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Pour une politique alternative en Europe : propositions en 5 axes

vendredi 15 octobre 2010

La prochaine assemblée européenne du forum social se tiendra à
Montreuil (93) les 23 et 24 octobre.
Elle s’attachera à analyser la crise,définir les possibilités alternatives et tentera de mieux cerner le rôle, la placeque pourrait occuper le Forum social européen pour aider les Peuples à ne pas payer la crise .
Espaces Marx et le réseau Transform ! participeront à cette rencontre et apportent dores et déjà leur contribution en proposant 5 axes pour une politique alternative en Europe :

Ebauche d’axes pouvant fonder une approche politique alternative
en Europe

Quelle réponse politique pour la Grèce, les PIGS et l’Europe ?

Les peuples ou les marchés ? Il faut choisir. Sortir de la crise suppose un changement radical de politique. Chaque revendication importante se heurte aujourd’hui à la logique du système capitaliste en crise aiguë.
À l’échelle de l’Europe et au sein de nos pays, il s’agit de lutter en faveur de véritables ruptures politiques ainsi que des mesures d’urgence inspirées, elles aussi, d’une logique alternative.
Les gouvernements – hautement responsables de l’avènement de la crise
– doivent être amenés à rompre avec la logique : « la dette pour les États, la ceinture pour les peuples, le casino pour la finance » . Au lieu de consulter des « experts » liés aux marchés, ils doivent faire fonctionner la démocratie en prenant des mesures et en engageant des réformes en faveur de la démocratie sociale et économique.

• La finance doit être démocratisée, réorientée, redimensionnée de façon responsable.

• L’UE doit décider certaines formes de contrôle du mouvement des capitaux, des taxations des transactions financières. Les paradis fiscaux doivent être fermés. Le secret bancaire est à revoir.

• Les banques doivent être amenées – par un effort convergent des gouvernements et de l’UE – à changer immédiatement d’orientation, à stopper l’utilisation de l’épargne pour des opérations de spéculation, et à réorienter les crédits vers le financement des activités utiles et de la création d’emplois et d’infrastructures.

• Toutes les politiques doivent viser à stopper la crise de suraccumulation, à intervenir de façon massive en faveur d’une répartition plus juste de la valeur ajoutée en faveur du travail et de l’intérêt public, et à s’affranchir des pouvoirs des marchés.

Au niveau international, l’UE doit contrer l’agressivité des États-Unis, agir en faveur de la stabilisation de l’économie réelle ; de l’utilisation des droits de tirage spéciaux (DTS) comme monnaie de réserve ; du remplacement du G20 par un Conseil économique global sous l’égide de l’ONU ; du développement de mécanismes en faveur de l’égalité dans les échanges ; de la soustraction de biens communs hors des circuits de la spéculation ; d’accords multilatéraux et bilatéraux à l’opposé de la mise en concurrence des peuples, des salariés et des territoires ; de politiques ambitieuses et partagées pour résoudre
la crise écologique. L’UE doit contribuer à libérer les matières premières de leur transformation en « produits financiers » .

Dans les institutions internationales, la voix de l’UE a du poids ; elle doit se faire entendre en faveur d’un monde solidaire, ce qui suppose un changement radical d’orientation.

Il faut rompre avec les dogmes de l’Europe libérale que continuent de défendre bec et ongles Juncker, Trichet et Gonzales.

• Le pacte de stabilité conçu pour rationner les dépenses sociales doit être abandonné. Les peuples européens ont besoin d’un pacte de coopération en faveur d’un développement social, écologique et de solidarité.

• Le budget européen doit être augmenté de façon significative et permettre des actions positives de l’UE. Il pourrait être financé par un impôt européen sur le capital. Le Dumping fiscal, social et écologique doit être banni.

• Le modèle social européen doit être renouvelé, réinventé. Une rupture radicale avec la précarité et la stratégie « Europe 2020 » est urgente.

• La privatisation de pans entiers des retraites – impulsée par la stratégie de Lisbonne et particulièrement avancée dans les pays de l’Est – conduit à des menaces lourdes en raison des pertes dans le cadre de la crise financière. Stopper la privatisation des retraites comme un des moteurs de la financiarisation
de l’économie est un des enjeux majeurs .

Se « serrer la ceinture » n’est pas la réponse. C’est autrement qu’il faudra réduire la dette publique. Toute mesure d’étranglement de l’économie réelle est irresponsable.

• Refuser un resserrement rapide budgétaire qui entraînerait un risque massif de faire basculer dans la récession.

• Des moratoires doivent être décidés pour stopper la progression de l’endettement
public, pour réduire la pression sur les États, pour gagner du temps – nécessaire pour établir des instruments en faveur de la transparence (commission d’enquête, etc.), pour mettre en place de nouvelles politiques et des méthodes démocratiques. Un traitement sélectif des dettes doit être également envisagé.

• Des moyens nouveaux (new deal) doivent être mobilisés – en contournant les marchés – afin de faire face aux besoins de dépenses publiques, pour contrer la crise et en sortir.

• Les intérêts de la dette publique doivent être radicalement abaissés. La BCE doit être dotée de la possibilité d’acheter des titres de dette publique dès lors que ces prêts sont utiles à un nouveau type de développement, à l’emploi et à la politique industrielle et de recherche, à la relance des services publics et de la protection sociale.

• La mission et la direction de la BCE ainsi que l’orientation du crédit doivent être modifiées en faveur d’objectifs de développement, en abandonnant le carcan de la politique monétariste, en modulant les conditions d’accès en Europe, crise, alternatives, enjeux stratégiques pour la gauche européenne fonction des contenus des projets, en rendant impossibles la contribution du crédit à la spéculation et les emprunts à découvert.

La redistribution et la démocratie économique comme principes des réformes antilibérales.

• Un meilleur partage de la valeur ajoutée est indispensable pour combattre le développement de la crise. Les revenus du travail doivent être revalorisés pour l’ensemble des salariés (y compris précaires…) par rapport à ceux du capital. Une partie plus importante des profits doit être investie en faveur du développement humain et écologique. L’économie solidaire doit être favorisée ainsi que les droits et pouvoirs des salariés.

• Suspension de la directive « sur les droits des actionnaires » et de sa transposition dans les pays de l’UE et mesures pour contrer la volatilité des investissements, pour pérenniser la relation entre investissements et entreprise, pour détacher le management de la logique actionnariale, pour renforcer « l’intérêt social de l’entreprise » et l’exigence du développement de l’économie réelle face aux intérêts des actionnaires, investisseurs et marchés.

• L’usage de l’argent public doit être démocratiquement contrôlé. La mobilisation de fonds publics notamment en faveur de grands groupes doit être basée sur des principes démocratiques (leur utilisation doit générer des pouvoirs nouveaux pour les pouvoirs publics et salariés), sociaux (des critères de création ou de défense d’emplois de qualité correctement rémunérés…), écologiques (en faveur d’un nouveau type de développement). Les moyens d’action des collectivités territoriales ne doivent pas être restreints mais améliorés.

• Chaque engagement d’argent public doit aider à développer la démocratie économique et ouvrir sur un changement de pouvoir, de propriété, d’orientation s’accompagnant de nouveaux pouvoirs pour les salariés et les citoyens.

• Concernant le système bancaire, l’installation de pôles bancaires publics soumis au contrôle de l’État et de la société est plus que jamais indispensable pour que le crédit agisse en faveur de l’intérêt général.

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