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Intervention introductive de Lilian Mathieu

mercredi 16 décembre 2009

Louis Weber

Ce séminaire est une activité nouvelle d’Espaces Marx, sous cette forme institutionnalisée. En même temps, elle prend la suite de réflexions plus informelles conduites au cours des deux dernières années. La version finale du thème, le « mouvement social, résistances, engagement, transformation sociale, politique : quoi de neuf ? », montre par son libellé même qu’il a fallu tenir compte de beaucoup de propositions. Ce qui est d’ailleurs positif. À partir du projet initial, qui était simplement une réflexion sur les acteurs de la transformation sociale, nous nous sommes rendus compte qu’on ne pouvait pas isoler cela d’un certain nombre de changements dans la société. C’est sur cet ensemble que nous vous proposons de travailler, au moins pour cette année. Nous verrons après comment continuer, sous quelle forme, à quelle fréquence, avec quels intervenants, en espérant que d’autres personnes se joindront à nous,.

Au départ nous sommes partis d’un fait : les militants d’aujourd’hui ne sont plus tout à fait les mêmes que ceux d’il y a vingt ou trente ans. En même temps, pour diverses raisons – et parmi elles l’abus de la référence aux nouveaux, à travers par exemple les nouveaux philosophes, dont les plus anciens d’entre nous se souviennent – nous évitons de parler de « nouveaux militants ». Ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes pas conscients du fait que beaucoup de choses ont changé, à la fois dans les besoins des organisations, dans leurs activités, mais aussi dans les aspirations des jeunes, et des moins jeunes d’ailleurs, qui adhèrent aujourd’hui aux organisations dont Espaces Marx se sent proche. Sans nous restreindre à la question de la gauche antilibérale, c’est tout de même un peu de cela qu’il s’agit, que ce soit la gauche proprement politique ou bien la gauche associative. Nous comptons donc par la suite faire intervenir non pas seulement des militants politiques mais aussi des militants associatifs ou syndicaux.

Alors, pour lancer le séminaire, nous avons sollicité Lilian Mathieu pour faire, non pas – ce qui serait probablement impossible – un point exhaustif de ce qui se dit, s’écrit et se réfléchit sur les militants, mais pour nous dire où en est aujourd’hui la réflexion sur ces questions dans la sphère de la recherche. À regarder les publications et les bibliographies qui leur sont attachées, on constate qu’il y a aujourd’hui de très nombreuses équipes de scientifiques, plus ou moins proches d’ailleurs de nos idées, qui travaillent sur ces questions. Elles ont aussi un écho certain dans les revues, et même dans la presse. Je suis frappé par exemple par le fait qu’un mensuel comme Regards consacre régulièrement plusieurs pages à ces militants d’un type nouveau, pour ne pas dire ces « nouveaux » militants pour les raisons que j’ai expliquées précédemment.

Lilian Mathieu

Ce qui m’a été demandé c’est de faire un panorama de la recherche sur les mouvements sociaux en France – ce qui n’est pas exactement la même chose qu’un panorama sur les mouvements sociaux en France. On perçoit d’emblée la différence, même si on voit bien aussi que les deux sont liés. C’est parce qu’il y a eu un regain de contestation sociale depuis, on va dire, une vingtaine d’années dans notre pays que des sociologues, des politistes, des chercheurs en sciences sociales, s’y sont intéressés, ont produit des analyses. Il n’empêche que la recherche scientifique a aussi sa logique propre, qui n’est pas directement calée sur le rythme des protestations. Je parlerai donc un peu de mouvements récents mais surtout des recherches qui ont été produites sur eux et de la manière dont les chercheurs les ont conduites.

Mon exposé est divisé en trois parties :

1) Les conditions du renouveau de l’analyse des mouvements sociaux à partir du milieu des années 1990 en France.

2) Un point sur un des axes de ce renouveau qui est l’étude des profils militants.

3) Un point sur un autre de ces axes, qui est la manière dont, en sciences sociales, on conçoit ce qui relève des mouvements sociaux par rapport à d’autres domaines d’activité, notamment le champ syndical et le champ politique, bref ce qu’on pourrait appeler des formes plus institutionnalisées de participation.

1) Pour tracer un cadre historique : où en est-on aujourd’hui en matière d’analyse des mouvements sociaux ?

On peut noter un renouveau de la recherche française sur les mouvements sociaux à partir du milieu des années 1990. Cela tient bien évidemment au fait même que des mouvements sociaux apparaissent à la même époque, à partir de la fin des années 1980. 1989, c’est la fondation d’Act-Up, par exemple, un mouvement qui va être assez marquant dans le renouveau des luttes. Il y eut ensuite la création de Droit au logement (DAL), d’Agir ensemble contre le chômage (AC !), des Marches européennes contre le chômage, des mouvements des chômeurs, etc. Le mouvement de novembre-décembre 1995 fut lui aussi un grand moment, auquel on peut ajouter le regain de combativité des luttes féministes avec la manifestation nationale de novembre 1995 ou encore les luttes contre le sida, qui ont impulsé un retour de la question homosexuelle. De nouvelles luttes apparaissent, donc, qui témoignent d’un retour de la question sociale, j’y reviendrai dans un instant car c’est une caractéristique assez forte, avec les luttes autour de la précarité, sur le logement, le chômage, les services publics, etc.

Ces luttes vont être étudiées par une nouvelle génération de chercheurs, à partir du milieu des années 1990. Il ne s’agit pas seulement d’une question démographique mais aussi de localisation institutionnelle : ces chercheurs viennent davantage de la science politique que de la sociologie. Pourquoi ce phénomène, alors que les mouvements sociaux font partie des thèmes anciens de la sociologie ? Parce que la recherche sur les mouvements sociaux, dans cette discipline particulière qu’est la sociologie, s’est bloquée au début des années 1990 parce qu’elle est dominée par un courant théorique particulier, le courant des « nouveaux mouvements sociaux », un courant d’analyse qui s’est développé dans les années 1970 et 1980 et qui est représenté spécialement en France par Alain Touraine.

Par quoi peut-on le caractériser ? La théorie des « nouveaux mouvements sociaux » postule que les mobilisations apparues dans les années qui suivent mai 68 – plus spécialement le régionalisme, les luttes féministes et homosexuelles, sur les questions d’environnement, etc. – sont en rupture avec les mouvements précédents, et plus spécialement avec le mouvement ouvrier. Ils sont dits « nouveaux », lorsqu’ils apparaissent dans les années 1970, parce qu’ils annonceraient un nouvel âge de la contestation. Aux yeux des tenants de ce courant, autant le mouvement ouvrier se serait concentré sur des revendications d’ordre économique, matérialiste, autant ces dits « nouveaux mouvements sociaux » se focaliseraient sur des luttes post-matérialistes, s’intéressant davantage à la qualité de vie, aux identités, homosexuelle, régionale, etc..

Cette approche des mouvements sociaux a été sévèrement critiquée, et il y avait de bonnes raisons pour le faire, parce qu’elle disqualifie et invisibilise tout ce qui relève des luttes sociales, des luttes du monde du travail, qu’elle tend à ringardiser en les renvoyant du côté du dépassé et du révolu. Ce faisant, ce courant commet une grave erreur de lecture : les luttes « matérialistes » n’ont pas du tout été supplantées par des luttes « post-matérialistes », bien au contraire. Elles font même un retour en force avec la précarisation de la société dans les années 1980-1990.

On peut également critiquer la distinction entre ce qui relèverait du « matérialisme » et ce qui relèverait du « post-matérialisme », c’est-à-dire des identités, de la qualité de vie, etc. Revendiquer une augmentation de salaire, ce n’est pas simplement une revendication économique. C’est aussi une revendication de dignité et de reconnaissance sociale. Il y a des enjeux proprement identitaires dans le fait de demander à être mieux payé que ce que l’on est. Ce n’est pas simplement un enjeu strictement matériel intéressé. Il y a donc une dévalorisation normative des revendications matérialistes dans ce distinguo, dans le même temps qu’il est erroné de prétendre distinguer des revendications matérialistes d’autres qui seraient davantage identitaires : de fait, les deux sont indissociables.

Le problème est que les tenants du courant des « nouveaux mouvements sociaux », et spécialement en France Alain Touraine, dominent la recherche en sociologie sur les mouvements sociaux. Ce n’est donc pas de cette discipline que va souffler un nouveau souffle de la recherche sur ce type d’objet... C’est en science politique que les chercheurs vont trouver les moyens de renouveler la réflexion, de contourner l’emprise de l’approche des « nouveaux mouvements sociaux », qui sont d’ailleurs de moins en moins « nouveaux » au fur et à mesure que le temps passe – à supposer même qu’ils aient été « nouveaux » au moment où ils sont apparus. Dater l’émergence du féminisme des années 1970, par exemple, c’est faire une drôle de lecture de l’histoire puisqu’on trouve des mobilisations que l’on peut à bon droit considérer comme féministes dès les xviiie et xixe siècles.

Le contournement du modèle des « nouveaux mouvements sociaux » va émerger davantage de la science politique, autour d’un certain nombre de chercheurs importants, comme François Chazel [1] ou Michel Dobry [2], qui vont jouer un rôle de passeurs d’autres approches théoriques, essentiellement américaines. Autant le modèle des « nouveaux mouvements sociaux » est celui d’une école européenne, autant ce qui va permettre de redonner un souffle à l’étude des mobilisations viendra de l’importation de modèles américains, et plus spécialement d’un courant de recherche couramment désigné comme celui de « la mobilisation des ressources ». Ce courant est relativement ancien, il date des années 1960-1970. Là aussi, ce n’est pas un hasard : les chercheurs américains se sont intéressés aux mouvements sociaux à cette époque-là parce qu’il y avait floraison de protestations à l’époque. Les années 1960 sont marquées par le mouvement pour les droits civiques, la contestation de la guerre au Vietnam, le regain du féminisme, etc. La plupart des auteurs qui ont forgé ce modèle de la « mobilisation des ressources » étaient eux-mêmes partie prenante de ces mouvements. Cette approche théorique qui s’est développée concrètement aux États-Unis dans les années 1970 va mettre une quinzaine, une vingtaine d’années à franchir l’Atlantique. Disant cela, je schématise un peu car il n’a pas fallu attendre les années 1990 pour que des traductions rendent certains de ces travaux accessibles en France. Mais les approches tourainiennes ont tout de même restées dominantes en France jusqu’aux années 1990.

Comment caractériser ce qui fait la spécificité de cette approche dite de la « mobilisation des ressources » ? C’est, d’abord, l’attention portée aux conditions matérielles de la protestation. L’approche d’Alain Touraine est, par contraste, une approche de surplomb, qui prétend révéler aux militants le sens de leur mouvement. Elle est souvent un peu hautaine et s’intéresse avant tout aux revendications portées par des mouvements sociaux. L’approche américaine s’intéresse très concrètement à des questions relatives aux conditions matérielles du militantisme. D’où un intérêt pour ce que ces auteurs vont appeler les organisations de mouvement social. Celles-ci ont besoin de ressources matérielles – par exemple de locaux, de photocopieuses pour tirer des tracts, de permanents qu’il faut payer, de bénévoles qui ont de la bonne volonté. Entre ces différentes catégories de militants existent par ailleurs des différences de statut, de pouvoir, de degré d’investissement. Au sein d’une organisation peuvent exister des tensions entre le permanent salarié et le bénévole, qui n’ont pas forcément le même rapport à la cause, etc.

L’action collective exige donc des ressources matérielles, mais aussi des ressources pratiques. Je citerai ici un auteur très important, qui est décédé l’année dernière, Charles Tilly, qui était à la fois sociologue et historien [3]. Il a proposé un concept central, celui de « répertoire de l’action collective ». Pour se mobiliser, faire entendre une protestation, un groupe doit maîtriser un « répertoire de l’action collective ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Le concept est basé sur une analogie avec le théâtre. Une troupe de théâtre a généralement un certain nombre de pièces à son répertoire, elle sait jouer Othello et En attendant Godot, par exemple. Les groupes militants ont aussi un répertoire de formes protestataires. Ils savent utiliser l’occupation, le blocage d’autoroute, la grève, la manifestation, etc. Selon les groupes, ce répertoire est plus ou moins ample ou limité. Il est nourri des expériences passées. Dans le mouvement étudiant, par exemple, le blocage des universités se reproduit d’une année à l’autre, c’est une pratique que l’on sait faire, on sait trouver les tables, les chaises pour bloquer tel amphi. Il y a une mémoire des luttes qui induit la maîtrise pratique d’un certain nombre de formes d’action. Il y a aussi des formes d’action qui sont plus ou moins interdites à certains groupes. Par exemple, le répertoire de l’action collective des agriculteurs n’est pas celui des sans-papiers. Ces derniers ne peuvent pas « s’autoriser » à mettre à sac une préfecture, alors que les agriculteurs le peuvent.

Un autre exemple, tiré de mes premiers travaux sur les prostituées. Pour elles, faire une manifestation est très compliqué parce que c’est une forme d’action qui suppose d’afficher publiquement le statut au nom duquel on défile. Cela pose problème lorsqu’on a une identité stigmatisée. Pour les sans-papiers aussi, cela représente un risque. S’afficher en tant que tel dans la rue, c’est un peu risqué. Il y a donc une maîtrise pratique de la manière dont on conduit des luttes. Il existe des groupes qui n’ont pas d’expérience, qui n’ont pas de tradition protestataire et pour qui c’est difficile. Et c’est là qu’une catégorie de militants, celle des soutiens extérieurs, joue un rôle important. Ce sont des personnes qui ne sont pas des bénéficiaires potentiels du succès de la lutte mais qui, pour des raisons de conviction, de solidarité, vont s’engager aux côtés d’un groupe moins doté en ressources. C’est le cas des militants français qui s’engagent auprès des sans-papiers, des syndicalistes qui s’engagent auprès des chômeurs.

Enfin, à côté des ressources matérielles et des ressources pratiques, du répertoire de l’action collective, on peut aussi avoir besoin de ressources symboliques, c’est-à-dire de légitimité. Avoir le soutien de personnalités qui cautionnent et soutiennent la cause, c’est important. C’était le cas avec Emmanuelle Béart et monseigneur Gaillot pour les sans-papiers, de certains intellectuels comme Bourdieu auprès des chômeurs, etc.

Un certain nombre de recherches produites dans les années 1990, qui ont impulsé ce renouveau des études sur les mouvements sociaux, s’appuient donc sur la transposition en France des modèles de la « mobilisation des ressources ». Ma propre thèse sur les mouvements de prostituées était directement inspirée par ce modèle. C’était aussi le cas des travaux de Johanna Siméant sur les sans-papiers [4], d’une série de travaux sur les chômeurs, sur le mouvement des « sans » de manière globale, sur le mouvement des mal logés, etc.

Cette floraison de recherches de la fin des années 1990 a fait de l’analyse des mouvements sociaux un des secteurs les plus dynamiques de la science politique. Se dessine depuis peu un intérêt plus marqué pour les luttes du monde du travail. Lorsque le regain d’études sur les mouvements sociaux s’est fait jour, ce n’étaient pas les luttes du travail qui étaient au premier plan des préoccupations des chercheurs. Même pour le mouvement de novembre décembre 1995, on a vu peu de chercheurs de ce courant s’y intéresser. Et quand le monde du travail apparaissait, c’était sous une forme très spécifique, celle des luttes de précaires. L’émergence de la figure du précaire était comme détachée d’une localisation professionnelle particulière, et les collectifs qui entendent les défendre ne mettent pas en avant une identité professionnelle ou de métier précise. L’identité collective se construit autour d’une expérience partagée du passage par différents petits boulots. Cela peut être McDo aujourd’hui, la livraison à domicile ou les centres d’appel demain, tout un ensemble de petits boulots dont la caractéristique commune est que les horaires sont épouvantables, que c’est du temps partiel, que ce sont des missions d’intérim ou des CDD. C’est là-dessus que des groupes essaient de construire de la mobilisation. Mais ce ne sont pas des luttes véritablement professionnelles.

Cela explique aussi, c’est le résultat d’un travail sur ce type d’enjeu de luttes que j’ai mené récemment avec Annie Collovald, pourquoi les collectifs de précaires ont souvent de la difficulté à prendre dans des secteurs où il y a de la précarité mais où il reste de l’identité professionnelle. C’est le cas de la librairie. Nous avons réalisé des entretiens avec des salariés de chez Virgin qui disaient : « Nous, nous ne nous considérons pas comme des précaires, nous avons des diplômes de libraires, des compétences professionnelles. Si nous ne sommes pas contents, c’est parce que nous sommes mal payés, nous avons des conditions de travail épouvantables et parce qu’on nous traite comme simplement des manutentionnaires qui sont là pour mettre des bouquins dans les rayons alors que nous avons des compétences spécialisées. Mais nous ne nous considérons pas comme des précaires et nous n’avons n’a pas forcément grand-chose de commun avec les salariés de McDo ».

En somme, des chercheurs se sont intéressés à ces mobilisations de précaires mais sans les envisager comme des luttes du monde du travail, et en oubliant que dans notre société il reste encore dans le monde du travail, et heureusement, des emplois à peu près stables et des identités professionnelles fortes, y compris lorsque ces emplois sont menacés. Il y a donc tout un pan de la réalité de la conflictualité sociale qui n’a pas été pris en compte par la recherche, notamment tout ce qui relève des formes traditionnelles de lutte. Cela est moins vrai aujourd’hui, où de jeunes chercheurs retravaillent sur des objets qui étaient des objets canoniques de la science politique autrefois : le syndicalisme, la grève, etc. Mais il y a eu un temps de retard, avant que l’on s’aperçoive qu’il n’y avait pas que les collectifs de précaires ou les luttes de « sans » qui valaient qu’on s’y intéresse.

2) Les profils militants

L’étude des profils et des parcours militants a constitué un axe de recherche privilégié pour les chercheurs qui ont été partie prenante de ce renouveau des études sur les mouvements sociaux. Ces travaux ont fréquemment pris la forme de monographies – le terme n’est pas péjoratif chez moi – sur des mouvements précis. Johanna Siméant a travaillé sur les luttes des sans-papiers, moi-même sur les luttes de prostituées, Christophe Broqua sur Act Up [5], Éric Agrikoliansky [6] sur la Ligue des droits de l’homme, Cécile Péchu sur Droit au logement [7], etc. On note, progressivement, y compris dans ces monographies, un intérêt non pas simplement pour les organisations, mais pour les individus qui les font vivre, c’est-à-dire pour les militants eux-mêmes. Qu’est-ce qui les motive ? Qu’est-ce qui les conduit à s’intéresser à ces différentes causes et à s’y investir, y compris lorsque ce sont des causes qui ne les concernent pas directement ?

La question des ressorts du militantisme a été principalement abordée en intégrant des perspectives là encore américaines, et spécialement une perspective issue de l’interactionnisme qui est l’étude des carrières [8]. Des sociologues interactionnistes comme Erving Goffman, Howard Becker, Anselm Strauss (dont les oeuvres étaient traduites déjà de longue date) ne s’intéressaient pas directement aux mouvements sociaux. Ce qui a été retenu de leurs travaux est donc la notion de carrières, à l’exemple des carrières professionnelles : on passe un diplôme, on a un premier emploi, après on monte en grade, ou on est licencié, ou on démissionne pour un autre emploi qui sera éventuellement mieux payé dans une autre branche, ou fait l’expérience de déclassements, etc. Ce modèle peut être transposé aux carrières déviantes, comme l’a suggéré Howard Becker dans son travail sur les fumeurs de marijuana [9] : il y a un apprentissage du cannabis dans l’appréciation des effets, si on ne les reconnaît pas ou si on les trouve désagréables on va peut-être interrompre une carrière déviante, mais si on la poursuit on pourra se diriger vers d’autres produits, l’interrompre ou la reprendre, etc.

Cette perspective s’intéresse donc aux étapes et aux bifurcations dans des parcours spécifiques [10]. Ce type d’interrogation a été transposé au militantisme via la réalisation d’entretiens biographiques centrés sur leur militantisme, en demandant à des militants quand ils ont commencé à militer, en les interrogeant sur leurs premières expériences de la manifestation, etc. S’ils ont eu des parents eux-mêmes politisés, on les peut-être accompagnés aux manifestations du 1er mai, c’est quelque chose d’assez rituel, mais cela fait que quand on est un peu plus âgé on sait ce qu’est une manifestation. On a suivi ses parents à des réunions, et on a entendu parler – ou pas – de politique, de syndicalisme à la maison. Il y a des mobilisations aussi dans les lycées, des mobilisations à l’université, on est éventuellement syndicaliste étudiant, ou on s’investit dans un parti politique. Et puis on commence à travailler et on se syndique éventuellement. Mais d’autres paramètres entrent aussi en ligne de compte : l’entrée en couple, éventuellement les enfants, le travail. On a moins de temps à consacrer au militantisme, on va éventuellement un peu lever le pied et, plus tard, lorsque les enfants sont grands, on va éventuellement recommencer à militer, au syndicat par exemple. Et puis, au moment de la retraite, on peut avoir toujours envie de militer et se chercher de nouvelles causes à l’extérieur du monde du travail. On peut également varier les types d’investissements militants, passer d’un militantisme partisan à un engagement associatif ou syndical, voire cumuler les registres en s’engageant dans une multiplicité de causes ou d’organisations.

Un parcours militant peut donc connaître des bifurcations, des reconversions diverses. Sauf que quand on réalise cinquante entretiens avec des militants de la même organisation, on traits caractéristiques apparaissent et des parcours dominants se dégagent. Un exemple parmi d’autres : le travail d’Éric Agrikoliansky sur la Ligue des droits de l’homme montre qu’il y a beaucoup de jeunes retraités, ce sont des gens qui ont un peu plus de temps libre, qui sont dynamiques et qui veulent s’investir dans une cause. Il y a aussi beaucoup de gens qui ont eu une expérience de militantisme politique – et spécialement au PS – et qui en sont sortis déçus. Ils se sont beaucoup dévoués pour le parti et espéraient un retour. Mais, entre-temps, le fonctionnement du champ politique a changé, notamment dans ce parti-là. La définition de l’excellence politique a évolué : ce n’est plus le capital militant, c’est-à-dire une expérience et un dévouement pour le parti, qui sont récompensés, sous la forme par exemple d’une place éligible aux municipales. Ce sont des capitaux scolaires, et plus précisément le fait d’avoir fait Sciences-po ou l’Ena, qui sont entre temps devenus les critères de l’excellence politique. Il y a donc des personnes qui ont été des militants dévoués et fidèles, qui n’ont pas compté leur temps pendant vingt ou trente ans, et qui voient arriver un jeune parachuté dans leur circonscription ou sur le mandat qu’ils espéraient. Ils sont donc très déçus et se reconvertissent dans autre chose, dans un autre type de militantisme.

Je pense aussi, autre exemple, aux travaux de Christophe Broqua et Olivier Fillieule sur le militantisme à Act Up, qui montrent qu’il ne faut pas cloisonner le militantisme et le reste de l’existence des gens. Ces chercheurs ont mis en évidence un lien assez net entre l’engagement dans cette cause et le fait d’avoir ou non un proche malade du sida, d’être soi-même touché, mais aussi avec tout ce qui se joue autour de l’identité homosexuelle. Pour certaines personnes, militer dans cette organisation, qui se présente comme explicitement homosexuelle, est une manière de gérer une identité qui n’est pas forcément facile à gérer au dehors. Je pense aussi aux travaux de Dauvin et Siméant sur les carrières dans l’humanitaire [11]. Eux aussi se nourrissent de la sociologie américaine des carrières mais aussi de la sociologie de Pierre Bourdieu, qui est extrêmement riche et utile pour aborder les effets de la socialisation, les effets de la localisation sociale des gens, et notamment ce qui se joue dans la prime jeunesse, le fait d’avoir ou non un héritage militant de ses parents, s’ils étaient militants eux-mêmes ou non, etc.

Du point de vue méthodologique, cette démarche procède à la fois par entretiens biographiques et par enquête statistique. Les entretiens consistent à demander aux militants de raconter leur vie sous l’angle principalement de leurs engagements. Mais la démarche est complétée aussi par des enquêtes statistiques, par exemple en envoyant un questionnaire à tous les adhérents d’une association. Certes, on n’a pas toujours un retour de tout le monde mais on en reçoit généralement suffisamment pour en tirer une analyse statistique et faire apparaître des profils assez précis au niveau social, générationnel, de genre, politique, philosophique, religieux, etc.

J’ai participé à ce type d’enquête pour l’étude du mouvement altermondialiste, notamment au contre G8 à Annemasse en mai-juin 2003 et au Forum social de Saint-Denis en novembre de la même année [12]. J’étais dans une équipe qui a fait passer plusieurs milliers de questionnaires. Cela permettait d’avoir un profil assez précis des militants altermondialistes. On a vu apparaître des choses très intéressantes : notamment, et ça vient en écho avec ce que je viens de raconter, en termes de génération, on trouve une surreprésentation à la fois des 20-30 ans et des 50-70 ans. Pourquoi ? Parce que ce sont précisément les tranches d’âge où il y a le plus de disponibilité. Le Forum social de Saint-Denis se tenait en partie en semaine. On y trouvait donc des étudiants et des retraités, qui ont davantage de disponibilité et de souplesse d’emploi du temps. Il est fréquent qu’on voie apparaître à l’inverse une répartition avec des creux pour les personnes actives professionnellement ou celles qui ont des charges de famille. Nous avons constaté aussi, chez les militants altermondialistes, qu’il y avait beaucoup de personnes très dotées scolairement, ayant suivi des études longues, ouvertes sur l’international, ce qu’on pouvait repérer au fait qu’elles parlaient plusieurs langues, qu’elles avaient vécu à l’étranger. Et puis également des emplois dans le service public, des enseignants surtout, au capital scolaire assez élevé mais qui parfois étaient au chômage. C’était intéressant parce que cela témoignait aussi d’une transformation de la fonction publique, c’est-à-dire qu’il y a aujourd’hui de plus en plus de personnes qui travaillent pour l’État mais avec des contrats précaires, les enseignants contractuels par exemple. Les enseignants, et plus largement la fonction publique, sont des viviers pour le recrutement du militantisme de gauche. C’est un phénomène connu de longue date mais là on voyait apparaître une évolution qui est la retraduction dans la sphère du militantisme de transformations plus globales de l’État aujourd’hui, comment il fonctionne et avec qui il fonctionne.

Dernière remarque sur cette question des profils militants : ce type de recherche a permis de critiquer quelque chose qui était admis à propos des nouvelles formes de militantisme, à savoir l’idée qu’il y aurait une mutation du militantisme. C’est quelque chose que l’on retrouve par exemple dans les travaux de Jacques Ion, notamment dans son ouvrage La Fin des militants ? [13]. Jacques Ion postule que les manières de militer ont radicalement changé. Selon lui, on aurait été auparavant dans le militantisme total, on se dévouait à fond et durablement pour la cause qu’on défendait. Pour résumer cela, il utilise le modèle du timbre : le timbre ça colle, ça adhère. Cela renvoie aussi au timbre de la carte d’adhérent, qu’on renouvelle tous les ans. On est dans le durable, et on « adhère » aussi très fermement aux idées de son organisation. Aujourd’hui, on serait passé du timbre au post-it. Le post-it, on peut le coller sur une cause puis le décoller, on peut un jour s’engager pour les sans-papiers, et puis le lendemain pour les mal logés, et puis après pour les malades du sida. Ce qui induit un militantisme que Jacques Ion appelle « distancié », où on se dit : « d’accord pour s’engager, mais une réunion par semaine et pas plus, et puis plus tôt dans la soirée parce que je n’ai pas que ça à faire… ». Il y aurait aussi une distance à l’égard de l’organisation elle-même : « J’en prends et j’en laisse, de ce que raconte cette organisation ; et puis d’ailleurs je n’ai pas adhéré formellement, je veux bien verser un peu d’argent pour soutenir, je veux bien aller à la manif, mais je ne veux pas prendre ma carte ».

Cette idée d’une mutation du militantisme a exercé une grande influence. Mais quelques travaux concrets ont permis de la réfuter, en tout cas de la contester. Parmi ces travaux il y a ceux d’Axelle Brodiez [14], qui est historienne et qui a étudié les militants des années 1950, dans une organisation, le Secours populaire, qui à l’époque était très liée au Parti communiste. Il faut bien voir qu’en filigrane, dans la thèse de Jacques Ion, le militantisme total c’est le militantisme communiste ou CGT. On aurait donc pu s’attendre à trouver ce militantisme total au Secours populaire, avec des personnes investies corps et âme. Or, à cette époque, le Secours populaire a du mal à conserver ses adhérents ; il faut les relancer constamment et il y a un renouvellement constant. Il y a donc du militantisme post-it et distancié à l’intérieur de l’écosystème communiste dans les années 1950. Historiquement la thèse du passage d’un type de militantisme à un autre ne tient donc pas. Il est plus probable que, dans tous les mouvements, les deux formes ont toujours coexisté, avec des gens qui s’engagent à fond pour la cause, qui ont des réunions tous les soirs, qui ne comptent pas leur temps, en tout cas pendant un temps. Et puis d’autres qui sont un peu plus à distance, un peu plus critiques éventuellement. Dans le travail que j’ai mené avec Annie Collovald, une partie portait sur le mouvement des intermittents du spectacle. On aurait dû avoir affaire à des personnes se coulant dans le discours du militantisme distancié. De fait, nous en avons trouvé mais nous avons trouvé aussi des gens qui se sont dévoués à fond, qui ont arrêté de travailler pour se consacrer à la cause, etc. Donc, même là où on s’attend à trouver seulement du militantisme distancié, on trouve aussi du militantisme total, et réciproquement.

Pour résumer : la distinction faite par Jacques Ion est intéressante, il ne s’agit pas de la révoquer totalement. Mais l’idée du passage historique d’un type de militantisme à un autre ne tient pas. Ce à quoi il faut donc s’intéresser surtout, c’est à la coexistence des deux. Ou au passage de l’un à l’autre chez un même individu.

3) La contestation dans son environnement

Il s’agit ici d’envisager les mouvements sociaux dans leur rapport avec d’autres univers, d’autres champs aurait dit Pierre Bourdieu, et spécialement avec le champ politique et avec le champ syndical.

La plupart des chercheurs ont pris acte du fait que les mouvements sociaux se développent dans un espace, dans un domaine, dans un univers, qui n’est pas celui des partis politiques, qui n’est pas celui des syndicats, même s’il y a des intersections entre eux [15]. Cela apparaît notamment lorsqu’on travaille sur les profils militants. Je l’ai signalé avec l’exemple de la Ligue des droits de l’homme : vous êtes militant d’un parti politique et puis la politique, les partis, cela vous déçoit ou vous en avez assez pour une raison quelconque. Vous souhaitez passer à un autre registre de militantisme, le registre associatif, où il n’y a pas d’élection, de postes. Certes, il y a des élections et des postes à l’intérieur de l’organisation, c’est important, mais il n’y a pas d’enjeu de carrière personnelle aussi fort que dans un parti politique ou même un syndicat. Il y a donc des transferts et des reconversions qui sont vécus comme tels par les militants. Ils ont accumulés des savoirs et des savoir-faire militants, ils disposent de connaissances, ils savent rédiger un tract par exemple. Mais ce ne sera pas le même type de tract au PS, au PC ou à la Ligue des droits de l’Homme, ou celui que je fais pour une association de sans-papiers. On peut aussi avoir, à l’inverse, des militants associatifs très investis à qui on fait des propositions pour figurer sur des listes aux municipales, par exemple. Il y a au sein des partis le sentiment qu’il est nécessaire de s’ouvrir à la « société civile », aux « forces vives » du secteur associatif, ce qui permet de mettre un peu à distance le fait que le jeu politique est un jeu de professionnels qui vivent pour et de la politique.

Prendre acte de ces différences de registres d’engagement oblige aussi à s’interroger sur les relations entre les mouvements sociaux et les partis politiques ou le champ syndical. Il y a de fortes intersections entre ces univers. Néanmoins, certaines formes de protestation ou de mobilisation des salariés se développent à distance des organisations syndicales ou les dépassent, ou les critiquent, ou les contournent, sous la forme de collectifs de salariés, de groupes unitaires, etc. Avec, bien souvent, une volonté de critique de l’institutionnalisation : on a constaté avec la vague de séquestrations du printemps une critique forte à l’égard des directions syndicales, de leur stratégie, de la manière dont elles donnent la prééminence à la négociation plutôt qu’au rapport de force, etc. C’est quelque chose qu’on retrouve dans des prises de position de militants « de base » et qui les amène à penser autrement les formes de leur militantisme, y compris des alliances avec d’autres groupes, des alliances entre des syndicats et des associations altermondialistes. On retrouve au passage la question du répertoire de l’action collective, et le sentiment qu’il est nécessaire de repenser les formes de l’action. Je pense notamment à un travail [16] qui a été mené par Sophie Béroud et d’autres sur le recours à la grève. Les statistiques officielles du ministère de l’Emploi indiquent qu’il y a un effondrement du nombre de journées non travaillées pour cause de grève, mais ça ne veut pas dire que c’est le calme plat dans les entreprises. Les formes de protestation se coulent dans d’autres modes, notamment des débrayages de quelques heures, les pétitions, mais aussi l’absentéisme. Ce qui amène à réinterroger les formes traditionnelles de la protestation.

Des chercheurs – je pense notamment à Gérard Mauger [17] - ont donc commencé à réfléchir en termes de champ ou d’espace des mouvements sociaux. Nous sommes plusieurs à avoir ainsi réfléchi au fait que les mouvements sociaux tendent à devenir un univers relativement autonome à l’intérieur du monde social, un univers avec ses logiques et enjeux propres, dans lequel les différentes causes défendues sont en interdépendance. Ce qui fait qu’il y a des coalitions – par exemple quand Act Up s’allie avec les sans-papiers ou les chômeurs –, des emprunts et diffusions de formes innovantes d’action, des imitations de registres de discours militants, qui circulent d’un type de mouvement à un autre, d’une cause à une autre, y compris entre causes antagonistes. Les anti-Pacs ont pensé leur manifestation sur le modèle de la Gay Pride, sur le mode : « On vous imite mais pour vous montrer qu’on fait mieux que vous, qu’on rassemble davantage de monde, et contrairement à ce que vous dîtes, on n’est pas des vieux bigots, réacs, etc. ». Pour cela, tous les jeunes ont été placés au premier rang de la manifestation. L’interdépendance entre mouvements ne se joue pas simplement en termes d’alliance ou de coalition, mais aussi entre mouvements antagonistes.

Il y a, sur le plan interne, une forte autoréférence, inter-reconnaissance, entre les différentes organisations qui composent l’espace des mouvements sociaux. Il y a aussi une face externe : les rapports que cet univers entretient avec d’autres champs, avec d’autres domaines d’activité. Cela s’exprime par exemple par une volonté des mouvements sociaux de se distancier du champ politique, comme lorsque la charte des forums sociaux interdit aux partis politiques d’y participer en tant que tels. Cela n’interdit pas non plus des alliances ponctuelles – comme lorsque les mairies communistes ont facilité l’organisation du FSE en région parisienne – mais cela passe par un travail de démarcation, de distinction entre des univers ou des domaines qui ne sont pas exactement les mêmes.

On constate des rapports complexes comparables entre l’espace des mouvements sociaux et les médias. Contrairement à ce que laissent entendre un certain nombre de discours qui se veulent critiques des médias, il n’y a pas forcément manipulation ou dépendance des mouvements à l’égard des journalistes. Les militants savent pertinemment que les médias déforment, pour autant ils ne sont pas uniquement soumis ou sans réaction devant eux. Ils connaissent la logique des médias et savent s’en servir au besoin, sur le mode : « les journalistes veulent de bonnes images, on va leur en donner ! Mais ce qui est important, c’est de faire passer notre idée, notre message ». Les relations entre mouvements et médias ne sont pas tant marquées par la domination que par des formes de transaction, même si elles sont plus ou moins implicites. Elles sont aussi marquées par des formes plus ou moins poussées de rationalisation. Je pense à Act Up qui a une commission médias et qui a d’ailleurs été fondée par des journalistes. Des associations comme Jeudi noir, ou Génération précaire entretiennent d’évidentes proximités avec les journalistes, qui souvent ont fait les mêmes études. Il existe aussi dans ces certains mouvements des proximités sociales évidentes avec les journalistes, ce qui permet l’intégration des attentes des journalistes à la stratégie du mouvement.

On pourrait également évoquer les rapports entre les mouvements sociaux et le droit. Que ce soit le GISTI sur la question des étrangers ou le mouvement des chômeurs (avec la question des « recalculés », des transactions diverses lient les militants à des avocats, une expertise juridique s’est développée dans les mouvements à la fois dans la défense de cas individuels – on le voit très bien autour des sans-papiers – mais aussi sur des enjeux plus généraux. Des organisations se dotent des compétences juridiques nécessaires pour faire valoir leur position, y compris auprès Conseil d’État, en attaquant par exemple, souvent avec succès, des circulaires ou des décrets. Une nouvelle fois, l’action juridique et le militantisme sont des domaines distincts, mais qui peuvent s’entrecroiser.

Notes

[1] François Chazel, Du pouvoir à la contestation, Paris, LGDJ, 2003.

[2] Michel Dobry, Sociologie des crises politiques, Paris, Presses de Sciences-po, rééd. 2009.

[3] Charles Tilly, La France conteste. De 1600 à nos jours, Paris, Fayard, 1986.

[4] Johanna Siméant, La cause des sans-papiers, Paris, Presses de Sciences-po, 1998.

[5] Christophe Broqua, Agir pour ne pas mourir ! Act Up, les homosexuels et le sida, Paris, Presses de Sciences-po, 2005.

[6] Éric Agrikoliansky, La Ligue française des Droits de l’Homme et du citoyen depuis 1945. Sociologie d’un engagement civique, Paris, L’Harmattan, 2001.

[7] Cécile Péchu, Droit au logement, genèse et sociologie d’une mobilisation, Paris, Dalloz, 2006.

[8] L’interactionnisme est un courant de pensée né aux points de rencontre entre la psychologie, l’ethnologie, la psychologie, l’anthropologie, la sociologie, les sciences de l’information et de la communication. Il conçoit la société comme la composition des relations interindividuelles et pourrait s’opposer au déterminisme qui part du tout social ou d’un individualisme qui éviterait de prendre en compte la dimension essentielle de la relation sociale dans les comportements sociaux des individus. Pour les interactionnistes, l’individu se construit dans ses relations avec son environnement. Environnement social, humain, affectif, matériel... La place de l’acquis y est centrale et dominante sur l’inné (Source : Wikipedia).

[9] Howard Becker, Outsiders, Paris, Métailié, 1985.

[10] Olivier Fillieule (dir.), Le désengagement militant, Paris, Belin, 2005.

[11] Pascal Dauvin, Johanna Siméant, Le travail humanitaire. Les acteurs des ONG, du siège au terrain, Les presses de Sciences-po, 2002.

[12] Eric Agrikoliansky, Isabelle Sommier (dir.), Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005.

[13] Jacques Ion, La fin des militants ?, Paris, éditions de l’Atelier, 1997.

[14] Voir notamment Axelle Brodiez, Comment les organisations changent-elles ? Relecture de l’histoire du Secours populaire français au prisme de quatre carrières militantes. Disponible sur le site : http://sites.univ-lyon2.fr/congres-afsp/imprimersans.php3?id_article=129.

[15] Lilian Mathieu, « L’espace des mouvements sociaux », Politix, n° 77, 2007.

[16] Sophie Béroud, Jean-Michel Denis, Guillaume Desage, Baptiste Giraud et Jérôme Pélisse, La lutte continue ? Les conflits du travail dans la France contemporaine, Coll. Savoir/Agir, éd. du Croquant, 2008, 159 p., 13,50 euros.

[17] Notamment dans « Un champ de la “gauche antilibérale” ? », in Bertrand Geay, Laurent Willemez (dir.), Pour une gauche de gauche, Broissieux, Le Croquant, 2008.

Notes

[1François Chazel, Du pouvoir à la contestation, Paris, LGDJ, 2003.

[2Michel Dobry, Sociologie des crises politiques, Paris, Presses de Sciences-po, rééd. 2009.

[3Charles Tilly, La France conteste. De 1600 à nos jours, Paris, Fayard, 1986.

[4Johanna Siméant, La cause des sans-papiers, Paris, Presses de Sciences-po, 1998.

[5Christophe Broqua, Agir pour ne pas mourir ! Act Up, les homosexuels et le sida, Paris, Presses de Sciences-po, 2005.

[6Éric Agrikoliansky, La Ligue française des Droits de l’Homme et du citoyen depuis 1945. Sociologie d’un engagement civique, Paris, L’Harmattan, 2001.

[7Cécile Péchu, Droit au logement, genèse et sociologie d’une mobilisation, Paris, Dalloz, 2006.

[8L’interactionnisme est un courant de pensée né aux points de rencontre entre la psychologie, l’ethnologie, la psychologie, l’anthropologie, la sociologie, les sciences de l’information et de la communication. Il conçoit la société comme la composition des relations interindividuelles et pourrait s’opposer au déterminisme qui part du tout social ou d’un individualisme qui éviterait de prendre en compte la dimension essentielle de la relation sociale dans les comportements sociaux des individus. Pour les interactionnistes, l’individu se construit dans ses relations avec son environnement. Environnement social, humain, affectif, matériel... La place de l’acquis y est centrale et dominante sur l’inné (Source : Wikipedia).

[9Howard Becker, Outsiders, Paris, Métailié, 1985.

[10Olivier Fillieule (dir.), Le désengagement militant, Paris, Belin, 2005.

[11Pascal Dauvin, Johanna Siméant, Le travail humanitaire. Les acteurs des ONG, du siège au terrain, Les presses de Sciences-po, 2002.

[12Eric Agrikoliansky, Isabelle Sommier (dir.), Radiographie du mouvement altermondialiste, Paris, La Dispute, 2005.

[13Jacques Ion, La fin des militants ?, Paris, éditions de l’Atelier, 1997.

[14Voir notamment Axelle Brodiez, Comment les organisations changent-elles ? Relecture de l’histoire du Secours populaire français au prisme de quatre carrières militantes. Disponible sur le site : http://sites.univ-lyon2.fr/congres-afsp/imprimersans.php3?id_article=129.

[15Lilian Mathieu, « L’espace des mouvements sociaux », Politix, n° 77, 2007.

[16Sophie Béroud, Jean-Michel Denis, Guillaume Desage, Baptiste Giraud et Jérôme Pélisse, La lutte continue ? Les conflits du travail dans la France contemporaine, Coll. Savoir/Agir, éd. du Croquant, 2008, 159 p., 13,50 euros.

[17Notamment dans « Un champ de la “gauche antilibérale” ? », in Bertrand Geay, Laurent Willemez (dir.), Pour une gauche de gauche, Broissieux, Le Croquant, 2008.

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