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Chine : quel avenir pour le mouvement ouvrier ?

vendredi 28 octobre 2011

À l’initiative de Transform, une conférence internationale s’est tenue à Vienne, réunissant chercheurs, syndicalistes, militants d’ONG, chinois et européens, pour un échange d’expériences sur les conflits du travail en Chine et en Europe.
Vous trouverez ci dessous un compte rendu réalisé par Dominique Bari journaliste à l ’ Humanité ainsi que des liens vers 4 interventions qui furent prononcées lors de cette rencontre.

"La Chine a fait la promotion du travail bon marché. Notre PIB ne cesse de croître mais cette croissance repose sur l’exploitation de la main-d’œuvre. Il est temps que ça cesse. La Chine est censée être un pays socialiste ! Que le socialisme soit enfin mis en œuvre ! Ne nous imposez pas le capitalisme !  »

Ce coup de colère était signé d’un salarié gréviste chinois de chez Honda sur un site Internet le 29 mai 2010. Une vague de grèves de plusieurs semaines venait d’éclater dans la province du Guangdong dans les usines de la firme japonaise. Elle devait paralyser la production de Honda sur toutes ses chaînes implantées en Chine.

La Chine devenue un acteur majeur de la globalisation libérale est à un véritable tournant. La restructuration de son économie a profondément transformé la nature des relations de travail de l’époque maoïste. Depuis les années 1980-1990, les conflits sociaux se multiplient. Les grèves de 2010, notamment chez Honda et Foxconn, s’inscrivent dans un contexte nouveau mettant en avant une mobilisation ouvrière plus forte, plus consciente, plus collective. Est-ce le signal d’une nouvelle ère dans le mouvement ouvrier chinois ? Ce fut l’un des thèmes majeurs de la conférence qui vient de se tenir à Vienne.

Durant ces journées, les participants d’horizons très différents – chercheurs chinois des universités de Pékin, de Hongkong, sinologues européens, américains et australiens, syndicalistes, militants d’ONG – ont échangé leurs expériences donnant lieu à des débats riches. Et abouti à un constat quasi unanime : les conflits ont pointé du doigt l’incapacité des syndicats officiels chinois (ACFTU) à jouer leur rôle dans la défense des intérêts du monde du travail.

D’autres formes d’organisations apparaissent. Bien que les situations soient fort différentes selon les provinces et les entreprises, les lignes ont pourtant bougé. Depuis la mise en place de la «  loi sur le contrat de travail  », en janvier 2008, quoique encore partiellement appliquée, la prise de conscience vers une revendication collective s’est accrue, notaient Wang Kan (de l’Institut chinois des relations industrielles) et Mary Callangher (de l’Université du Michigan). Sur le terrain peuvent se mêler deux sortes de mouvements : ceux épaulés par les syndicats institutionnels et ceux issus des actions spontanées. «  Les revendications ouvrières ont provoqué la question cruciale de la transformation de l’ACFTU  », soulignait Chang Kai, de l’Université du peuple de Pékin, spécialiste du droit du travail chinois et conseiller des grévistes lors du conflit chez Honda. «  Les syndicats doivent changer de nature et développer une véritable capacité de représentation des salariés. C’est une question cruciale dont dépendra l’avenir du mouvement social en Chine  », résumait-il.

«  L’objectif de la conférence est aussi de fournir des éléments de connaissance et d’installer un réseau sino-européen sur les questions du travail  », rappelait Josef Baum, de Transform Austria, interrogeant sur les formes de coopération à envisager entre les mouvements ouvriers. Ce qui a donné lieu à plusieurs interventions de syndicalistes et de militants d’ONG sur les perspectives d’échanges tant au niveau des syndicats internationaux et chinois qu’entre ONG.

Dominique Bari

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