 8 novembre à 17 heures a été retenu), pour penser concrètement la réunion publique de lancement, prévue en décembre. Pour préparer cette réunion publique, nous serons en effet obligés de formaliser ensemble notre projet commun. Quitte à l’ajuster au fur et à mesure de notre propre avancée.

Roger Martelli

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