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Élections danoises - La droite battue - Un nouveau gouvernement

lundi 19 septembre 2011

Cet article est une information reçue de l’Alliance Rouge et Verte danoise, qui est membre du parti de la Gauche européenne (PGE). Ses députés européens siègent au groupe de la Gauche unie européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL).

Les auteurs sont : Inger V. Johansen, de l’Alliance Rouge-Verte - Commission des affaires européennes et Ligne Barfod, ancienne députée, membre du Comité exécutif de l’Alliance Rouge-Verte.
L’article peut être consulté aussi sur le site de Transform ! en version originale anglaise et dans cette traduction.

Le résultat des élections législatives au Danemark signifie que le gouvernement de droite de ces 10 dernières années a finalement été évincé. Un nouveau gouvernement sera formé sous la direction de Helle Thorning-Schmidt, leader des sociaux-démocrates. Les composantes essentielles de ce gouvernement seront le Parti social-démocrate et le Parti socialiste populaire (SF), qui depuis quelques années ont construit un partenariat étroit dans le but de renforcer leurs chances de gouverner.

Ces élections sont historiques : Pour la première fois, le Premier ministre d’un gouvernement danois sera une femme. Pour la première fois, SF sera dans le gouvernement. 

Il y a des limites aussi : la victoire est très étroite. Les partis d’opposition ont seulement obtenu 89 sièges sur les 179 sièges du Parlement danois, le Folketing, ceux de droite ont 86 sièges. Il y a également 4 sièges pour l’Atlantique Nord (Groenland et îles Féroé). Les deux principaux partenaires de la coalition gouvernementale ont perdu des sièges - 1 pour les sociaux-démocrates (44 sièges et 24,9% des voix, ce qui est le pire résultat électoral depuis plus de 100 ans) et 7 pour SF (qui aura 16 sièges et 9,2% des voix, contre 13% précédemment, ce qui constitue une grosse perte. 

Mais nous sommes heureux d’annoncer que notre parti Enhedslisten/l’Alliance Rouge-Verte a été l’un des grands gagnants des élections avec une augmentation des sièges de 4 à 12 et 6,7% des voix (contre 2,2%). L’autre parti gagnant est le parti d’opposition du centre Radikale Venstre (libéraux-démocrates ») avec huit sièges de plus (17 sièges et 9,5% des voix contre 5,1%). Ce qui a caractérisé ces deux partis, c’est une campagne claire et sans ambiguïté, qui semble avoir attiré de nombreux électeurs. 

L’Alliance rouge-verte a défendu une position de gauche radicale : une défense claire des droits sociaux des travailleurs, contre la réduction et la suppression des retraites anticipées et l’élévation de l’âge de la retraite, contre la détérioration constante des règles régissant les allocations de chômage, contre les politiques du gouvernement précédent, et pour un plan climat radical en investissant dans de nouveaux emplois verts, pour des politiques d’asile et d’autres politiques décentes pour les immigrants et les réfugiés.

Les "libéraux démocrates" partagent avec nous les mêmes politiques à l’égard des immigrants et des réfugiés - ce qui montre une autre conséquence de ces élections : le Parti du peuple danois, d’extrême droite, a baissé (22 sièges au lieu de 25, et 12,3% des voix) et son influence significative sur la politique danoise a été éliminée. La question des "immigrés" a cessé de constituer une dimension importante du débat politique.

Mais les "démocrates libéraux" défendent aussi des politiques économiques néo-libérales (très semblables à celles du gouvernement de droite sortant) et ils s’attendent à entrer dans gouvernement avec les sociaux-démocrates et SF. Avec la forte augmentation de ses sièges, l’Alliance Rouge-Verte voudra aussi exercer une influence significative sur les politiques gouvernementales futures, bien qu’elle ait toujours clairement dit qu’elle qu’il ne souhaitait pas participer au gouvernement, sachant que sa politique différera de ses positions de manière cruciale. Notre parti reste un parti qui soutiendra un gouvernement alternatif, dirigé par les sociaux-démocrates, la formation d’un tel gouvernement ne sera d’ailleurs pas possible sans cela. Nous préférerions un gouvernement avec seulement les sociaux-démocrates et SF, mais cette option n’est pas possible.

À partir de tout cela, il est clair que les conditions pour former le nouveau gouvernement et s’entendre sur des politiques communes vont être difficiles. 

Une autre difficulté vient du fait que Venstre (le parti libéral), le principal parti de droite de la coalition gouvernementale sortante, reste le premier parti au Danemark, avec 26,7% des suffrages et 47 sièges, principalement parce qu’il a su attirer les électeurs du Parti conservateur, un partenaire de la coalition sortante, qui est le plus gros perdant de ces élections (8 sièges au lieu de 18 et seulement 4,9% des voix). Un nouveau parti néo-libéral, l’Alliance libérale, formé au cours de la mandature précédente, a obtenu lui aussi un bon résultat (5% des voix et 9 sièges au lieu 4), là encore au détriment du Parti conservateur.

Au sein de l’Alliance Rouge-Verte, nous espérions gagner des sièges, mais nous avons vraiment été surpris d’en obtenir trois fois plus. Bien sûr, cela met une responsabilité énorme sur nos épaules. Nous avons progressé dans presque toutes les circonscriptions du pays - parfois de manière significative. Cela montre sans aucun doute le niveau de la colère populaire et la détresse devant les politiques du gouvernement de droite, qui ont conduit à une détérioration de l’État-providence pour beaucoup de gens. Des chiffres récents montrent aussi que la polarisation de la population danoise en matière de revenu a augmenté davantage au cours des 10 dernières années que dans n’importe quel autre pays de l’UE. 

Mais il y a d’autres facteurs expliquant le succès électoral de l’Alliance Rouge-Verte : SF a ouvert un partenariat étroit avec les sociaux-démocrates, acceptant plus ou moins le programme social-démocrate et suscitant ainsi une désaffection croissante dans l’électorat du parti.La perte de sièges le montre. Un autre facteur important est le rôle de Johannne Schmidt-Nielsen, une jeune députée de l’Alliance Rouge-Verte, figure de proue de la campagne électorale, qui a très bien joué son rôle et bénéficié d’une grande popularité. Nous avons également beaucoup travaillé notre communication. Tout le monde a donc bien compris que nous nous battions pour les droits des salariés. Enfin, il faut ajouter que notre parti a fait de gros et explicites efforts durant ces dernières années pour se renforcer après les élections désastreuses de novembre 2007.

 

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