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Thèmes de travail pour lancer le débat (novembre 2002)

vendredi 24 février 2006, par Janine Guespin

Les rapports entre la Science, la politique et l’économie ont été longtemps régis par le credo selon lequel les progrès scientifiques devant être un jour utiles à l’économie et à la société, les pouvoirs publics doivent soutenir la recherche fondamentale, et préserver sa liberté, et les entreprises pourront ensuite utiliser au mieux les résultats donnant
lieu à des applications.

Dans les années 80, ce schéma linéaire a été modifié en partie, en biologie, par l’invitation faite aux scientifiques de se préoccuper de l’utilisation de leur recherche par les entreprises, en s’impliquant dans les possibilités de « valorisation ». Cette tendance a été concrétisée et
renforcée avec la loi du 12 juillet 1999 sur l’innovation et la recherche, loi qui organise notamment la participation des personnels de la recherche publique dans les entreprises.

Cette politique a certes permis l’essor des biotechnologies, et l’enrichissement de la recherche grâce à des problématiques fondamentales nouvelles, issues des préoccupations technologiques. Mais la situation a évolué très vite, avec la source de profits potentiels énormes attendus du brevetage du vivant, du clonage humain, ou des
OGM. 

Si certains en tirent argument pour rejeter la science, beaucoup considèrent qu’il s’agit d’un détournement de la science pour et par le profit. En même temps, l’image que les scientifiques eux-mêmes ont longtemps cherché à cultiver est celle d’une science « pure », qui va son train de science, et d’une société qui en détourne éventuellement les fruits, voire qui oblige les scientifiques à passer (ou détourner) une (trop) grande partie de leur temps pour les applications.

Les deux attitudes ont ceci en commun qu’elles ne remettent pas en question le fonctionnement de « La Science », ni la croyance en une science qui se construit librement selon des impératifs et une dynamique qui lui sont propres.

C’est cette idée qu’il est question ici d’interroger : dans quelle mesure peut-on dire qu’il y a aujourd’hui plus qu’hier intervention directe de l’économie dans la direction même de la recherche la plus fondamentale ? En quoi le libéralisme économique a-t-il renforcé ce phénomène ?

1. Quels sont les évidences pour cela et les moyens mis en jeu ?

2. Quels sont les degrés de liberté restants et les voies de recherche freinées ou interdites ?

3. Quelles résistances sont elles possibles (nouveaux enjeux, défis, nouvelles luttes et nouvelles potentialités) ?

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