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Vendredi 23 mars 2012, 14h - 20h

Que révèle le débat sur la « Dé-mondialisation » ?

Comment concevoir une alternative aux logiques complexes du capitalisme financiarisé et mondialisé ?

lundi 5 mars 2012

Espaces Marx souhaite, dans la suite du colloque « crise de civilisation » 1 décrypter plus précisément la « crise planétaire » aux multiples dimensions ainsi que les mouvements portant des résistances et alternatives.

L’année 2011 est riche de changements dans le monde.

Nouvelle étape dans l’approfondissement de la crise qui ressemble de plus en plus à un tunnel sans fin ; crise existentielle de l’UE et de l’Euro ; passage à des régimes post-parlementaires et autoritaires ; transformation des rapports de forces au sein du G20 et dans le monde ; révoltes et multiplication des résistances ainsi que de leurs formes ; puissance des idées prônant des ruptures….

Espaces Marx souhaite, dans la suite du colloque « crise de civilisation » 1 décrypter plus précisément la « crise planétaire » aux multiples dimensions ainsi que les mouvements portant des résistances et alternatives. Pour commencer :

Samedi 28 janvier : une journée d’étude comme première étape

Que révèle le débat sur la « Dé-mondialisation » ?
Comment concevoir une alternative aux logiques complexes du capitalisme financiarisé et mondialisé ?

L’impact du débat autour de la « dé-mondialisation » montre l’intérêt grandissant de discussions de fond sur les alternatives face à la crise, sur les questions stratégiques, et à quel point la gravité de la situation dans le monde appelle des alternatives. Ce débat a pu prendre de l’ampleur au moment où la « mondialisation » apparaît comme un puissant facteur de crise. Il s’agit de fait d’un débat autour des grands principes régissant les évolutions récentes du monde ainsi que des stratégies pour s’y opposer. Ces enjeux seront au cœur des confrontations électorales 2012. Mais bien au-delà, dans le monde entier se propagent la contestation des logiques actuelles, l’exigence de démocratie et de profonds changements. L’échec des dogmes néolibéraux, l’effritement de son hégémonie génèrent résistances et protestations, prises de conscience et recherches d’alternatives. Nous sommes confrontés à une cristallisation nouvelle de la bataille de l’hégémonie.

Une étude récente montre que « l’insécurisation globale…se développant, la demande de protection progresse corrélativement pour les Français en général et plus particulièrement pour les plus exposés d’entre eux. Cette demande de protection se répartit logiquement sur les trois registres de l’insécurisation : protection des personnes physiques ; protection économique des salariés ; protection nationale face à la mondialisation qui passe par la réaffirmation d’un contrat social et le rétablissement du pouvoir de la politique qui, seul, peut recréer des marges de manœuvre aujourd’hui disparues. » 2 L’impact populaire de l’approche proposant une « dé-mondialisation » révèle – malgré les imprécisions et limites du terme - que des « réponses light » face à la crise perdent du terrain.

Un débat assez vif quant au sens et à la pertinence du terme de « dé-mondialisation » traverse la gauche dite « radicale » et le mouvement altermondialiste où s’expriment des positions contradictoires. Cette difficulté nous renvoie à la fin des années 90 lorsque l’usage du terme « mondialisation » a voilé la nouveauté du capitalisme financiarisé et globalisé contemporain. La façon de nommer ces réalités complexes a joué et joue un rôle important dans la bataille politique et idéologique. Aujourd’hui, le terme « dé-mondialisation » semble agir comme un repère, mais risque de s’avérer un piège dans la confrontation idéologique et politique dans la mesure où il peut donner de l’alternative une vision qui se limite à des régulations partielles, surtout dans la sphère de la circulation du capital et des marchandises, en ignorant la sphère de la confrontation directe capital / travail. Les sphères de la finance, des monnaies, des échanges commerciaux constituent des champs essentiels des confrontations sociales et politiques. Simultanément, le projet alternatif doit viser des changements radicaux en ce qui concerne le travail, l’emploi, la répartition des richesses, des pouvoirs, un nouvel internationalisme, etc …..

Dans la phase actuelle d’approfondissement de la crise et au moment où celle-ci devient très concrète et douloureuse pour les populations, les forces sociales et politiques doivent se repositionner, mettre à jour et vérifier les hypothèses qui fondent leur action. Les confrontations d’idées parfois vives (au sein du mouvement altermondialiste, au PS, au sein de la Gauche dite radicale…) en sont le reflet. Cette grande crise, la prise de conscience grandissante de l’essence du capitalisme financiarisé et globalisé nous confrontent à nouveau à une bifurcation : allons-nous cette fois-ci pouvoir jeter les bases en faveur d’une nouvelle hégémonie culturelle et politique à gauche ?

Déroulement de la journée

1. De quoi est-il question lorsque l’on parle de « dé-mondialisation » ?
Quel en est l’usage fait par des acteurs politiques et sociaux ?
Que révèle ce débat, quel est son impact ?

2. Quelles nouvelles réalités et contradictions font surgir ce débat ?
La crise historique actuelle, en quoi modifie-t-elle le regard sur la « mondialisation » ?
Dans cette crise, de quelle façon évoluent les enjeux tels que la confrontation de classe et la fonction des Etats-nations ?
La recherche de « protections » face aux logiques destructrices, nécessite-t-elle une modification de paradigme ?

3. Comment définir « l’autre logique » que vise la gauche transformatrice ?
Quelle portée alternative revêtent les approches : « lutter pour un autre monde », « changer le monde », « pour une mondialité solidaire » ou encore « dépasser le capitalisme », viser « une civilisation solidaire » ?
Quelles options concernant le modèle économique et social, la transition écologique, la propriété, les pouvoirs, la démocratie…fonderaient une logique en rupture avec celle qui domine ?
Quels sont les ressorts présents dans nos sociétés pour avancer vers une autre logique ? Quelles brèches pour disputer efficacement l’hégémonie néolibérale ?

Les intervenant-es

Marc DELEPOUVE, Syndicaliste universitaire

Elisabeth GAUTHIER, Directrice d’Espaces Marx, Co-éditrice de la revue Transform !

Janette HABEL , Universitaire spécialiste de l ’Amérique latine

Jean-Marie HARRIBEY, Economiste, Membre du Conseil scientifique d’Attac France

Pierre KHALFA, Co-Président de la Fondation Copernic, Membre du Conseil Economique, Socialet Environnemental

El Mouhoub MOUHOUD, Professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, Directeur du Groupement de recherches internationales du CNRS DREEM

Barnard SALAMAND, Président du CRID

Catherine SAMARY, Professeur d’économie Université Paris-Dauphine

André TOSEL, Philosophe, Auteur de Cinquante thèses sur la mondialisation capitaliste et sur un communisme possible

Henri WEBER, Eurodéputé, secrétaire national-adjoint chargé de la mondialisation au Parti socialiste

Louis WEBER, Espaces Marx, Coordinateur de la rédaction de la revue Savoir/Agir

Christophe VENTURA, Mémoire des Luttes

La problématique

L’impact du débat autour de la « dé-mondialisation » montre l’intérêt grandissant de discussions de fond sur les alternatives face à la crise, sur les questions stratégiques, et à quel point la gravité de la situation dans le monde appelle des alternatives. Ce débat a pu prendre de l’ampleur au moment où la « mondialisation » apparaît comme un puissant facteur de crise. Il s’agit de fait d’un débat autour des grands principes régissant les évolutions récentes du monde ainsi que des stratégies pour s’y opposer. Ces enjeux seront au cœur des confrontations électorales 2012. Mais bien au-delà, dans le monde entier se propagent la contestation des logiques actuelles, l’exigence de démocratie et de profonds changements. L’échec des dogmes néolibéraux, l’effritement de son hégémonie génèrent résistances et protestations, prises de conscience et recherches d’alternatives. Nous sommes confrontés à une cristallisation nouvelle de la bataille de l’hégémonie.

Une étude récente montre que « l’insécurisation globale…se développant, la demande de protection progresse corrélativement pour les Français en général et plus particulièrement pour les plus exposés d’entre eux. Cette demande de protection se répartit logiquement sur les trois registres de l’insécurisation : protection des personnes physiques ; protection économique des salariés ; protection nationale face à la mondialisation qui passe par la réaffirmation d’un contrat social et le rétablissement du pouvoir de la politique qui, seul, peut recréer des marges de manœuvre aujourd’hui disparues. » [2] L’impact populaire de l’approche proposant une « dé-mondialisation » révèle – malgré les imprécisions et limites du terme - que des « réponses light » face à la crise perdent du terrain.

Un débat assez vif quant au sens et à la pertinence du terme de « dé-mondialisation » traverse la gauche dite « radicale » et le mouvement altermondialiste où s’expriment des positions contradictoires. Cette difficulté nous renvoie à la fin des années 90 lorsque l’usage du terme « mondialisation » a voilé la nouveauté du capitalisme financiarisé et globalisé contemporain. La façon de nommer ces réalités complexes a joué et joue un rôle important dans la bataille politique et idéologique. Aujourd’hui, le terme « dé-mondialisation » semble agir comme un repère, mais risque de s’avérer un piège dans la confrontation idéologique et politique dans la mesure où il peut donner de l’alternative une vision qui se limite à des régulations partielles, surtout dans la sphère de la circulation du capital et des marchandises, en ignorant la sphère de la confrontation directe capital / travail. Les sphères de la finance, des monnaies, des échanges commerciaux constituent des champs essentiels des confrontations sociales et politiques. Simultanément, le projet alternatif doit viser des changements radicaux en ce qui concerne le travail, l’emploi, la répartition des richesses, des pouvoirs, un nouvel internationalisme, etc.

Dans la phase actuelle d’approfondissement de la crise et au moment où celle-ci devient très concrète et douloureuse pour les populations, les forces sociales et politiques doivent se repositionner, mettre à jour et vérifier les hypothèses qui fondent leur action. Les confrontations d’idées parfois vives (au sein du mouvement altermondialiste, au PS, au sein de la Gauche dite radicale…) en sont le reflet. Cette grande crise, la prise de conscience grandissante de l’essence du capitalisme financiarisé et globalisé nous confrontent à nouveau à une bifurcation : allons-nous cette fois-ci pouvoir jeter les bases en faveur d’une nouvelle hégémonie culturelle et politique à gauche ?

Svp utiliser le bulletin d’inscription inséré dans l ’invitation jointe

titre documents joints

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