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Projet initial pour le FSE

jeudi 23 mars 2006, par Janine Guespin

La marchandisation de la recherche en biologie, rôle de la commission européenne. Quelles alternatives ?

On ne peut ni comprendre, ni lutter contre les retombées négatives, voire dangereuses, des sciences en matière d’agriculture, de santé ou de développement, et encore moins mettre les progrès des connaissances en biologie au service de la société, sans réfléchir à la politique
scientifique dans son ensemble, y compris les recherches publiques, qu’elles soient dites appliquées ou fondamentales.

Progressivement, la Commission européenne, à travers ses divers plans (on en est au 6eme PCRD), a réussi à diriger presque toute la recherche scientifique européenne en biologie, y compris celle qui se veut la plus fondamentale. Sous le signe de la compétitivité, la politique scientifique de la recherche, menée par Bruxelles, répond aux impératifs de "structures consultatives" (lire "de pression") des industriels, telles que l’IRDAC, (Industrial research and Development Advisory Committee) jusqu’à 1998, ou plus récemment, the European Research Forum.

Il y apparaît une cohérence dont il est important de mesurer les conséquences. Les "retours sur investissement" des recherches commanditées concernent l’ensemble des secteurs impliqués, et la politique scientifique bruxelloise en ce qui concerne les sciences de la vie
n’est pas du tout à courte vue, mais emprisonne au contraire la science et ses possibles retombées sur le long terme.

S’y ajoutent un vocabulaire fermé et une langue de bois bien rodée, rendant particulièrement difficile le débat démocratique qui pourra seul contrer cette volonté hégémonique sur les politiques de recherche. S’y ajoute aussi le rôle d’experts parcellisés où l’on cherche à
enfermer les scientifiques, pour leur faire oublier leur rôle primordial de citoyens.

C’est pourquoi Espaces Marx/transform ! propose de préparer, un atelier pour le prochain forum social européen, sur le thème " La marchandisation de la recherche en biologie, Le rôle de la commission européenne. Quelles alternatives ?".

Il pourrait y avoir trois axes de travail, préparés en commun tout au long de l’année :

1. L’analyse du 6e PCRD.

Il s’agit d’entreprendre l’analyse approfondie des thèmes proposés dans les sous-programmes des Sciences de la Vie, (Génomique et Biotechnologie pour la santé, Qualité et sécurité alimentaires, Changements globaux et écosystèmes), mais aussi certains aspects
d’autres priorités ("Nanotechnologies et nannosciences, et "citoyens et gouvernance dans une société de savoirs", et d’en déduire les directions précises où la commission européenne veut entraîner la recherche dans ces domaines, en mettant en évidence les cohérences sous-jacentes.

En quelque sorte, il s’agit d’analyser en quoi et comment le 6e PCRD est une véritable machine de guerre appelée à mettre toute la recherche européenne directement au
service exclusif de la compétitivité et des intérêts industriels à court et long termes, tout en écartant
des pans entiers de la recherche qui correspondent soit à la logique interne de développement scientifique, soit à la réponse à des besoins sociaux.

2. l’ERA (European Research Aera).

Il ne suffit pas d’avoir des programmes, il faut encore les faire appliquer. Quels sont les moyens que se donne la Commission européenne ? Aux incitations financières, qui ont fait leurs preuves jusqu’ici, s’ajoute maintenant, avec l’ERA, une méthode très contraignante pour réaliser le double décloisonnement nécessité par ces projets : décloisonnement des politiques nationales de recherche, au profit du seul PCRD, et décloisonnement des divers secteurs
d’activités scientifique pour assurer une totale cohérence dans la mise en oeuvre de ces programmes.

Comment ce projet se traduit-il dans les différents pays d’Europe ? Quels en sont les répercussions tant au niveau scientifique qu’au niveau des luttes pour le contrer ?

3. Que devrait être une politique scientifique européenne au service de la société ?

Commencer à répondre à cette question, si difficile soit-elle, c’est se placer directement dans le cadre des objectifs du deuxième Forum social européen. L’ensemble de ce travail devra être mené conjointement par des biologistes, mais aussi des syndicalistes, et des spécialistes de l’UE, dans plusieurs pays européens.

Janine Guespin

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