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Appel européen

mardi 13 avril 2010

Vous trouverez ci-après un Appel européen « Les peuples ou les marchés financiers ? Les gouvernements et l’UE doivent choisir !  » que nous mettons en circulation dans une période de grave crise au sein de l’Union Européenne.

Initiateurs de cet appel européen, nous voulons

· contribuer à développer la capacité de résistances et d’actions solidaires des peuples en Europe contre les exigences des actionnaires, banques et marchés financiers, contre l’action de l’UE et des gouvernements en leur faveur, ce qui suppose aussi l’action pour des mesures immédiates qui s’inspirent d’une logique alternative

· contribuer à la bataille idéologique, à donner un pouvoir d’interprétation aux principales victimes des crises, à celles et ceux dont l’intervention sera essentielle pour changer le cours des choses.

· favoriser la coopération entre mouvements, syndicats, réseaux, citoyens, intellectuels, composantes de la société civile, forces de gauche dans un moment aussi crucial pour l’avenir de l’Europe, d’autant que l’expérience montre que lorsqu’une dynamique sociale et politique s’engage (l’exemple des référendums) , les citoyens sont en mesure de s’approprier des enjeux d’une grande complexité et d’exprimer leurs exigences.

Merci de nous lire. Pour signer, voir la fin du texte

Elisabeth Gauthier (Transform ! European network)

Frédéric Viale (Groupe Europe - Attac France)

Louis Weber (Espaces Marx - France)

Les peuples ou les marchés financiers ? Les gouvernements et l’UE doivent choisir !

Après avoir été sauvés par les États, voilà que les banques et les marchés financiers attaquent les États. Les déséquilibres d’avant la crise et ayant conduit à celle-ci n’ont pas été dépassés. Les États ont sauvé les banques sans se donner les moyens de les contrôler, ils ont restauré la puissance des marchés financiers en renonçant à les réguler et sans développer productions, recherches et services socialement et écologiquement utiles, sans relancer l’emploi et la justice sociale, sans augmenter les recettes publiques.

Pour les populations, c’est la double peine. Après des années de dégradation en raison des politiques néolibérales, elles subissent les effets directs de la crise financière (chômage, récession) et sont maintenant touchées par la régression sociale que les gouvernements entendent leur imposer. Les plus vulnérables - et notamment les femmes, les jeunes, les migrants, les précaires - déjà très durement touchés seront plongés dans des situations encore plus dramatiques.

Les gouvernements doivent rompre avec la logique : « La dette pour les États, la ceinture pour les peuples, les profits pour la finance » . C’est avec une autre logique qu’il devient possible de trouver des solutions.

L’attitude des principaux responsables re-légitimant le pacte de stabilité – pourtant largement piétiné par tous au plus fort de la crise tant il est impraticable – et la stratégie de Lisbonne est totalement irresponsable et met l’existence même de l’euro et de l’UE en péril. L’UE exige de la Grèce qu’elle rétablisse ses finances publiques de façon brutale, alors qu’une politique d’austérité ne saurait qu’augmenter le risque de récession et réduire les recettes fiscales. Elle veut ainsi faire un exemple de ce pays, attaqué par les marchés, après avoir livré plusieurs États européens particulièrement touchés par la crise au FMI sans aucune mesure de solidarité. Celle-ci n’existe pas au sein de l’Union. L’accord conclu le 26 mars révèle à nouveau au travers de l’appel au FMI l’incapacité de l’Union Européenne à mettre en place de réelles mesures de solidarité au sein de la zone euro.

Faire croire que les problèmes seraient ‘nationaux’ vise à masquer à quel point l’UE est aujourd’hui facteur de crise et contribue à développer les inégalités au sein de son territoire, notamment par la mise en concurrence fiscale et sociale des États. Le risque est grand de voir cette politique brutale conduire à des divisions et la recherche de ‘boucs-émissaires’ au sein des sociétés et de l’Europe. Une ‘nationalisation’ des problèmes ne saurait que donner plus de poids aux courants nationalistes, aux forces de droite populistes et extrêmes déjà très présentes en Europe, et aux clivages entre Nord et Sud, Est et Ouest du continent. Plus généralement, force est de constater que les logiques agressives du capitalisme financiarisé constituent des menaces pour la démocratie et la paix.

Signataires de cet appel européen, nous estimons que :

1- Les populations n’ont pas à payer la crise des marchés financiers. Il faut libérer les États et les populations de l’étau de la finance. L’UE a les moyens de limiter son poids sur son territoire. Il faut en finir avec l’indépendance de la Banque centrale européenne, ses politiques restrictives, l’interdiction pour elle de prêter aux États membres. Les États doivent pouvoir emprunter dans des conditions acceptables.

2- Il faut redimensionner la finance et les banques, imposer un contrôle strict et des taxations significatives des mouvements financiers et des surprofits pour réduire la nocivité de ces activités ; réduire les inégalités et créer de nouvelles recettes publiques ; mettre immédiatement à contribution les revenus des acteurs financiers et des grands actionnaires ; créer des pôles bancaires publics coopérant à l’échelle européenne ; réorienter les crédits vers des activités socialement utiles et écologiquement soutenables ; suspendre la directive « sur les droits des actionnaires » ; soumettre l’usage de moyens publics à des critères démocratiques, sociaux et écologiques et l’accompagner d’un renforcement des pouvoirs publics.

3- Les dogmes néolibéraux véhiculés par l’Union européenne et les États doivent être définitivement écartés. Le budget européen doit permettre de mutualiser des moyens plus significatifs en faveur de la cohésion et de la réduction des inégalités entre régions. Il faut rompre avec la stratégie de Lisbonne, source de précarisation du travail, de privatisation des services publics et de la santé, de marchandisation des savoirs, de la recherche et des formations, de privatisation de la retraite.

4- La monnaie unique ne doit pas être un outil de la concurrence ; elle doit s’accompagner d’un ‘pacte de coopération et de solidarité’ ainsi que d’objectifs communs en matière de politiques industrielles et de recherche, de coopération entre services publics, d’harmonisation vers le haut des salaires et de la protection sociale, ce qui suppose des fiscalités convergentes, des choix budgétaires compatibles. Dumping fiscal, social et écologique doivent être bannis.

5- L’UE et les États doivent agir de façon solidaire au niveau du continent et de la planète en faveur d’un nouveau type de développement, écologiquement soutenable. Ce qui suppose un changement d’orientation dans les institutions internationales et lors de la conclusion d’accords commerciaux.

Il est temps que les gouvernements et de l’Union européenne stoppent la spoliation des populations par les banques ! Ils doivent cesser de se comporter en alliés objectifs de la finance !

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Élisabeth Gauthier (Transform ! European network) elgauthi@internatif.org

Frédéric Viale (Membre du groupe Europe – Attac France) frederic.viale@free.fr

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