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Austérité, dette, casse sociale en Europe : ça suffit  ! Coordonnons nos résistances  ! Des alternatives démocratiques sont possibles et nécessaires  !

jeudi 24 novembre 2011

Conférence européenne du 31 mai 2011 (Bruxelles) ; en partenariat avec le groupe parlementaire GUE/NGL

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Après septembre 2010, les forces impliquées dans le Forum social européen et dans les mobilisations sociales européennes ont souhaité organiser cette conférence, un an après l’accord d’hyper-austérité à l’échelle européenne.

Ce sont  : ATTAC (Allemagne, France, Hongrie, Flandres, Espagne), CADTM (France, Belgique, Suisse, Grèce, Espagne, Pologne), Transform  ! Europe, Euromarches, Solidaires (France), FGTB (Belgique), EuroMemo Group, Forum soziales Europa (réseau de syndicalistes), Joint Social Conference, TransNational Institut (TNI, Amsterdam), Prague Spring II Network (CEE), Forum social grec, Forum social autrichien, Forum social de Belgique, Réseau du Forum social hongrois, Espaces Marx (France), Socialismo21 (Espagne), Fondation Copernic (France), Mémoire des luttes (France), Patas Arriba, Nicos Poulantzas Institut (Grèce), Society for European Dialogue (SPED, République Tchèque), Initiative des femmes en mouvement contre la dette et les plans d’austérité, Transform  ! Bruxelles, Marche mondiale des femmes, Rood (Flandres), Coalition of Resistance (UK), WIDE (Women In Development Europe), Realpe (réseau européen des élus locaux progressistes), CGT, FSU, Solidaires du Havre de grève, Mesas Ciudadanas de Convergencia y Accion.

Ont également participé  : l’Association européenne pour la défense des droits de l’homme (AEDH), Initiative féministe européenne, la Ligue des droits de l’homme (France), la Fédération syndicale unitaire (FSU, France), des syndicalistes de différents pays…

Nos conclusions - nos convergences

Cette conférence reflète une urgence et s’est déroulée à un moment où la crise de l’euro, la crise de l’UE, s’approfondit dans un contexte de crise générale du capitalisme financiarisé. L’Europe, dont les fondements sont déstabilisés, se trouve dans une impasse. Avec le Pacte euro plus, un nouveau pas est franchi dans l’aggravation de la crise sociale et démocratique. Les questions écologiques ne peuvent pas trouver de réponse dans ce cadre.

L’Europe se trouve à un tournant, sa légitimité recule

Plus que jamais, les résistances et les luttes pour refuser le «  Pacte euro plus  » et la nouvelle gouvernance économique européenne, la pression de la dette publique, la généralisation de l’austérité, et la régression sociale et démocratique constituent la seule voie pour sortir de la crise, pour changer l’Europe, pour en faire un espace de coopération et de solidarité. Pour contrer les divisions, nationalismes et ressentiments qui ne peuvent que favoriser les droites populistes radicales – aujourd’hui en progrès –, nous devons agir ensemble en Europe tout en rapportant les enjeux européens aux luttes au niveau national  ; en éclairant partout ce qui nous est commun.

La confrontation sociale et politique est très dure

Les difficultés s’aggravent sans cesse pour les salariés-es et retraités-es, les précarisés-es, les jeunes, les migrants, les populations les plus appauvries ou en voie d’appauvrissement. Partout, les femmes sont particulièrement touchées. Nous saluons comme très encourageants les mouvements «  des indignés-es  » dans plusieurs pays pour «  une véritable démocratie  ».

Des convergences qui rassemblent

Nous constatons que de nombreuses luttes vont dans le même sens tout en portant l’exigence d’une harmonisation des droits vers le haut. Dans une atmosphère d’indignation, les convergences entre mouvements sociaux et citoyens, syndicalistes et acteurs sociaux et politiques sont nombreuses.

● La réponse aux problèmes posés en Europe et aux difficultés aiguës dans plusieurs pays doit être européenne et solidaire.

● La coopération économique au niveau européen doit avoir comme objectif la réponse aux besoins des populations. L’architecture de l’euro, des institutions, des traités et dispositifs européens doit être modifiée pour le permettre.

● La dette publique doit être réduite  : par des recettes nouvelles  ; par la baisse des taux que doivent payer les États et les collectivités territoriales  ; par la réduction des transferts vers les créanciers  ; par des mesures d’annulation des parties illégitimes des dettes sur la base d’audits publics et citoyens permettant de pénaliser les spéculateurs et de protéger les simples épargnants-es et retraités-es.

● De nouvelles recettes publiques doivent être réalisées sous différentes formes  : une fiscalité plus juste et anti-inégalitaire  ; l’arrêt du dumping fiscal  ; la taxation des revenus du capital et des transferts financiers  ; des dépenses inacceptables – par exemple militaires – sont à supprimer.

● De nombreuses mesures politiques doivent contribuer à organiser une redistribution radicale des richesses pour faire reculer les inégalités sociales et l’injustice.

● Les secteurs de la finance et des banques doivent être soumis à des règlements contraignants, avec des mesures d’appropriation publique et sociale des outils nécessaires pour œuvrer en faveur d’un nouveau mode de développement social et écologique. Il faut en finir avec les politiques restrictives de la BCE.

● Pour stopper la spirale négative du dumping social, du démontage de la protection sociale et des retraites, de la paupérisation et de la précarisation, il est essentiel de rouvrir la perspective d’une convergence sociale vers le haut.

● Pour une convergence des revenus par le haut  : un salaire minimum européen modulé en fonction du revenu moyen dans chaque pays contre le dumping salarial et social  ; des minima sociaux en référence au salaire minimum. Et dans l’urgence immédiate pour lutter contre l’exclusion sociale, aucun revenu en dessous du seuil de pauvreté. Les femmes, premières victimes des bas salaires, sont particulièrement concernées par un tel changement d’orientation.

● Contre la pauvreté et l’appauvrissement de nouvelles populations, le concept de protection sociale doit être élargi pour intégrer l’ensemble de la population.

● Les populations les plus fragiles, écrasées par l’endettement et menacées d’expulsion de leurs logements comme c’est le cas en Pologne, en Hongrie et en Roumanie ainsi que dans d’autres pays européens, doivent être secourues et pouvoir bénéficier d’un droit au logement.

● Les subventions européennes attribuées aux pays de l’Est ne doivent en aucun cas renforcer l’endettement des collectivités territoriales  : il faut interdire que les fonds propres de municipalités soient issus de crédits ou d’obligations.

● La politique européenne vis-à-vis des migrants doit changer radicalement pour respecter les droits sociaux et humains et favoriser la coopération solidaire.

● Les services publics en Europe doivent être préservés et développés pour favoriser le principe d’égalité, de solidarité, l’éducation de tous-toutes, les projets de recherche nécessaires pour les sociétés et l’émergence d’un nouveau mode de développement social et écologique. C’est un objectif particulièrement important pour que les activités sociales restent dans l’espace public et ne puissent être transférées comme activités domestiques et non rémunérées aux femmes ou à des catégories sous payées de salariés-es.

● La prise en compte des enjeux écologiques et sociaux demande plus que jamais la maîtrise publique et démocratique des décisions économiques  ; le passage à un autre type d’économie est nécessaire, aux niveaux local, national, européen.

● La démocratie recule en Europe  ; elle doit être défendue et devenir «  réelle  » comme l’exigent les citoyens-nes à travers l’Europe.

Les mobilisations en Europe doivent se renforcer et se rapprocher, en faveur d’un changement radical de l’Europe  ; c’est une urgence. Cette conférence exprime sa pleine solidarité avec les résistances contre l’austérité, la pression de la dette et les mouvements pour une véritable démocratie.

Plusieurs initiatives déjà en préparation permettront d’avancer et d’élargir le mouvement dans les luttes  :

● 19 juin  : journée d’action en Espagne à l’initiative des indignés-es de la Puerta del sol et initiatives de solidarité dans d’autres pays.

● 21 juin  : journée d’action européenne à l’appel du congrès de la CES.

● 1er octobre  : conférence contre l’austérité et les privatisations (Londres  ?).

● 15 octobre  : action internationale, lancée par le mouvement du 15 mai (Puerta del Sol).

● 1er novembre  : manifestation contre le G 20 (environs de Cannes/Nice, France) suivie d’un forum des peuples.

Plusieurs pistes restent en débat  :

● Pour s’opposer au «  Pacte euro plus  » et au paquet de gouvernance économique, il s’agit de multiplier les initiatives et de mener des campagnes d’information, d’explication.

● Réalisation d’audits publics et citoyens sur la dette publique dans différents pays, suivie d’une rencontre européenne ayant comme finalité la synthèse des résultats et l’élaboration de stratégies communes pour annuler la dette illégitime des États européens.

● Différentes actions les 23 et 24 juin durant le Conseil européen au sujet de la gouvernance.

● Reverser les travaux de la conférence au sein du processus du Forum social européen, cadre dans lequel cette initiative a été initiée.

● Décision de la création d’un réseau «  dette et austérité  », ouvert et rassembleur, dans le but d’élaborer des analyses, convergences, initiatives.

Des questions sont restées ouvertes dans le débat, notamment une proposition soumise par des intervenants grecs  : ne faudrait-il pas tenter de développer à l’échelle européenne un «  front commun de syndicats, mouvements, forces politiques  » dont les objectifs sont convergents  ?, ou encore la piste d’un «  pacte citoyen  » à bâtir en Europe.

Contacts

Verveine Angeli - angeli@solidaires.org

Elisabeth Gauthier - elgauthi@internatif.org

Christine Vanden Daelen - christine@cadtm.org
Voir ce document en anglais, français, allemand et espagnol  :

http://openfsm.net/projects/austerity-debt-and-social-destruction-in-europe/summary

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