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Liste détaillée des initiatives 2003-2005

vendredi 31 mars 2006

Dès sa création, Transform ! s’est donné comme ambition de contribuer à l’émergence d’une nouvelle culture politique en Europe, progressiste, en considérant que cet enjeu ne concerne pas uniquement les peuples européens, mais les rapports de force dans le monde, les perspectives de transformation. Son travail s’est par conséquent très naturellement lié au processus des Forums sociaux (Forum social mondial, Forum social européen).

Aujourd’hui, le rejet grandissant et de plus en plus conscient du néolibéralisme par les peuples en Europe - les Non français et néerlandais en ont été l’expression la plus affirmée - place le principe d’hégémonie pour la première fois en difficulté, tandis que l’appel à intensifier le travail en matière d’analyse, de confrontation d’idées et d’élaboration d’alternative, ne fait que s’intensifier. Face aux forces de droite qui se radicalisent, c’est la construction d’une nouvelle hégémonie culturelle qui est à l’ordre du jour.

Nous démontrons ici le travail engagé ces dernières années et tout particulièrement ces derniers mois. Celui-ci devra nous permettre de franchir de nouvelles étapes dans cette période stimulante et exigeante.

Vos contributions et propositions de coopération sont les bienvenues.

NB : Vous trouverez ci-dessous une liste d’initiatives courant de 2003 à 2005, organisées par Espaces Marx en lien au réseau Transform !, avec pour chacune le détail des problématiques et la liste des intervenants, avec également les liens vers les compte-rendus disponibles.

1. Quelle Europe pour quel monde ?

- Colloque : L’Europe - acteur international pour quel monde (Paris, 5 et 6 mars 2004)

Colloque co-organisé par Espaces Marx - Transform !, l’Institut de Documentation et de recherche sur la paix (IDRP), le GUE/NGL (Groupe parlementaire de la Gauche Unitaire Européenne).

- Vendredi 5 mars, 16h00-18h30 : Evolution des USA - USA et monde

Intervenants : Samir Amin, Gérard Duménil, Alain Joxe, Michaël Löwy

Présidente de séance : Élisabeth Gauthier.

-  Vendredi 5 mars, 20h-22h30 : Europe et monde : stratégies actuelles

Intervenants : Denis Durand, Susan George, Timour Timofeev, Francis Wurtz

Président de séance : Jacques Le Dauphin.

-  Samedi 6 mars, 9h30 - 12h : Comment penser l’Europe comme acteur en faveur d’un « autre monde »

Intervenants : Bernard Cassen, Daniel Cirera, Arielle Denis, Janette Habel, José Vidal Beneyto

Président de séance : Nils Andersson.

Nous vivons un moment charnière de la construction européenne.
En 2004, l’Union Européenne rassemblera 25 pays. Tous les pays seront consultés sur une Constitution de l’Union et auront à élire leurs représentants au Parlement Européen.

En même temps se construisent de nouvelles dynamiques sociales et politiques dans les confrontations et notamment dans le cadre du processus du Forum Social européen.

Un nouveau type de citoyenneté européenne, de nouvelles exigences d’une « Autre Europe » pour ‘Un Autre monde’ émergent. Ce qui soulève de grandes questions quant à l’avenir, à l’orientation de l’UE.

- Comment apprécier les rapports de force dans le monde d’aujourd’hui ?
- Quel type de stratégie l’Europe pourrait-elle développer, face aux options impériales et unilatérales des USA ?
- Comment penser l’Europe comme acteur en faveur « d’un autre monde ».
- Quelle place peut et doit tenir une Union regroupant 450 millions d’habitants de l’Ouest et l’Est de l’Europe, quelle logique peut et doit-elle faire valoir dans le monde ?
- Comment apprécier les moyens d’agir de façon autonome dans le monde ?
-  Quel rôle dans le monde rechercher, quelles ambitions, quels objectifs ?
- Les options de multipolarisme, de multilatéralisme, peuvent-elles constituer des réponses progressistes à la recherche de dépassement d’un monde marqué par l’hégémonie américaine ?
- Quel type d’identité construire dans le monde contemporain ?
- Quelle rôle rechercher dans les institutions internationales et notamment au sein de l’ONU ?
-  Quel rôle de la France dans une stratégie renouvelée de l’Europe ?
- Quelle intervention citoyenne dans les questions ‘internationales’, comment peser en faveur d’une nouvelle orientation européenne ?
- Quel nouveau type d’interaction entre les acteurs politiques et le mouvement citoyen

- Soirée-débat : Etats-Unis : Néo-impérialisme et évolutions du système politique (1er octobre 2005)

Organisée par Espaces Marx et L’IDRP, à l’occasion du Congrès Marx International IV : Guerre impériale, Guerre sociale, avec des contributions de :

- Joachim Bischoff (Allemagne) : « Une reconstruction de l’Ouest ? L’Europe entre autodétermination et partenariat transatlantique »
- David Harvey (USA) : « De la mondialisation au nouvel impérialisme »
- Leo Panitch (Canada) : « Impérialisme américain et capitalisme européen : la fabrique de la mondialisation néo-libérale »

La discussion a porté sur les rapports de force dans le monde, leur évolution dans le cadre du capitalisme contemporain, le poids réel des USA, les conséquences de la réorientation stratégique des USA et de l’érosion de l’alliance transatlantique pour l’Europe, les possibilités pour « l’Europe » de se détacher de la « chaîne impérialiste » dirigée par les USA. La préparation des élections américaines stimulait tout particulièrement l’examen de l’articulation entre stratégies internationales et évolutions du système politique des Etats-Unis.

Retranscription de la soirée à venir (contributions et discussion avec un grand nombre de participants de différents pays) ici-même sur le site d’Espaces Marx.

2. Confrontation avec le TCE, construction d’alternatives : deux conférences européennes à Paris.

Espaces Marx, la Fondation Copernic, avec le groupe parlementaire européen GUE/NGL, ont été co-organisateurs de deux importantes conférences européennes à Paris en avril et juin 2005.

La première (3-4-2005) a permis de brosser un dessin des confrontations en cours avec le TCE et l’offensive néolibérale dans une quinzaine de pays européens et également de faire partager les argumentations et méthodes de travail développées en France dans le cadre de la campagne pour un Non pro-européen.

La deuxième conférence (24/25-6-2005), plus large du point de vue des organisateurs (la coordination nationale du Non au TCE) et des participants, a cherché à répondre à une forte attente européenne. Elle a permis (avec la contribution de nombreux interprètes bénévoles que nous remercions) d’analyser les résultats et conséquences du Non antilibéral en France et aux Pays Bas et d’engager une réflexion commune concernant les axes de construction d’une autre Europe ainsi que les moyens d’y travailler ensemble à l’échelle européenne.

Une telle rencontre entre 200 acteurs sociaux et politiques, entre des représentants de l’ensemble des forces du Non de gauche en France et 80 représentant-es d’une vingtaine de pays, voilà qui était inédit. Il a été décidé de poursuivre ce travail (voir la déclaration), tout en l’articulant avec le processus du FSE. Les prochaines rencontre auront lieu lors de l’Assemblée de préparation du FSE à Istanbul probablement le vendredi 23 septembre 2005 et ensuite à Florence les 12/13 novembre 2005.

Compte rendu d’Elisabeth Gauthier : une nouvelle époque peut s’ouvrir en Europe.

3. Le travail du « Réseau européen pour les droits démocratiques et sociaux »

Ce travail se construit depuis plus plusieurs années maintenant, en lien avec le FSE et en confrontation, initialement, avec la Convention Giscard pour une Constitution européenne. Son parti-pris est de bâtir, à partir d’une élaboration de droits (nouveaux), la conception de l’autre Europe et de nourrir ainsi les luttes nécessaires. Comme dans tous ces processus, un réel effort a été indispensable pour organiser, surtout dans un premier temps, une rencontre productive entre différentes cultures politiques et sensibilités. Une première rencontre à Thessalonique, ensuite une conférence à Rome en mai 2004 dont un site rend compte (www.altraeuropa.org), la mise en circulation de textes enfin, rythment un travail en réseau afin de déboucher sur la rédaction d’une Charte alternative, auquel participent notamment Transform ! Italia, Nicos Poulantzas, Espaces Marx, le Forum Italien pour la démocratie constitutionnelle, Euromarches, la LDH, SUD, Copernic. Franco Russo et les militants des Euromarches animent ce travail qui s’inscrit également dans le cadre du FSE. Plusieurs constitutionnalistes liés au réseau Transform ! ont apporté leur contribution dans cette confrontation avec le TCE néolibéral.

L’étape suivante fut l’importante conférence à Florence les 12 et 13 novembre 2005 dont le but a été de poursuivre le travail des conférences européennes à Paris, avec l’objectif de concrétiser un projet de Charte qui ferait l’objet du débat lors du prochain FSE à Athènes, en avril 2006.

Compte rendu de la conférence de Rome des 22 et 23 mai 2004 par Annick Coupé.

4. Fonder une offensive contre la « stratégie de Lisbonne » - bâtir une alternative : la « stratégie d’Athènes »

Afin d’européaniser la connaissance des conséquences de la « stratégie de Lisbonne » visant à faire de l’Europe « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde » et impulsant partout depuis 2000 le démontage social, afin en outre d’ainsi favoriser les mobilisations européennes, la revue Sozialismus a édité début 2004 un 4 pages (à consulter en ligne) établissant la liste des méfaits pays par pays. Traduits en une dizaine de langues par le réseau des traducteurs bénévoles Babels, il a été diffusé dans les réseaux FSE. Une étude allemande parue en 2005 approfondit encore l’analyse et propose des axes pour une stratégie de développement alternatif. Transform ! s’inscrit pleinement dans l’objectif - formulé lors de la Conférence en juin à Paris - de pouvoir présenter lors du FSE en avril 2006 une « stratégie d’Athènes » et d’en débattre largement, à l’opposé de la spirale néfaste initiée à Lisbonne.

5. Coopération avec « European Network of Democratic Young (ENDYL)

Séminaire, coorganisé également avec le groupe parlementaire européen GUE/NGL en mars 2005 à Espaces Marx. Une vingtaine de délégués d’une dizaine de pays dont plusieurs pays scandinaves ont discuté avec Francis Wurtz et Tobias Pflüger (députés européens), Roger Martelli (historien, animateur du projet « Charte citoyenne pour une Autre Europe »), Claude Michel (syndicaliste, spécialiste des questions culturelles) et Elisabeth Gauthier, des enjeux européens à la lumière de la Constitution (TCE), d’une vision émancipatrice de l’Europe, des perspectives et alternatives possibles. C’est le début d’une coopération plus régulière avec l’un des réseaux de jeunesse en Europe qui se positionne clairement contre le néolibéralisme et se considère comme partie prenante du mouvement altermondialiste.

6. Un séminaire en coopération Espaces Marx-Fédération de Paris du PCF

Des « Ateliers-débats du 120-L’Europe » se sont tenus en trois séances :
- sur l’histoire de l’Union européenne / le PCF et l’Europe (Nils Andersson, membre du conseil scientifique de l’IRDP et essayiste, et René Piquet, ancien responsable du groupe GUE au Parlement européen),
- les enjeux actuels de l’Europe à travers le débat sur la Constitution européenne (Martin Hantke, collaborateur au Parlement européen), la stratégie de Lisbonne (Catherine Mills),
- l’Europe et le monde (Jacques le Dauphin, Obey Ament).
- Une quatrième est programmée sur les réalités politiques européennes.

7. Le modèle social européen : objet de « réformes » néolibérales, résistances et alternatives

Ce thème a fait l’objet d’un séminaire en automne 2003 à Francfort, à l’initiative de la Fondation Rosa Luxemburg, intitulé « Perspectives du welfare state en Europe » : présentation d’études par pays (Allemagne, Grèce, Espagne, Suède, José Caudron pour la France) et tables rondes, pour dégager les tendances lourdes ainsi que les spécificités, pour discuter enfin des alternatives. Les textes ont été publiés par la Fondation Rosa-Luxemburg dans un ouvrage en anglais (« The prospects of the European welfare state ») et un autre en allemand (« Reihe Manuskripte - 52 von Conny Hildebrandt 2005/04 : Perspektiven des Europäischen Sozialstaates. Bestandsaufnahme für alternative Strategien. », téléchargeable depuis le site de la fondation).

8. Le secteur public comme pilier d’une Europe sociale et démocratique : Deux séminaires organisés par Espaces Marx/Tranform !et GUE/NGL

Les questions du secteur public sont depuis fort longtemps en Europe au cœur d’une longue tradition de lutte, avec des différences bien sûr selon les pays. Mais un modèle social européen est inconcevable sans un rôle important des services publics. C’est précisément cet aspect qui est frontalement agressé par les logiques néolibérales. Il a donc paru intéressant d’examiner comment, dans des pays différents tant par les traditions que par les luttes qui s’y multiplient dans ce domaine, il est possible de penser ensemble des services publics qui soient une sorte de pilier pour une autre construction de l’Europe. Ce n’est pas une chose simple tant le domaine est vaste et divers. Dans chacun de nos pays, les choses n’ont pas exactement les mêmes configurations, des obstacles sérieux rendent les luttes et constructions politiques complexes pour promouvoir des alternatives. Cela nécessite de pouvoir répondre à des problèmes difficiles tels que ceux du financement. Mais l’exigence de services publics, de biens communs, de droits d’accès à ces services et biens prend de la force dans les résistances et les idées alternatives : on le constate dans les nombreuses résistances contre les privatisations, le mouvement altermondialiste ou les luttes qui disent « non à la marchandisation ». Ce séminaire a voulu initier une réflexion entre acteurs et chercheurs à l’échelle européenne.

- Première soirée le 13 février 2004, centrée sur les questions : Quelle approche critique des projets de l’UE ? Quelles luttes et alternatives, du point de vue de syndicalistes, réseaux, mouvements, partis politiques ? Avec la participation de : Sylviane Ainardi (Députée européenne), Martine Antoine (PCF, collectif santé), Claude Aufort (CGT, ancien administrateur CEA), Jean Claude Boual (Réseau Celsig), Michel Dauba (Directeur-adjoint de la revue Economie et politique), Elisabeth Gauthier (Espaces Marx), Pierre Khalfa (membre de la direction d’Attac), Isabelle Lorand (médecin), Henri Maler (ACRIMED - ACtion-CRitique-MEDias) ; Roger Martelli (Regards), Jacques Perreux (Conseiller Général, Association pour le contrat mondial de l’eau, ACME), François Recher (CGT Ports et Docks), Yves Salesse (Co-président de la fondation Copernic), Louis Weber (FSU), et des représentants de SUD, de la CGT-France Télécom.

- Ensuite était organisé un Séminaire européen « Services publics - pilier pour une autre Europe » : les 16 et 17 Avril 2004 à Paris

Co-organisé par :
· Transform ! - European Network for alternatif thinking and political dialogue
· Espaces Marx (France)
· Fondation Copernic (France)
· GUE/NGL (Groupe parlementaire de la Gauche Unitaire Européenne)

1. Vendredi 16 avril, 16h - 18h30, table-ronde : Démantèlement et privatisation. L’étude d’un « cas » à travers l’Europe : les hôpitaux publics.

Stratégies à l’œuvre - conséquences pour les salariés, les malades, les sociétés - offensive sociale, politique et idéologique - résistances, luttes sociales et politiques - argumentations et conceptions alternatives - débats à gauche. Possibilités de résistances, luttes, initiatives communes en Europe
· Françoise Geng (France), Fédération CGT santé
· Suszanna Frankfurter (Hongrie), médecin, co-animatrice de la campagne référendum contre la précarisation des hôpitaux en Hongrie
· Katharina Ries-Heidtke (Allemagne), Présidente du Comité central d’entreprise des hôpitaux de Hambourg et co-animatrice de la campagne pour le référendum contre la privatisation des hôpitaux de Hambourg

2. Vendredi 16 avril, 20h - 22h30 : déréglementations, privatisations : quelles raisons économiques et politiques, quelles stratégies des pouvoirs, de l’Union européenne ?

Contributions de :
· Michel Rizzi (Espaces Marx, France)
· Joachim Bischoff (économiste, Sozialismus, Allemagne)
· Raoul Jennar (UFRIG, Belgique/France) - AGCS, UE, politiques gouvernementales
· Jörg Huffschmid (Réseau européen des économistes..., Allemagne)

3. Samedi 17 avril, 9h30 - 13h : services publics - un pilier pour une Autre Europe, un enjeu de société, d’émancipation humaine.

Quels besoins de (nouveaux) services publics ? Quelle possibilité d’une bataille sociale, politique, idéologique commune en Europe ? Quelle articulation entre luttes locales, nationales, européennes ? Quels services publics en faveur des droits sociaux et citoyens, en faveur d’une coopération à l’échelle mondiale ?

Contributions de :
· Sylviane Ainardi (GUE)
· Yves Salesse (Copernic, France)
· Marletto Gerardo, Forum social italien (Forum pour la démocratie constitutionnelle européenne)
· Marie-Claire Culié (PCF, France)
· Claus Faber, Syndicat cheminots, Autriche

9. Le projet européen « Démocratie économique »

Il s’agit d’un projet pluriannuel conçu par le groupe parlementaire européen GUE/NGL et Transform ! comme un travail permettant d’élaborer des alternatives aux logiques économiques et politiques actuelles. Ces problématiques sont restées à l’ombre durant les décennies d’hégémonie néolibérale, y compris dans des pays européens où ces traditions ont été historiquement fortes. Actuellement une certaine re-conceptualisation semble en route, et ce champ est réinvesti par des chercheurs et des acteurs dans un contexte où le capitalisme contemporain et sa mondialisation modifient la donne sur les plans micro- et macroéconomiques et où il s’agit de redéfinir des axes et outils de transformation sociale. L’échelle européenne semble pertinente pour organiser un travail - proposé par la FIM, le CMS et Sozialismus et auquel participent maintenant tous les membres de Transform ! - entre chercheurs, acteurs sociaux et politiques en la matière.

Un premier séminaire s’est tenu les 7 et 8 décembre au Parlement européen à Bruxelles, avec des participants de 9 pays (dont Tony Andréani, Marc Mangenot, Gilbert Marquis, Elisabeth Gauthier). Les contributions (dont celle de Tony Andréani), souvent très élaborées, ont reflété des approches très différentes selon les pays et les spécialités et sensibilités. Lors de la réunion d’évaluation, il a été convenu de resserrer les prochains séminaires autour de problématiques plus circonscrites et de les articuler davantage aux confrontations majeures marquant la période actuelle du capitalisme contemporain afin de favoriser un échange plus précis. En articulant ce travail avec les débats qui se sont intensifiés et clarifiés dans le cadre de la discussion sur la Constitution européenne, il a été convenu de centrer le séminaire des 7/8 décembre 2005 sur les enjeux liés au secteur public en Europe.

10. Assises citoyennes de la recherche en Europe

Un des constats du groupe de travail sur la recherche en biologie est que, alors que la recherche scientifique, dans son ensemble, est devenue un enjeu majeur de la politique capitaliste actuelle (importance de l’économie de la connaissance dans l’agenda de Lisbonne), les forces de transformation sociales ne se mobilisent pas sur ce sujet. Le thème de la recherche scientifique n’est apparu que lors du deuxième forum social européen, et ceci grâce en grande partie aux efforts d’Espaces Marx. La proposition que nous y avons faite d’aller vers des assises citoyennes de la recherche en Europe a été reçue avec un enthousiasme qui nous a beaucoup stimulés. Mais les syndicats français qui avaient pris en main la préparation de ces assises ont été occupés par d’autres échéances (le mouvement de défense de la recherche).

C’est sous l’impulsion d’Espaces Marx que plusieurs séminaires ont été co-organisés lors du 3 e FSE (Londres) par quelques organisations qui s’étaient rencontrées lors du deuxième FSE. Contrairement à notre espoir, la préparation des « assises » n’a pas fait l’objet d’une préoccupation majoritaire, mais un réseau ouvert et informel a été fondé entre une quinzaine d’associations et syndicats, sous le nom de « european scientific social Forum ». Ce réseau a essentiellement travaillé à faire des propositions pour le prochain programme cadre européen (le 7e), sous forme d’une pétition (qui a été signée par 400 personnes de l’Europe entière) et, plus récemment, de propositions d’amendement du projet. Une liste de diffusion et un site permettent en outre à tous ceux qui le veulent de dialoguer.

Cependant les syndicats, français ou anglais, qui étaient parmi les premiers organisateurs, ne se sont jamais manifestés (ni en participant à l’élaboration du texte de la pétition ou aux amendements, ni en participant au débat sur la liste de diffusion ni même en faisant signer la pétition), laissant la place à des organisations et partis (les Verts européens) qui cherchent à agir par lobbying en vue d’une recherche plus ou mieux axée sur les besoins de la société. Ce qui ne suffit pas pour élargir le débat au plus près possible des citoyens ni de créer les conditions d’un dialogue entre citoyens et chercheurs. Dans ces conditions, une participation au 4e FSE sur des bases renouvelées (« démocratie participative et politique de la recherche », et/ou « société et économie de la connaissance dans un ‘autre monde’ », par exemple)
pourraient permettre au réseau de rebondir et d’élargir ses bases.

11. Europe-Amérique Latine

Depuis le FSM organisé à Porto Alegre en 2002, Transform ! insiste sur l’importance d’un travail sur les relations entre l’UE et les pays de l’Amérique Latine, conçu non pas comme une question de solidarité traditionnelle envers les luttes des peuples latino-américains mais comme la nécessité d’une convergence entre les actions des forces progressistes européennes et latino-américaines. Ainsi en 2003, un séminaire « Dialogue Europe et Amérique Latine » a été organisé avec les partenaires latino-américaines, fondations et centres d’études, portant sur la démocratie, la construction de l’alternative politique dans les deux continents.

Lors du FSE de Paris-Saint Dénis, Transform ! s’est associé au collectif des organisations (notamment « France Amérique Latine ») et le travail sur les accords d’association que l’UE négocie avec l’Amérique latine. Une conférence plénière et cinq séminaires ont été organisés.

Un travail commun permanent est alors né. Le partenariat fut encore élargi à Mumbai, lors du IV° FSM. 

En mai 2004, à l’occasion du Sommet des Chefs d’Etat des pays de l’UE et de l’Amérique Latine, le « Réseau Mexicain face au Libre Echange » et autres organisations et mouvements mexicains et latino-américains ont accueilli la rencontre « Nouons des alternatives » à Guadalajara qui a débouché sur la constitution d’un réseau bi-continental d’organisations pour élaborer des propositions alternatives face aux relations de domination que l’UE développe outre-atlantique. Le réseau s’est renforcé à Londres, lors du FSE de 2004, avec la participation de plus de cinquante organisations et organise des réunions de travail au Parlement Européen en coopération avec le GUE/NGL.

Ce réseau, qui rassemble des organisations agissant sur le terrain syndical, de défense des droits de l’Homme, de la coopération ainsi que des centres de recherche, prépare une rencontre bi-continentale « Nouons des Alternatives II » qui aura lieu à Vienne en même temps que la prochaine rencontre des Chefs d’Etat et de Gouvernements de l’UE et de l’Amérique Latine en mai 2006.

De nombreuses invitations nous parviennent pour des colloques en Amérique Latine auxquelles nous ne pouvons malheureusement pas toujours répondre. Obey Ament a participé à une rencontre internationale à Montevideo (Uruguay) en mai 2003 sur « Amérique Latine : ses potentialités pour la transformation du monde actuel ». Ce sont en fait les Forums sociaux qui aident à maintenir et intensifier les échanges et à constituer des réseaux en mobilisant des moyens relativement limités.

Elisabeth Gauthier, septembre 2005

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