Accueil > OLD > Revue Transform !, numéro 8

Le Parti de la gauche européenne contre l’euro pacte

jeudi 9 juin 2011, par Louis Weber

Interview de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français et président du Parti de la gauche européenne.

PDF - 240.1 ko

L’Europe est particulièrement secouée par la crise. Face à l’explosion de la dette publique, la réponse choisie n’est pas de remédier aux causes de la crise mais de soumettre les populations à une cure de superaustérité. Un nouveau dispositif européen vise à homogénéiser les contenus des politiques et les modes de décision. Comment caractérisez-vous cette «  rénovation  »  ?

Cette «  rénovation  » est en réalité une amplification dramatique des mécanismes actuels de super-austérité sociale et de soutien aux marchés financiers. C’est un coup de force, finalement baptisé «  Pacte pour l’euro  », qui vise à inscrire dans le marbre des politiques nationales et européennes de nouveaux reculs massifs des droits sociaux. Comme les dirigeants capitalistes européens ne parviennent pas à juguler la crise, ils renforcent encore la course à la compétitivité financière de la zone euro. Ce sont les conditions allemandes qui sont imposées à tous, les grands groupes allemands espèrent en tirer tout le bénéfice en élargissant leur domination financière sur la zone euro. Le prix à payer pour tous les Européens sera terrible, avec une explosion plus grave encore des inégalités dans toute l’Europe, dans chaque pays et entre les différents pays. Ce «  Pacte pour l’euro  » est une étape significative supplémentaire dans la guerre que les forces capitalistes mènent contre les forces du travail et la démocratie.
Qu’est-ce qui a provoqué la crise sinon le modèle capitaliste financier sur lequel a été construite l’Union européenne depuis des années, et singulièrement la zone euro  ? L’Europe paie ces choix politiques néolibéraux appliqués par les dirigeants de droite comme par les sociaux-libéraux. Avec le Pacte de stabilité, le rôle joué par la BCE, le dumping social et fiscal, la généralisation de la précarité et les politiques de déréglementation, ils ont soumis toujours plus les peuples et les états aux injonctions des marchés financiers, réduit les droits sociaux des citoyens européens, déséquilibré les budgets publics et finalement gonflé les dettes souveraines qui servent aujourd’hui de prétexte à un nouveau cycle d’austérité. Ce sont ces politiques qui sont responsables de la crise. C’est un engrenage infernal.

Les dispositifs accumulés pour «  rassurer les marchés  » ne font, sur la durée, qu’aggraver la situation. Des sommes colossales ont été dégagées avec le Fonds de stabilisation financière, pour renflouer les banques et les marchés financiers. Cela n’a pas empêché les attaques spéculatives sur les dettes des états européens… mais a renforcé leur emprise sur le pouvoir politique dont les peuples sont dessaisis.
Mais qu’importe pour les marchés, puisque c’est aux citoyens européens que les gouvernements entendent faire payer la crise en appliquant des mesures d’austérité calquées sur les politiques d’ajustement structurel menées par le FMI. Ces choix entraînent les pays européens – en premier lieu les pays dits «  périphériques  » comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande – vers une spirale de récession économique et de régression sociale. Mais au-delà, toute la zone euro est concernée, tous les peuples européens sont touchés.
L’obsession reste de «  baisser le coût du travail  » pour mieux rémunérer les actionnaires. Alors que, dans l’Union européenne, la part des salaires dans le PIB a déjà chuté de 10 % en 15 ans pour être transférée au capital, le pacte va accentuer cette injustice en revenant sur les conventions collectives par des «  négociations décentralisées  », en instaurant le gel des salaires et avec la fin de leur indexation sur les prix. Selon Messieurs Barrosso et Von Rompuy  : «  Des augmentations importantes et soutenues [des salaires] peuvent indiquer l’érosion de la compétitivité  »  ! Dans la Fonction publique, les État sont sommés de garantir la «  modération salariale  », de supprimer des postes de fonctionnaires et de réduire les dépenses sociales.

Concernant les conditions de travail, le modèle est toujours et encore la flexi-sécurité, ou plutôt la maxi-précarité qui touche déjà 40 % des actifs en Europe, majoritairement les jeunes, les femmes et les immigrés. Ce «  précariat  » ne bénéficiera même plus de garanties sur les horaires et jours de travail puisque, toujours selon les mêmes, il faut «  limiter les restrictions injustifiées du travail  » (quotas, fermetures des magasins à certaines heures ou dans certaines zones…). C’en est fini du repos dominical et des restrictions au travail de nuit. Précaires et sous-payés, les salariés seront en plus surtaxés et devront travailler plus longtemps puisque le pacte prévoit de reporter la fiscalité du travail vers la consommation ainsi qu’une harmonisation de l’âge de départ en retraite à 67 ans.

Voilà l’avenir que les ultralibéraux nous concoctent… Et puisque les citoyens européens ne peuvent accepter de telles régressions, ils ne les consultent pas pire ; ils mettent en place de nouveaux mécanismes de contournement de la souveraineté populaire. Après le passage en force du traité de Lisbonne, après la mise en place du semestre européen – qui instaure un contrôle a priori des budgets nationaux par la Commission européenne – les États doivent s’engager à inscrire dans leur législation, voire dans leur constitution, une «  obligation de conformité avec les règles budgétaires de l’UE  ». Ils veulent verrouiller nos sociétés en ôtant aux peuples la liberté de leurs choix politiques et économiques. Pour qualifier ce nouveau recul démocratique, John Monks, président de la Confédération européenne des syndicats (CES), a trouvé la formule adéquate  : il a parlé d’un système qui pourrait «  réduire les États membres à un statut quasi colonial  ». Voilà la réalité de leur prétendue «  rénovation  ».

En quoi le nouveau dispositif modifie-t-il les conditions des luttes sociales et politiques en Europe  ? D’un côté, il y a homogénéisation des politiques menées, et de l’autre augmentation des clivages. Comment la Gauche Européenne entend-elle favoriser des luttes convergentes et solidaires  ?

Évidemment, les contournements de la démocratie que je viens de décrire, ainsi que l’appauvrissement et les difficiles conditions de travail des hommes et des femmes dans les pays membres de l’UE ne facilitent pas les choses. Cela dit, une profonde colère se manifeste. Cette colère est légitime et peut ouvrir des voies vers le changement. Des mobilisations sociales se développent dans toute l’Europe contre l’austérité. La condamnation syndicale du Pacte pour l’euro est très forte. Et il faut ajouter que les manifestations dépassent largement les capacités de mobilisation «  classiques  », tant quantitativement que qualitativement. Je pense par exemple au mouvement des «  fauchés  » au Portugal, qui est parti de facebook. Le nombre de ceux qui agissent et prennent conscience est en constante augmentation. C’est l’irruption des précaires sur la scène politique et sociale.

J’étais à Bruxelles le 24 mars dernier, le jour de la signature du pacte. Un grand rassemblement de syndicalistes, à l’appel de la CES et du syndicat FGTB a eu lieu devant le Conseil européen. Le 26 mars, la Grande-Bretagne a connu sa première grève générale depuis des lustres. Le 9 avril dernier une euromanifestation s’est déroulée à Budapest. Aux mobilisations sociales s’ajoutent des secousses politiques remarquables. Par exemple, les élections législatives irlandaises ont mis au tapis les deux partis de la coalition gouvernementale responsable du plan d’austérité  : on a parlé «  d’émeute dans les urnes  ».

Dans ce contexte, pour aider à la poursuite des ces luttes et à leur convergence, la responsabilité de la Gauche européenne est de porter un projet et des alternatives politiques. Nous ne pouvons pas nous contenter de dénoncer ou de nous soumettre à des solutions de conciliation avec les logiques actuelles. La conférence internationale du 10 au 12 mars dernier à Athènes, à l’initiative du PGE, de Synaspismos, de Transform  ! et de l’institut Nicos Poulantzas illustre bien cette démarche.

Nous avons travaillé sur la problématique des dettes souveraines avec des économistes, des sociologues, des hommes et femmes politiques et des syndicalistes. Nous avons réfléchi sur la nécessité de refuser les chantages grandissants sur les États et sur des mesures d’urgence d’annulation, de restructuration avec de fortes baisses des taux mais aussi sur des mesures structurelles, dans le cadre européen comme dans les états.

Ce fut également l’occasion pour moi, au nom du PGE, de témoigner de notre solidarité avec le peuple grec, de dénoncer publiquement le contenu du «  Pacte pour l’euro  » et de lancer un appel à la création, partout en Europe, de fronts de résistance des forces démocratiques, politiques, sociales à ce nouveau coup de force au service des marchés.

Francis Wurtz a présenté, lors de ce meeting, la campagne du PGE pour un fonds de développement social et solidaire. Ce fonds – exact contre-pied du fonds de stabilisation financière – pourrait être un outil formidable pour mener une politique alternative. Il permettrait, par ses objectifs et ses modes de financement, d’une part de libérer les états et l’UE de l’emprise des marchés et, d’autre part, de financer des projets d’investissement public permettant la création d’emplois stables et décemment rémunérés ainsi que le développement de projets d’intérêt général.

Ce sont ces trois objectifs que nous voulons faire dialoguer – entre eux et avec les citoyens – tout au long de la campagne du PGE. Ainsi, nous pourrons poser deux questions fondamentales à la société  : doit-on continuer à laisser les marchés financiers dicter leur loi ou doit-on rendre aux peuples la maîtrise des choix budgétaires, monétaires, et économiques  ? Doit-on utiliser l’argent public pour les banques et les entreprises qui licencient, délocalisent, précarisent, ou bien pour l’emploi et les projets respectant l’humain et la planète  ? Cette campagne politique doit commencer maintenant. Je suis convaincu que nos objectifs et notre démarche peuvent rassembler de nombreuses forces, dans nos pays et à l’échelle européenne.

La réponse libérale à la crise en Europe – malgré l’intervention des états et institutions européennes – favorise le renforcement des droites populistes et extrêmes. Quels en sont les enseignements pour la gauche  ?

L’extrême droite a toujours utilisé le désespoir et l’insécurité sociale pour avancer ses idées nauséabondes. Avec la crise globale que nous traversons, il était prévisible que le loup sorte du bois… Et effectivement, nous assistons à une montée préoccupante des droites extrêmes et populistes en Europe. Plus inquiétant encore est le fait que les droites «  de gouvernement  » et l’Union européenne ne cherchent pas à les contrer. Par exemple, aucune d’elles n’a bougé lorsque le gouvernement hongrois – qui préside actuellement l’UE – s’est attaqué à la liberté d’expression dans son pays. Je dirai même que les gouvernements encouragent l’extrême droite avec leur politique contre l’immigration. En France, les propos racistes de membres du gouvernement deviennent réguliers et les moyens d’État sont utilisés pour faire la chasse aux immigrés, stigmatisant et mettant en danger des populations déjà surexploitées. Lors du premier tour des dernières élections cantonales, le Front de gauche s’est affirmé comme la deuxième force à gauche avec 8,92 % des voix (derrière le Parti socialiste à 25 %). C’est une bonne nouvelle mais le contexte reste difficile  : le taux d’abstention est historique (56 %) et le Front national – qui a profité d’une forte assise médiatique et de la banalisation de ses idées par le parti au pouvoir – a obtenu 14 % des voix. C’est une première pour des élections de ce type.

En Europe, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy nous expliquent que les cures d’austérité ne visent qu’à assainir l’économie des «  mauvais élèves  », ceux qui mettent en péril la monnaie unique et les économies des autres pays membres de l’UE. Tout est fait pour désigner des boucs émissaires, opposer les peuples entre eux pour ne pas mettre le projecteur sur les vrais responsables de la crise. Si la Grèce n’était pas présentée comme le «  mouton noir  », qu’est-ce qui justifierait que la BCE lui applique des taux d’intérêt 10 fois supérieurs à ceux des banques  ? Évidemment, il n’y a pas de meilleur terreau pour le développement des thèses xénophobes. C’est un réel danger. L’histoire a déjà prouvé qu’en Europe, la division des peuples en période de crise pouvait mener au pire.

Face à cela, nous devons marquer une rupture claire avec ces idéologies dévastatrices. Il faut rétablir la vérité  : ce ne sont pas les immigrés les responsables de la dégradation des conditions de vie des Européens et ce ne sont pas les pays «  périphériques  » qui conduisent l’Europe dans une impasse. «  À qui profite la crise  ?  » Voilà une question qui pourra nous aider à désigner, avec les citoyens, les responsables de la situation actuelle  !

Nous avons également la responsabilité de démontrer qu’il n’y aura pas de changement, pas d’issue sans la solidarité car tous les peuples sont visés, tous sont concernés par des plans d’ajustement plus ou moins brutaux. D’ailleurs, il faut noter que le pacte pour l’euro ne concerne pas seulement les Grecs, les Espagnols, les Irlandais ou les Portugais. Non, ils veulent l’appliquer dans tous les pays de l’UE.
Nous avons le devoir de promouvoir la coopération, la solidarité des peuples européens entre eux, mais aussi avec les peuples méditerranéens et du monde entier. L’Europe des peuples n’est pas barricadée et elle ne fantasme pas sur les migrations venues du sud  ! Parler de coopération n’est pas une posture «  hors sol  ». Cela correspond à une réelle attente des pays méditerranéens – en particulier la Tunisie et l’égypte qui ont besoin de soutien pour continuer leurs révolutions – et à une urgence en Libye, où seule l’option militaire a été utilisée. Nous pourrions commencer par organiser une conférence euro-méditerranéenne pour le progrès humain.

Le PGE a décidé le lancement d’une campagne pour une «  initiative citoyenne  » pour un fonds européen de développement social. Pouvez-vous préciser en quoi consiste/l’initiative citoyenne/prévue dans le traité de Lisbonne et ce qui a conduit à prendre cette décision  ? Et quel en est l’objectif  ?

Le temps est venu d’une contre-offensive politique à l’échelle européenne contre l’amplification généralisée des politiques d’austérité. C’est dans cette perspective que nous avons pris, lors du IIIe congrès, la décision de mener une campagne pour la création d’un Fonds européen de développement social et de solidarité. Tout confirme l’actualité de cette proposition qui devra être affinée tout au long de la campagne en tenant compte des remarques des partis membres du PGE et des forces qui nous rejoindront.

Lancée à Athènes, lieu hautement symbolique, il s’agit de la plus grande campagne politique publique engagée par le PGE à l’échelle de l’Union depuis sa création. Toute l’année 2011, nous voulons populariser, mettre en débat cette proposition avec toutes les forces disponibles. Et sur la base d’une mobilisation politique que nous voulons inédite en Europe – c’est-à-dire l’utilisation de la procédure d’initiative citoyenne européenne – nous voulons créer le débat sur les deux questions que j’ai déjà citées et, plus largement, sur les axes d’un nouveau modèle de développement.

Concrètement, les organisateurs d’une initiative citoyenne doivent former un «  comité des citoyens  » composé d’au moins sept citoyens de l’UE résidant dans au moins sept États membres différents. Ils disposent d’une année pour recueillir «  un minimum d’un million de citoyens issus d’au moins un quart des États membres de l’UE  » afin d’«  inviter la Commission européenne à présenter des propositions d’actes juridiques dans des domaines relevant de sa compétence  ». Il s’agit d’une conception minimaliste de la démocratie et de l’intervention citoyenne dans l’espace public européen. Mais je crois que nous avons le devoir de nous approprier tous les outils à disposition surtout ceux qui permettent une implication directe des citoyens pour un projet alternatif et pas seulement contre les choix néolibéraux.

Pour cela, je suis convaincu qu’elle doit être une campagne militante, en lien étroit avec les luttes sociales, les combats à mener à gauche, dans nos pays, en Europe et dans le monde. Ça commence tout de suite avec le Pacte pour l’euro  !

Cette campagne sera aussi l’occasion d’avancer d’autres propositions concernant les dettes souveraines, le contrôle démocratique des banques, le développement d’un crédit sélectif au service des besoins humains, la création de nouveaux pouvoirs d’intervention des travailleurs sur les choix – y compris stratégiques – des entreprises et l’instauration d’un salaire minimum européen.

Le PGE vient de tenir son IIIe congrès et vous venez d’en être élu Président. Qu’y avait-il de neuf dans ce congrès et comment voyez-vous les prochaines étapes afin de favoriser l’émergence d’un authentique sujet politique européen  ?

Je suis très fier et très honoré de la confiance qui a été accordée au PCF à travers moi. Je suis convaincu de la nécessité de coordonner, construire ensemble nos actions et une alternative commune au niveau européen. La crise est venue renforcer ce sentiment  : nous devons faire front, nous ne pouvons être dispersés ou divisés alors que les peuples souffrent et que nous avons des pistes sérieuses et communes pour changer la donne.

D’ailleurs, les interventions des congressistes ont montré, au-delà de notre diversité de situations et de rapports de force nationaux, une très grande convergence d’analyses sur la nature de la crise, ses racines et ses dangers, et une volonté de travailler ensemble à la convergence des luttes et aux alternatives politiques.

En cela, je crois que le 3e congrès était un congrès très important. Nous n’avons pas seulement décidé de continuer notre travail, nous avons décidé de franchir une étape avec la campagne politique dont je viens de parler. Nous sommes désormais un porte-voix des luttes et des résistances européennes et les seuls à vouloir une réorientation radicale de l’Europe. Nous voulons rendre incontournables des solutions crédibles pour réorienter l’argent vers la réponse aux besoins humains.

Ces orientations, nous les mettrons en place dans le respect de chacun des partis et organisations membres du PGE, dans la transparence. Nous nous efforcerons de toujours rechercher le consensus pour progresser ensemble vers ce qui nous unit.
L’autre décision importante du congrès a été de donner un nouvel élan à notre travail collectif, grâce à un fonctionnement et une composition plus collégiale de la direction. Celle-ci est désormais composée d’un président mais aussi de quatre vice-présidents  : Marisa Matias, Maite Mola, Gregore Petrenco et Alexis Tsipras. Enfin, cette nouvelle phase du PGE cherche à favoriser l’implication des adhérents-es de nos formations respectives. Cela renforcera l’assise démocratique du PGE.

Nous avons donc, depuis le dernier congrès, un fonctionnement et des perspectives politiques à l’image de l’Europe que nous voulons  : solidaire, démocratique, au service de l’humain et de la planète. Avec les vice-présidents, le bureau exécutif et le conseil des présidents, nous serons les garants de ces orientations transformatrices.

Espaces Marx, 6 av Mathurin Moreau 75167 Paris Cedex 19 | T: +33 (0)1 42 17 45 10 | F: +33 (0)1 45 35 92 04 | Mentions légales | Rédaction | Plan du site | Contact Suivre la vie du site RSS 2.0