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Règne des marchés - Démocratie ruinée

lundi 14 novembre 2011, par Élisabeth Gauthier

Texte d’une contribution au livre à paraître à la suite d’un colloque à Athènes (mars 2011)

Les secousses de la crise en Europe sont de plus en plus violentes. Si les mesures prises retardent la prochaine explosion, non seulement elles ne résolvent pas la crise, mais aggravent en réalité la situation économique et sociale.

Elles minent la démocratie dans la mesure où la souveraineté populaire est mise à mal. En effet, conformément au dogme néolibéral, on cherche à imposer une “gouvernance économique” permettant à une sorte d’oligarchie de tenter de poursuivre dans la même logique qui plonge l’Europe dans une crise existentielle.

Si la crise est particulièrement profonde et explosive en Europe, c’est que la nature même de sa construction – en pleine offensive néolibérale – a pris, depuis 25 ans, une forme de “néolibéralisme pur”, après une première phase qui avait cherché à dépasser les expériences néfastes des années 1930 et 40. Aujourd’hui, l’impasse est évidente, et le désastre européen ne conduit pas seulement l’UE, mais aussi l’économie mondiale au bord du gouffre. C’est aujourd’hui en pleine Europe que l’on parle de “centre” et “périphérie”, tant les asymétries se sont développées. L’utilisation des fonds structurels suivant la “stratégie de Lisbonne” a certes permis une certaine modernisation dans les pays périphériques, mais sans y jeter les bases d’un développement durable concernant l’économie réelle, le social et le culturel, l’écologie.

Lorsqu’en 2005, les référendums en France et aux Pays-Bas, puis en Irlande, se sont soldés par des majorités disant NON à l’intégration sous les auspices de la mise en concurrence généralisée – et non pas à l’Europe en tant qu’espace commun - les gouvernements, parlements, institutions européennes ont tout fait pour ne pas en tenir compte et poursuivre leur logique. Cette alerte aurait dû être prise au sérieux. Le non respect de votes majoritaires indique à quel point la démocratie commençait à perdre du terrain. Aujourd’hui, on constate combien la philosophie du Traité de Lisbonne prive l’UE et la zone Euro d’outils économiques et politiques pour intervenir face à la crise. L’interdiction d’encadrer les mouvements de capitaux, de se protéger du libre échange, d’accorder des aides publiques en faveur de “l’économie réelle” qui “fausseraient la libre concurrence” constituent des expressions du dogme néolibéral. Lorsque la Commission envisage aujourd’hui des modifications de ce Traité, elle ne cherche aucunement à gagner des marges pour l’action politique face au diktat des marchés, mais au contraire à renforcer le pouvoir de l’oligarchie au détriment de la démocratie aux niveaux national et européen.

En 2011, à la différence de 2008, “la crise” a commencé à être très concrète pour des millions d’Européens. Avec une régression inimaginable, il y a peu de temps, dans le cas de la Grèce, avec une généralisation des politiques d’austérité à travers l’Europe, plus ou moins brutale et rapide selon les pays et régions.

La crise de la dette cristallise les enjeux sociaux et politiques dans leur complexité, c’est pourquoi il est nécessaire de la décortiquer pour dégager une une approche efficace pour construire résistance et alternative. Telle qu’elle apparaît aujourd’hui, la dette publique est non seulement le résultat du sauvetage des banques en 2008, mais surtout de trente années d’offensive - économique, politique et idéologique – néolibérale, de trois décennies de développement du capitalisme financiarisé. C’est dans cette même période que l’offensive néolibérale s’est également concrétisée par une nouvelle forme étatique renforçant le pilotage politique dans le sens d’un "market state", extrêmement éloigné de l’Etat social ou de la démocratie parlementaire et organisant la répartition des richesses et des pouvoirs en faveur du capital, au détriment du travail. C’est pourquoi une grande partie du problème vient du manque structurel - et politiquement décidé - de recettes publiques.

La dette souveraine devient aujourd’hui un problème directement politique. Elle est utilisée comme arme idéologique et politique pour attiser les divisions au sein des sociétés et entre peuples européens. Et pour faire accepter les politiques d’austérité et de régression sociale que les oligarchies veulent faire passer en s’appuyant sur l’aiguisement de la crise. Elle génère des crises des régimes politiques. Afin de vacciner contre le poison idéologique, afin d’œuvrer en faveur d’un pouvoir d’interprétation populaire, il est primordial de faire comprendre la confrontation entre les deux logiques opposées, entre l’intérêt des marchés et celui des peuples entre lesquels les pouvoirs politiques doivent choisir. Les initiatives telles que des audits publics sur la dette vont dans le bon sens et peuvent accompagner la lutte populaire contre les politiques d’austérité, de récession économique, de régression sociale et démocratique.

Un bras de fer entre le règne des marchés et la démocratie

Le sommet, fin octobre 2011, n’a pas apporté de solution. Les prochaines secousses sont seulement retardées en ce qui concerne l’Euro et la cohésion de l’Union Européenne, la crise des banques et de la dette publique. L’étau exercé par un groupe dirigeant très restreint au nom de “l’Europe” et de concert avec le FMI se resserre et intensifie la politique d’austérité et par conséquent la crise sociale, démocratique et politique. Les leaders européens poursuivent la logique qui conduit au désastre, sans en tirer des leçons, même pas à minima en installant des règles au moins prudentielles. Comme en 2008, il ne s’agit pas de préserver les sociétés de plus en plus secouées par la crise, mais de prévenir des pertes du côté des titres de propriété. D’un côté, « le manque d’outils économiques spécifiques et d’outils de solidarité, susceptibles d’aider les économies nationales à faire face aux pressions de la récession et aux attaques spéculatives provenant des marchés financiers, a accru les problèmes de cohésion économique et sociale et renforcé les inégalités au sein de l’Union Européenne »1, de l’autre côté s’intensifient les tentatives d’installer une nouvelle “gouvernance européenne” qui prend selon les orientations dominantes une forme de “communautarisme autoritaire” faisant déboucher “la ‘post-démocratie’ européenne dans des structures d’un capitalisme autoritaire ». 2

La Grèce et les Grecs ne sont pas sauvés, bien au contraire. La décision d’appliquer une décote de 50% sur les titres détenus par les banques ne fait qu’entériner ce qui s’est déjà réellement produit quand les titres grecs subissaient une baisse de 65% voire plus sur le marché secondaire. Et cette décision est finalement peu douloureuse pour les spéculateurs dans la mesure où environ deux tiers des obligations grecques avaient, à cette date, déjà quitté le giron du privé pour atterrir dans les mains du public. La socialisation des pertes ainsi que la privatisation des profits se poursuivent. La Grèce ne pourra pas s’en sortir de cette façon dans la mesure où les dettes restent élevées et où les politiques imposées par la troïka ne peuvent qu’enfoncer encore plus ce pays où la régression frappe les populations et l’économie réelle.

Ces quatre dernières années ont montré que la gestion de la crise au niveau européen s’accompagne de la mise en place d’un mode de “gouvernance”de plus en plus autoritaire. Avec “la troïka”, le “couple franco-allemand” revitalisé pour les besoins du moment, l’émergence d’une oligarchie constituée de quelques décideurs politiques et économiques dépassant les formes traditionnelles de lobbying, il ne s’agit d’instances ni législatives , ni exécutives. L’ensemble du dispositif mis en place par les derniers sommets modifie les structures du pouvoir et tend à encadrer les décisions nationales sans laisser aucun espace pour l’exercice de la souveraineté populaire. Le débat public qui porte sur fédéralisme et nouvelle gouvernance économique semble en fait accompagner les changements opérés en masquant le niveau de gravité déjà atteint Dans cette optique, le débat sur la “nouvelle gouvernance” ne porte pas sur le contenu d’une politique économique commune – le dogme néolibéral reste au sein de cette oligarchie intangible – mais vise une gouvernance “post-démocratique”, autoritaire, maintenant les ensembles étatiques (Etats, institutions européennes) sous la domination des marchés. Alors que l’indépendance de la BCE a toujours été critiquée par la gauche, cette institution – membre de la troïka – est devenue un des principaux acteurs politiques participant très activement à la mise en place d’un mode de gestion autoritaire. Voilà une expression concrète du “gouvernement d’experts” dont l’objectif est d’abaisser le niveau de vie de 30% et de rassurer les marchés.

Si cette logique n’est pas remise en cause, on voit en effet grandir les menaces sur la démocratie. Dans un récent article, Jürgen Habermas - encore très actif en 2005 pour faire adopter le projet de Traité constitutionnel européen - appelle à sauver la dignité de la démocratie. On ne peut en effet que constater que dans le gigantesque bras de fer qui oppose - dans la période du capitalisme financiarisé - le pouvoir économique à ce qui reste des pouvoirs politiques dans les pays européens, la démocratie a perdu beaucoup de terrain au cours de ces dernières années. Dans cette logique, les appareils étatiques se déconnectant de la société, des régimes de type “bonapartiste” peuvent profiter de ces opportunités.

Face à cette logique, on peut avancer l’hypothèse que seule une logique alternative, une véritable refondation de l’UE peut sauver l’Union. La stabilité se construirait sur la base d’un changement de logique, de politique, en faveur d’un modèle de coopération, de démocratisation, de développement social et écologique. Après avoir contesté les critères de Maastricht, le pacte de stabilité, le TCE, le traité de Lisbonne, la gestion de la grande crise par les dirigeants européens, la Gauche alternative doit aujourd’hui disputer le terrain même de l’intégration européenne aux forces du capital. Cela suppose d’articuler de façon inédite la critique de la nature même de la construction européenne avec une ambition transformatrice. Défi extrêmement complexe, comme le souligne Gerassimos Moschonas, dans la mesure où « le système européen complique d’une manière inédite, comparé aux systèmes politiques qu’a produits l’État-nation, les modes d’action historiques – révolutionnaires aussi bien que réformistes – de la gauche. D’où le besoin de redéfinition et d’adaptation du projet radical historique aux nouvelles réalités….. Vu ce cadre, ni le réformisme traditionnel, et encore moins, les stratégies de rupture ne sauraient rester inchangés quand le système institutionnel et politique a changé si fondamentalement ». 3

Entre révoltes et impuissance

Ce nouveau “régime de stabilité autoritaire” 4génère des risques considérables pour la démocratie, pour la légitimité des gouvernants à l’échelle nationale et européenne. Les signes de leur perte de légitimité sont de plus en plus visibles : l’abstention électorale massive, notamment des milieux populaires, liée à un puissant sentiment d’impuissance ; l’effritement des partis de gouvernement traditionnels, le renforcement de l’influence des partis de la droite populiste et radicale au discours “anti”système”. Parfois la colère s’exprime de façon spontanée, comme en Grande-Bretagne, avec ou sans violence.

Ces derniers mois se multiplient des mouvements de protestation sous des formes inédites , avec les “indignés”, les initiatives de type “take the squares” qui ont permis de faire du 15 octobre une première : une journée mondiale de la protestation. Lorsque, dans un pays comme la Hongrie, 100 000 personnes manifestent, se donnent rendez-vous pour le 15 octobre 2012 en annonçant de rechercher d’ici là un “Président alternatif”, on peut constater que l’énergie démocratique grandit – tout particulièrement chez ceux qu’on commence à appeler la “lost Generation” - et cherche à s’opposer à la combinaison de la domination par les marchés et par des régimes de plus en plus autoritaires.

Le mouvement syndical se trouve, avec la crise, soumis à une forte tension ; parfois le “Krisenkorporatismus” l’emporte, parfois l’action collective et solidaire prend le dessus. Le congrès d’Athènes de la CES dans le courant de l’été 2011 ainsi que des manifestations européennes nombreuses en Hongrie et en Pologne, des grèves générales et autres mouvements de masse comme au Portugal, en Italie et ailleurs témoignent de potentialités de mobilisation. Dans un pays comme la Grèce, toutes ces formes de luttes anciennes et nouvelles se combinent.

En France, d’énormes énergies ont été investies dans les luttes exemplaires contre la réforme des retraites en 2010, et, un peu auparavant, contre la réforme des universités, mais sans obtenir de succès. S’y ajoute une multitude de luttes acharnées dans des entreprises et services, concernant l’emploi, les salaires, les conditions de travail. Une étude récente5 indique une rupture dans les représentations à la fin de l’année 2010 / début de l’année 2011 où l’image d’une « France à deux vitesses » (tout le monde est dans le même bateau, malgré les inégalités croissantes) glisse vers une image de « deux France » dont l’une (celle du haut) avance et l’autre (celle du bas) recule. La révolte grandit alors que la résignation recule, notamment dans les milieux populaires (ouvriers et employés). L’insécurisation grandissante appelle une intervention politique déterminée, notamment de la part des populations les plus fragilisées. Le Front National cherche à bénéficier de cette situation, en cherchant à rendre crédible une sorte de promesse de reconquête de souveraineté. Dans ce contexte, la nature et l’ambition de l’intervention politique proposées par les différents candidats en présence seront au cœur des enjeux des élections présidentielles et législatives du printemps 2012. Pour la Gauche critique, il s’agit de proposer un véritable changement de politique, crédible du point de vue des contenus et de la posture politique.

Quant au paysage politique en Europe, les forces de la Droite populiste radicale sont en progrès, et cela dans des pays aux traditions politiques et conditions de vie fort divergentes. Cette Droite s’adapte au contexte de crise. Si l’islam constitue une cible de façon systématique, l’Europe sert aussi d’argument pour nourrir ressentiments, nationalismes, replis et rejet des élites. Dans la crise, cette Droite aborde maintenant les enjeux sociaux, mais en refusant le principe de solidarité et la reconnaissance des droits sociaux et démocratiques : toute aide sociale doit être méritée et réservée à une certaine communauté.

Il semble assez réaliste de caractériser la période actuelle comme balançant entre colère, protestation, et parfois révolte d’un côté, et sentiment d’impuissance de l’autre. Les tendances à la désagrégation des sociétés, les divisions qu’elles produisent y compris au sein des classes subalternes, ne favorisent pas la perception de ce qui pourrait constituer l’intérêt commun entre les plus appauvris, les moins pauvres et ceux qui connaissent encore une certaine stabilité qu’ils risquent de perdre. La constitution d’un nouveau bloc social pouvant porter l’exigence d’un changement de politique ne peut, dans les conditions actuelles, que revêtir une grande complexité. En même temps, le processus de crise rend plus visibles la nature de la confrontation et l’oligarchie qui est aux manettes, ce qui peut favoriser une vision plus commune aux différents groupes de populations.

Rétablir ce que signifie « politique »

Le renoncement des gouvernements à exercer le pouvoir politique face au poids grandissant des marchés financiers, banques et grands actionnaires a généré un discrédit de la politique, de la “classe politique” ainsi qu’un retrait de la sphère électorale, notamment de la part des milieux populaires. Il en résulte une marge de manœuvre encore plus grande pour l’oligarchie agissant en dehors des cadres des pouvoirs législatifs et exécutifs traditionnels. S’y ajoute le problème que les “alternances” politiques dans les différents pays européens n’ont pas permis de changer les logiques en cours dans la mesure où les partis sociaux-démocrates au gouvernement se sont également inscrits dans les “contraintes” de l’économie, ou plus précisément du dogme néolibéral.

Dans ce bras de fer entre forces du marché et souveraineté populaire, il s’agit de rétablir et de redéfinir ce que signifie « politique » , ce que signifient souveraineté populaire, droit de choisir, intérêt commun. La défense de ce qui subsiste des acquis sociaux et démocratiques reste, certes, d’actualité mais ne peut suffire. La transition vers une autre économie est aujourd’hui à l’ordre du jour. Le concept de “démocratie économique” pourrait exprimer une nouvelle ambition. En tant qu’approche multidimensionnelle, il actionnerait tous les leviers possibles (au niveau des États, institutions, entreprises, sphères de la production et de la circulation....) afin de changer l’économie, de relancer “l’économie réelle”, de concevoir et d’orienter le tout en fonction des besoins humains. C’est seulement dans cette voie qu’un développement d’une nouvelle qualité sociale, écologique, démocratique est concevable.

La colère qui gronde peine souvent à définir son objet et à trouver à qui s’adresser précisément, ce qui est source d’épuisement et de renoncement. L’aggravation de la crise a renforcé tout à la fois la colère et l’impuissance. Le manque de pouvoir d’interprétation, le manque de pouvoir d’intervention et les difficultés à s’unir ont tendance à générer des ressentiments qui sont facilement récupérables et manipulables – comme nous le constatons actuellement en Europe – par des forces d’une droite populiste radicalisée se présentant comme défenseur de certains acquis sociaux pour une population limitée. Les discours combatifs, certes nécessaires, ne peuvent suffire à faire reculer ces ressentiments. Pour y parvenir, il est indispensable d’ouvrir de grands chantiers concernant le pouvoir d’interprétation, le pouvoir d’intervention et le pouvoir de s’unir.

De nombreux mouvements sociaux se situent aujourd’hui, certes, dans le champ politique, exigeant de profonds changements, souvent à partir de l’exigence de droits sociaux, mais sans vouloir s’approprier la confrontation autour des pouvoirs politiques et économiques. Compte tenu de la crise du politique, ce choix est parfaitement compréhensible. L’idée qu’une nouvelle hégémonie culturelle doit précéder l’objectif d’une nouvelle hégémonie politique reste également pertinente. Mais compte tenu de la gravité de la situation, du fait que la démocratie en tant que telle est autant malmenée, de la faiblesse des syndicats de lutte et des forces de la gauche transformatrice, il s’avère nécessaire de penser la dynamique sociale et politique sous des formes nouvelles permettant de dépasser les limites actuelles. Le débat est ouvert. La cohérence de l’offensive anti-sociale et anti-démocratique ne devrait-elle pas conduire à poser simultanément les questions sociales et celles du pouvoir institutionnel et politique ? La reconquête du politique, du pouvoir politique, de la démocratie dans l’intérêt général, ne devrait-elle pas devenir un objectif commun des forces multiples dont la motivation va dans ce sens ? Leurs énergies pourraient se conjuguer sous des formes nouvelles comme dans des fronts de lutte – au niveau national et européen – qui, respectueuses des différentes identités, permettraient de favoriser des mobilisations populaires et de modifier ainsi sensiblement les rapports de force.

Nous sommes bien davantage dans une aggravation de la crise du système, voire d’une crise de civilisation 6 que d’une sortie de crise, dans la mesure où les contradictions à la base de cette crise n’ont en rien été résolues. La période actuelle - un tournant pour l’UE et les Etats - renforce encore le besoin de réfléchir comment gagner en efficacité dans les résistances, et comment construire des alternatives, comment bâtir des dynamiques sociales et politiques capables de conduire à des ruptures avec les logiques actuelles.

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