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Quelle politique de gauche pour faire face au pouvoir et à la crise des banques européennes ?

dimanche 25 décembre 2011, par Louis Weber

Comment inventer un nouveau système de crédit pour financer l’économie réelle et agir pour l’intérêt public ? Quelles mesures alternatives immédiates ?

Xavier Dupret (GRESEA, Belgium)

Le modèle bancaire européen est en danger, dans un cycle autodestructeur. Les régulations à la marge ne règlent rien, sauf de passer les problèmes pour une durée limitée sous le tapis. Les alternatives pour les banques devraient se concevoir autour de deux axes.

1. La séparation des métiers bancaires. Pour rappel, Roosevelt, avec la promotion du capitalisme industriel, la consommation et les financements pour cela.

2. En finir avec les mégabanques européennes (voir F.Chesnais).

Certaines réponses à gauche visent un retour à Roosevelt (ex. les Verts). La Gauche radicale propose de revenir sur les méga-fusions des années 80 et 90 et à des banques de dimensions plus réduites. Une dévaluation des actifs est nécessaire, la monétarisation de la dette est incontournable. Une stratégie de Front populaire rassemblant différentes composantes à gauche devrait avoir comme un objectif le retour à la création monétaire publique.

Peter Wahl (WEED, Allemagne)

La crise n’est pas un objectif pour les élites, ce sont des apprentis-sorciers. Différents mécanismes de régulation ont été pris et tentés, mais avec une ampleur et des effets insuffisants, comme Bâle III, ou en matière de commerce ou d’alimentation, la reprise de la proposition de TTF. Leur objectif est la stabilisation financière, qui ignore cependant de nombreuses questions essentielles comme la redistribution, la monnaie, les équilibres. Quant à la dette souveraine, l’utilisation du crédit est nécessaire et fonctionne lorsque le dispositif est bien orienté et indépendant des marchés financiers. Certaines dépenses peuvent être supprimées comme les budgets militaires, mais l’austérité ne peut être la réponse. Les salaires doivent être augmentés et la fiscalité réformée.

Les mesures immédiates :

1. La BCE prêteur en dernier ressort avec le rôle d’une véritable banque centrale ;

2. Neutraliser la notation de la dette souveraine par les agences de notation et ensuite réformer celles-ci ;

3. Interdire les CDS ;

4. En Allemagne une politique de stimulation des salaires, de la protection sociale + un plan Marshall pour les pays comme le Grèce, le Portugal, etc.

5. Une fiscalité en faveur de la redistribution.

Nikos Chountis (GUE/NGL, Grèce)

La situation en Europe est explosive. Le sommet en cours ne règlera aucun des problèmes mais aggravera la situation. La question démocratique devient maintenant un enjeu pour tous. L’expérience confirme ce qui était l’opinion à gauche : une monnaie commune nécessite un autre type de BCE. La réponse à travers des Eurobonds ne pourrait constituer une piste seulement si on la lie à la BCE car autrement, c’est le retour aux marchés financiers.

Débat

Peut-on vraiment dire que Bâle III va dans le bon sens ? C’est plutôt une rustine qu’un remède.

Les élites ne savent pas comment échapper au chaos et modifient leur vision dans la crise. Merkel est une sorte de modératrice d’intérêts hétérogènes. Schäuble est pour une certaine régulation.

Les conglomérats bancaire : too big o fail  ? ou plutôt too big to exist ? Les 10 premières banques des États-Unis détiennent 50% des actifs aux États-Unis.

Les banques sont les principaux acteurs sur les marchés financiers
Quelle voie pour obtenir une stabilisation ? Seule une rupture de logique pourrait agir dans ce sens, mais aucun gouvernement prend cette direction.

Il est question d’un « saut politique » en Europe. Un tel saut devrait consister à suivre une autre logique partout en même temps.

Les Eurobonds : quel sens a l’idée de la mutualisation de la dette lorsque l’ensemble des dettes souveraines sont attaquées ? Il faut au contraire des solutions hors marchés financiers et par conséquent revenir à une banques centrale en dernier ressort.

La BCE serait dépassée par une telle demande lorsque la dette publique totalise environ 80% du PIB, et dans un contexte où les pays ont des conditions économiques, sociales, politiques différentes. Besoin de trouver une organisation qui respecte ces différences.
Lorsqu’il s’agit de dé-privatiser les banques, il faudrait éviter de socialiser les pertes. Éventuellement via une bad bank de conception de gauche qui renvoie le risque aux propriétaires.

Le chaos peut-il être une chance pour la transformation ? ou aurait-il un coût humain trop élevé ? Faut-il souhaiter une stabilisation de la situation et miser sur des réformes ambitieuses ?

La gauche a la responsabilité de contribuer à ce que les gens acquièrent un pouvoir d’interprétation pour mieux résister et concevoir des alternatives.

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