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Compte-rendu des conférences sur le TCE...

vendredi 31 mars 2006, par Elisabeth Gauthier

Plus de 200 participants à la Conférence européenne, co-organisée avec le groupe GUE/NGL qui s’est tenue les 24 et 25 juin 2005 à Paris, au siège du PCF-Espace Niemeyer. En ce qui concerne la France, toute la palette des forces du Non de gauche, antilibéral, est présente. Pour les autres pays, 80 représentants de nombreuses forces politiques (communistes, anticapitalistes, écologistes et socialistes antilibéraux), des comités du Non au Pays-Bas et au Luxembourg, de mouvements, réseaux altermondialistes comme Attac et féministes liés au FSE, et quelques militants syndicaux de 20 pays. L’attente était forte en Europe qu’une telle conférence puisse permettre, sans prendre de retard, d’examiner la nouvelle donne suite aux référendums en France et aux Pays Bas. Le sommet européen de juin avait en outre révélé la profondeur de la crise de la construction européenne. Les résultats de cette conférence étaient très attendus en Europe et en France où au même moment se réunissaient les collectifs du Non à Nanterre avec les mêmes préoccupations. La nécessité de porter les efforts à un niveau supérieur, en réponse à la nouvelle donne européenne et la mise en difficulté de l’hégémonie néolibérale, fonde la volonté de concevoir un travail convergent d’une nouvelle ampleur. Acteurs et chercheurs se voient défiés en matière d’analyses, de capacité de produire des pistes alternatives. Ainsi est née l’idée de concevoir, face à la dévastatrice ‘stratégie de Lisbonne’ une ‘stratégie d’Athènes’ qui pourrait être un des axes de travail lors du prochain FSE qui aura lieu à Athènes en avril 2006.

On voit se dessiner à l’échelle européenne, comme en France, la possibilité d’un nouveau type de coopération entre forces de nature différente dès lors que l’on part des contenus. Il y a conscience commune de l’urgence de telles nouvelles constructions politiques européennes dès lors qu’on décide de travailler à une issue progressiste de la crise, à l’irruption des peuples et de la responsabilité accrue de toutes les forces antilibérales. L’expérience qu’un rassemblement populaire, citoyen peut conduire à des majorités antilibérales constitue un puissant encouragement pour tous.

C’est maintenant partout en Europe, bien au-delà des forces et réseaux déjà mobilisés, qu’il s’agit de mettre en débat les propositions élaborées par cette Conférence. « Ensemble, nous voulons engager un large mouvement citoyen à l’échelle européenne pour développer, du local à l’échelle européenne, en solidarité avec tous les peuples du monde, des dynamiques politiques et sociales en faveur d’une Autre Europe » [1]

Face aux politiques néolibérales, il s’agit de résister et de gagner par des dynamiques sociales et politiques européennes le retrait des directives de libéralisation en cours (notamment la directive Bolkestein).

Une campagne exigeant que les peuples puissent décider de leur avenir et que leurs choix soient respectés doit s’engager. Les objectifs impliquant un changement fondamental des politiques européennes seront discutés autour d’une pétition européenne dont le contenu doit être décidé par toutes les composantes fin septembre, à l’occasion d’une assemblée préparatoire du prochain FSE.

Pour débattre et construire des alternatives aux politiques néolibérales en Europe, pour mutualiser nos propositions alternatives, il y a volonté commune de créer un espace public, permettant l’agglomération de forces nombreuses - en veillant à la participation de celles de l’Est - opposées au néolibéralisme et disponibles pour construire une Autre Europe, pour un Autre monde. Le débat sur constitution, traité, constituante... aussi diffus, approximatif, voire clivé, qu’en France, n’empêche cependant pas de construire une démarche commune dans l’immédiat.

Afin de construire une Europe sociale, démocratique, pacifique, féministe, écologique, solidaire, un appel est lancé à toutes les militantes et tous les militants politiques, syndicalistes, associatifs, de réseaux et mouvements, aux citoyennes et citoyens pour tenir partout - comme cela a aussi été décidé à Nanterre pour la France - des initiatives, rencontres et assemblées permettant d’élaborer des propositions. Ce vaste mouvement pourrait déboucher sur un Manifeste ou une Charte des droits sociaux, démocratiques et environnementaux dessinant l’Europe que nous voulons. Il prendra toute sa place dans le processus du Forum social européen et sera rythmé par différentes initiatives, telles qu’une rencontre internationale organisée par les réseaux italiens à Florence en novembre.

Elisabeth Gauthier, été 2005

Notes

[1Voir la Déclaration finale produite

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