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Droite et extrême droite en France

Quelques réflexions après les élections régionales de mars 2010

mardi 30 mars 2010, par Louis Weber

Texte rédigé pour la conférence de Prague (27-28 mars 2010) sur le thème "Alternatives à l’extrémisme de droite au temps de la crise sociale et écologique"

Des élections régionales ont eu lieu en France les 14 et 21 mars 2010. Par rapport au sujet de notre conférence, deux points paraissent importants :

• le taux très élevé des abstentions, plus de 50%, historiquement élevé pour la France et qui traduit, entre autres causes, le désintérêt des électeurs pour les grands partis « traditionnels » ;

• le score obtenu par le Front national de Jean-Marie Le Pen, soit près de 11,5 %, auquel il convient d’ajouter les résultats d’autres listes d’extrême-droite, en général issues de scissions du FN (près de 1%).

Pour autant, il serait hasardeux d’établir une relation de cause à effet entre les deux phénomènes. Par exemple, les élections régionales ont montré que le FN pouvait progresser même lorsque l’abstention diminue. De la même façon, il est tout aussi inexact de dire que les ouvriers constituent l’électorat privilégié du FN. Là encore, les sondages révèlent qu’ils votent en majorité pour la gauche, même s’il faut tenir compte du fait que les sondages – les récentes élections régionales viennent encore de le confirmer – minimisent en règle générale les votes pour le FN[1].

Certes, ces résultats sont très inférieurs à ceux que le Front national et les autres candidats d’extrême-droite obtenaient au début de ce siècle : plus de 19% par exemple à l’élection présidentielle de 2002. Et près de 15% aux élections régionales de 2004, si on veut comparer avec un scrutin de même nature. Mais, entre-temps, l’UMP de Nicolas Sarkozy avait beaucoup fait pour « siphonner » l’électorat du FN – j’y reviendrai – avec des résultats certains : à la présidentielle de 2007, Le Pen perdait plus d’un million de suffrages et retombait à 10,5%. La chute semblait s’accélérer puisque les listes du FN n’obtenaient que 6,3% aux élections européennes de 2009, passant de 7 députés européens en 2004 à 3 en 2009. Ce qui a conduit la presse au lendemain des régionales de cette année d’en tirer deux enseignements : la victoire de la gauche et... le « sursaut » du FN.

À partir de là, je vous propose de faire d’abord quelques rappels sur ce que représentent les régions dans le contexte institutionnel français et de dire en quoi cela peut avoir quelque influence sur les élections à ce niveau. Ensuite un deuxième rappel, bref lui aussi, portera sur la place de l’extrême droite dans le contexte politique français. Enfin, je vous proposerai quelques considérations sur les raisons possibles du « sursaut » que je viens d’évoquer.

Les régions en France

Les régions sont une création récente dans l’architecture institutionnelle française. Historiquement, la France a été un pays très centralisé, et le reste d’ailleurs assez largement. Depuis Napoléon, l’Etat était prépondérant, le seul à détenir le pouvoir législatif, le seul aussi à prélever les impôts et par conséquent à disposer de ressources. Les communes, très nombreuses, et surtout les départements (une centaine) n’avaient donc guère d’autonomie. Les régions (elles sont 22 en France métropolitaine, pour avoir un élément de comparaison avec les départements) ont été d’abord des regroupements purement administratifs. Ce n’est qu’en 1972 qu’elles ont été dotées d’assemblées élues. Leurs compétences ne seront réellement élargies qu’à partir des lois dites de décentralisation, dont la première a été adoptée en 1982, peu de temps après l’élection du premier président de gauche de la Cinquième République, François Mitterrand. Depuis lors, de plus en plus de compétences leur ont été dévolues :

• dans le domaine économique, à travers l’élaboration de schémas régionaux de développement économique,

• pour les transports, avec un schéma régional des infrastructures et des transports,

• pour l’éducation, la culture et, surtout, la formation professionnelle

Ces compétences sont réelles, elles ont permis à la gauche dans le débat électoral de faire campagne sur le thème : « Voter pour la gauche, c’est faire des régions un bouclier social », sous-entendu pour le peuple, par opposition à la décision du gouvernement, après l’élection de Nicolas Sarkozy, d’instituer un « bouclier fiscal » pour les riches, limitant leur contribution fiscale. Mais, argument avancé par la droite pour justifier la très forte abstention à ces élections régionales, les régions seraient encore trop récentes pour intéresser la population, qui ne connaîtrait en règle générale ni leur rôle, ni même leurs présidents, comme le montrent divers sondages. Cette explication est évidemment un peu courte. Elle feint d’ignorer que l’abstention augmente pour toutes les élections, à l’exception de l’élection présidentielle. Et surtout qu’elle est particulièrement importante dans ce qu’on appelle en France les quartiers sensibles ou défavorisés des grandes villes et de leurs banlieues. Et que cette abstention traduit aussi le discrédit qui frappe aujourd’hui le monde politique traditionnel. Significatif sont de ce point de vue le titre et le contenu d’un article du journal Le monde : L’abstention en banlieue, plus grave que les émeutes ? (par référence aux événements de 2005)[2].

La place de l’extrême droite

Il ne faut pas se tromper, cette place est ancienne. Dès la fin du 19ème siècle, la France a connu des hommes politiques populistes dont l’influence faisait parfois craindre pour l’institution républicaine elle-même, encore fragile. Ils étaient à l’époque soutenus par tous ceux qui n’avaient pas vraiment accepté, un siècle après, d’avoir été les perdants de la Révolution française ou ceux qui, plus tard, allaient être, sur un autre plan, les perdants de la Révolution industrielle, notamment dans les régions rurales et la petite bourgeoisie commerçante des villes.

Dans les années 1930, des groupes influents en France regardaient avec sympathie ce qui se passait en Allemagne et en Italie avec la montée du fascisme. Dans la suite de la crise de 1929 dont les classes moyennes sont les principales victimes, les partisans d’un régime autoritaire, une extrême-droite « nationale » plutôt que « fasciste » à la manière italienne ou allemande, se sont appuyés sur l’antiparlementarisme nourri par quelques scandales financiers et les changements incessants de gouvernement pour organiser de véritables émeutes en février 1934. La gauche parlementaire, alors au pouvoir, les a dénoncées comme une tentative de coup d’État fasciste. Le résultat allait cependant éloigner le danger pour un temps : les syndicats, qui s’étaient divisés en 1921, se sont réunifiés ; le Front populaire a gagné les élections de 1936. Mais la guerre et l’invasion du pays allaient permettre aux ligues d’extrême-droite de prendre leur revanche en 1940, avec la fin de la Troisième République et la venue au pouvoir du maréchal Pétain. Je n’insiste pas ici sur ce qu’en France nous avons appelé la collaboration, qui allait permettre à l’extrême-droite non seulement de servir de supplétifs aux nazis mais, comme cela est révélé de plus en plus aujourd’hui, jouer un rôle actif dans la déportation des juifs et des gitans, ainsi que des opposants politiques, des communistes, des socialistes mais aussi beaucoup d’hommes de droite refusant le fascisme.

On comprend que, dans ces conditions, l’extrême-droite ait semblé disparaître, à quelques groupuscules près, au cours des décennies qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale. Par exemple, lorsque Le Pen se présente à l’élection présidentielle de 1974, au titre du tout jeune FN, il obtient 0,75% des suffrages (il en obtiendra près de 15% en 1988 !). Mais le souvenir des années sombres et la trahison de la droite nationale n’expliquent pas tout. On peut y ajouter plusieurs autres facteurs :

• la forte croissance économique jusqu’au milieu des années 1970, qui a conduit à parler des Trente glorieuses pour désigner ces trois décennies. L’élévation considérable du niveau de vie moyen, le chômage quasi nul, enlevaient à l’extrême-droite un de ses thèmes favoris pour dénoncer « le système », « les profiteurs », « les politiciens », « le parlementarisme », etc.

• le caractère fortement nationaliste du gaullisme, qui satisfaisait la « droite nationale », peu encline dans ces conditions à défendre des positions extrêmes.

À l’inverse, la décolonisation qui s’est traduite pour la France par la perte de son empire colonial et, par conséquent, de son influence dans le monde, va permettre à l’extrême-droite de s’appuyer sur un sentiment de frustration et la diabolisation de ceux, les Arabes en particulier, qui constitueront bientôt le gros de l’immigration. Le processus de décolonisation a été à peu près pacifique en Afrique, le gaullisme au pouvoir ayant su très habilement jouer la carte du néo-colonialisme en accordant une indépendance toute relative aux pays de l’ancienne Afrique noire française. Il a en revanche été très violent en Indochine et, surtout, en Algérie, avec des générations entières de soldats envoyés dans la « sale guerre » qui, de plus, ne voulait pas dire son nom. Officiellement il s’agissait en effet de « pacifier » l’Algérie.

Tout cela allait donner à Jean-Marie Le Pen (qui a été lui-même engagé volontaire en Indochine et en Algérie, où on l’accusera d’avoir pratiqué la torture) et au Front national les ingrédients nécessaires à son émergence politique.

Le Front national se définit à la fois :

• comme faisant partie de la droite nationale[3] (d’où un fort penchant pour la xénophobie, voire le racisme, au motif que l’identité française serait menacée),

• populiste (Le FN critique les élites et prône le recours au peuple, devant évidemment s’incarner dans une figure charismatique, le chef)

• et souverainiste (le FN refuse donc tout transfert de souveraineté, il est contre l’Europe et fustige la mondialisation).

On notera cependant, c’est une tradition dans la droite radicale française, qu’il ne se considère pas comme un parti d’extrême-droite !

La détérioration de la situation économique à partir des années 1970, la montée du chômage et de la pauvreté ensuite, allaient nourrir le discours populiste du FN. Il défend les pauvres, accuse les riches et les élites politiques et économiques, sans reculer devant la reprise des vieux slogans antisémites, renouant ainsi avec une autre tradition, solidement ancrée, de la « droite nationale ». Ce discours populiste n’hésite pas à dénoncer en apparence – les propositions économiques et sociales du FN sont en effet proprement réactionnaires – les conséquences du libéralisme, qui se font durement sentir à partir des années 1980. Il rencontre d’autant plus de succès que l’abandon dès 1983 de la politique de rupture avec le capitalisme promise par la gauche et François Mitterrand à leur arrivée au pouvoir en 1981 permet au FN de se présenter comme le seul parti anti-système, les communistes étant à partir de ces années identifiés avec l’union de la gauche qui se discrédite au regard des classes populaires par ce « tournant de la rigueur ».

S’ajoute à cela le fait qu’à partir de la même époque, les immigrés s’installent durablement en France, notamment à travers la possibilité du regroupement familial, censé constituer la contre-partie de la fin de l’immigration annoncée en 1974. Pour le FN, les immigrés deviennent la cause de tous les maux. « Ils prennent le travail des Français », quand « ils ne mangent pas leur pain ». Ils « islamisent » la France. À l’époque, il s’agit en effet principalement d’immigrés d’Afrique du Nord et, progressivement, d’Afrique subsaharienne. Cette rhétorique trouve des échos considérables dans les régions, notamment le Sud, où se sont regroupés ceux que nous appelons en France les « rapatriés » d’Algérie, ayant quitté ce pays quand il est devenu indépendant en 1962.

Cette réalité assez complexe du Front national dans le paysage politique français à partir de ses premiers grands succès électoraux (le coup d’envoi est donné au plan local dès 1983, à l’occasion d’une élection municipale très médiatisée à Dreux près de Paris. Aux élections européennes de 1984, le FN obtient près de 11% des suffrages, après un tout petit 0,75% aux élections législatives trois ans auparavant !) peut expliquer les caractéristiques de l’implantation du Front national aujourd’hui :

dans les régions anciennement industrialisées comme la Lorraine ou le Nord de la France, où les crises des industries de la mine et de la sidérurgie ont désarticulé totalement le tissu économique et, par conséquent, le tissu social. Ce sont aussi des régions où la grande industrie a attiré beaucoup d’immigrés, notamment d’Afrique du Nord après la Deuxième Guerre mondiale (avant, ils venaient plutôt de Pologne, d’Europe centrale ou d’Italie). Ils sont aujourd’hui établis depuis deux, voire trois générations et sont de nationalité française. Il n’empêche : pour le FN ils restent des immigrés, de surcroît « musulmans », ce qui lui permet de jouer sur les peurs évoquées plus haut.

Dans le Sud du pays, notamment le long de la côte méditerranéenne, la forte présence des rapatriés d’Afrique du Nord permet au FN de dépasser là aussi les 20% des suffrages aux dernières élections régionales. Dans cette région, le FN a même pu diriger des villes relativement importantes.

Certes, ce schéma très simple (avec un arc Sud-est/Nord-ouest où le Front dépasse partout 10% des voix et parfois 20 comme à Marseille au Sud et à la région lilloise au Nord ; une présence nettement plus faible dans le reste du pays) n’épuise pas la réalité. Le Front national est parfois très fort dans des villes de la Côte d’Azur dont la population est plutôt aisée. De même, il arrive que des villages entiers d’une région plutôt riche comme l’Alsace votent majoritairement pur le Front national. Mais, globalement, cette image est cependant assez proche de la réalité.

Le jeu dangereux de la droite

Historiquement, la frontière entre la droite et le Front national a toujours été assez perméable. Lorsque le Front national a obtenu plus de trente députés à l’Assemblée nationale en 1986, la plupart d’entre eux venaient anciennement des partis de droite. Il faut noter ici que le changement du mode de scrutin qui a permis au FN d’entrer au Parlement était déjà une tentative, d’ailleurs ratée, d’instrumentaliser le FN. Ordinairement, le mode de scrutin à deux tours en vigueur pour les élections législatives ne permet guère au Front national d’avoir des élus, même s’il obtient 10% des suffrages. Ce système a d’ailleurs été introduit par la constitution de la Cinquième République, en partie pour diminuer la forte présence jusqu’alors des communistes. On peut évidemment estimer que ce n’est pas très démocratique. Tous les petits partis sont victimes de ce système, qui contraint à des regroupements au second tour, autour des candidats ayant obtenu les meilleurs résultats au premier. L’introduction (très temporaire) du scrutin proportionnel en 1986 ne cherchait cependant pas à satisfaire une ancienne revendication de ces partis. Elle a été conçue pour affaiblir la droite en la mettant en concurrence avec l’extrême-droite.

Avec Nicolas Sarkozy, l’ambition est cependant bien différente : il aurait voulu attirer les électeurs du Front national non pas par une politique susceptible de mettre fin aux inégalités qui rongent le pays et qui nourrissent le vote FN, mais en reprenant quelques-uns des thèmes qui ont fait le succès de celui-ci : un peu de populisme (« je suis à votre écoute, contrairement aux autres responsables politiques »), beaucoup de battage autour de la sécurité (il a été ministre de l’Intérieur avant d’être président de la République et les campagnes électorales sont régulièrement l’occasion de démonstrations de force de la police) et, forme relativement nouvelle, le recours au thème de l’identité nationale.

Quelques mots à ce propos. Dès la formation du premier gouvernement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, une innovation importante était introduite avec la création d’un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire. Ce dernier élément – le développement solidaire – n’a été retenu que pour tenter de calmer un peu le tollé soulevé par l’énoncé et la mise en relation des trois premiers. Sur le plan symbolique, l’association immigration et identité nationale constituait en effet un geste fort, faisant clairement de l’immigration un problème pour l’identité nationale. On était donc très près de la thématique habituelle sur ce terrain du FN. Cette ambiguïté allait être accentuée par l’initiative d’un « débat sur l’identité nationale » prise en novembre 2009 par le ministre en exercice, l’ancien dirigeant du Parti socialiste Éric Besson. À vrai dire, il s’agissait d’une promesse de campagne du chef de l’État. Le choix des dates est cependant révélateur de l’objectif réel poursuivi : le débat devait se conclure par un grand colloque national deux semaines avant... les élections régionales de mars 2010. En fait, le débat s’est très mal déroulé et, très rapidement, a tourné autour de l’immigration et non de l’identité nationale. Ce qui a ouvert un boulevard aux opinions les plus extrêmes. À tel point que le gouvernement a été contraint d’enterrer le débat très rapidement. Le vrai gagnant a donc été le FN, dont les thèmes favoris sont revenus sur le devant de la scène, sans qu’il soit lui-même à l’initiative cette fois. Mais, comme cela a été dit en d’autres occasions en France, « les électeurs préfèrent en général l’original à la copie ». Cet épisode a donc très probablement redonné de la légitimité et... des électeurs au FN et à ses idées, sas aucun bénéfice pour l’UMP, le parti du Président.

En guise de (brève) conclusion

La crise et ses conséquences sur la population, notamment sur les couches les plus fragiles, entretiennent la peur de l’avenir et la perte de confiance en la capacité des élites politique d’apporter des solutions durables. Ce qui donne du crédit aux thèmes populistes développés par l’extrême-droite, à la xénophobie et au racisme. Dans un pays comme la France, ce rejet de l’autre a des cibles privilégiées, en relation avec l’histoire du pays au 20ème siècle, principalement sous la forme du rejet des « Arabes », y compris de leurs enfants de nationalité française depuis une ou deux générations, et de l’islamophobie. Mais les changements de nature géopolitique et les nouveaux flux d’immigration qui en résultent (des pays de l’Est européen, de Turquie, du Moyen-Orient et d’Asie – Afghanistan, Pakistan, Chine, etc.) créent de nouvelles tensions. Les manifestations les plus spectaculaires d’intolérance et de xénophobie touchent de plus en plus ces populations, plus particulièrement les Roms de Roumanie ou d’autres pays, pourtant membres de l’UE. C’est un problème que la gauche européenne et les altermondialistes ne peuvent pas ignorer.

Louis Weber

[1] Voir par exemple : Grégory Marin, « La marque Le Pen relancée en région », L’Humanité, 23 mars 2010 : « Après l’échec des élections cantonales et municipales, le Front national retrouve ses électeurs. Moins fort qu’en 2004, il frôle les 18 %. […] Certes, le Front national perd 38 élus par rapport à 2004, avec 118 conseillers régionaux, mais les projections ne lui en accordaient que 70 à la veille du second tour. Surtout, le vote frontiste est en progression partout où le FN s’est maintenu au second tour. Dans ces douze régions, il gagne 482 000 voix, et passe de 15,09 % à 17,81 %, avec des pointes à 22,2 % dans le Nord-Pas-de-Calais (44,5 % à Hénin-Beaumont), où Marine Le Pen se présentait, et à 22,87 % pour Jean-Marie Le Pen lui-même en Paca. L’argument de l’abstention avancé pour expliquer le haut score du premier tour ne tient donc pas : la hausse de la participation (1,17 million d’électeurs supplémentaires) n’a pas été défavorable à l’extrême droite. Un sondage CSA publié dimanche tord le cou à une autre idée reçue : le vote FN n’est pas seulement ouvrier. Seuls 15 % d’entre eux feraient ce choix (57 % voteraient à gauche, 28 % pour l’UMP). En revanche, le rejet de l’action gouvernementale est clair : 56 % des électeurs FN clament leur "insatisfaction" quant à l’action de la droite. »

[2] Luc Bronner, « L’abstention en banlieue, plus grave que les émeutes ? », Le Monde, 25 mars 2010.

[3] Il faut ici préciser le vocabulaire parfois « euphémisé » en usage en France dans ce domaine. La « droite nationale » désigne en fait une droite qu’il serait plus juste de qualifier de nationaliste et traditionnellement antisémite et xénophobe (un peu comme dans national-socialisme).

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