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Quels défis pour les acteurs sociaux et politiques ?

jeudi 16 février 2012

Intervention de Christine Mendelsohn (membre de l’exécutif du PGE, parti de la gauche européenne), séminaire Transform ! Du 2/11/2011 au forum des Peuples de Nice lors du G20

Thème : État de la crise européenne, risques sociaux et politiques

Quels défis pour les acteurs sociaux et politiques ?

Le capitalisme est gravé dans le marbre des traités européens, ce qui a permis les politiques de dérégulation du droit du travail dans chaque pays. Conséquence, en 2008, 10% du PIB européen était déjà passé du travail au capital.

Les actionnaires se sont bâti des fortunes sur la vente et l’achat des entreprises. La précarité explose en Europe.

D’où la crise de 2008 en Europe. Silence à ce moment-là des institutions européennes qui laissent les 27 chefs d’Etat endetter les 27 pays.

En 2010, sur décision des chefs d’Etat, les institutions européennes reprennent la parole et mettent en place le fameux Fonds de stabilité pour garantir aux banques le remboursement des emprunts des pays endettés.

Ni ce fonds de stabilité, ni les plans d’austérité qui en découlent ne résolvent la crise.

Mais voici ce qu’a déclaré le sommet européen de la semaine dernière : « Tous les Etats membres sont fermement décidés à poursuivre leur politique d’assainissement budgétaire et leurs réformes structurelles ». Cela veut dire une réduction massive des services publics et des protections sociales, accompagnée de la réduction du rôle de l’Etat avec la règle d’or pour qu’il n’y ait pas de retour possible, plus un nouveau renflouement des banques.

Et pour garantir la réussite de leur projet, les chefs d’Etat libéraux se sont protégés de la colère des peuples par la commission européenne qui a nommé un responsable à la gouvernance économique et qui aura le droit d’intervenir à tout moment pour modifier un budget national.

Ce serait la fin de l’État providence et la victoire du Market state.

Sarkozy est celui qui a cassé la démocratie en Europe pour imposer le traité de Lisbonne après le « non » au traité constitutionnel : le G 20 d’aujourd’hui, présidé par Sarkozy, va chercher à sortir de la crise sur le dos des classes les plus faibles dans chaque pays.

Un nouveau monde se construit au bénéfice des capitalistes.

Une partie de plus en plus importante de la population ne fait plus confiance aux élus dans les institutions. Ce n’est pas un refus du politique, mais une remise en cause des pouvoirs actuels.

Lorsque les socio libéraux, comme en France, continuent à dire qu’il y a encore une marge d’accompagnement social au libéralisme, sans changer les politiques européennes, ils ne font pas grandir la politique et se rendent coupables de la crise de demain.

Si, en Europe, nous ne portons pas le conflit sur les enjeux de classes, il se fera sur des enjeux nationalistes au bénéfice des droites extrêmes, aidées par les libéraux qui accusent la Grèce pour ne pas parler du système capitaliste inscrit dans les traités de l’UE européenne.

La gauche doit reprendre la maîtrise de l’argent face aux marchés financiers.

Le parti de la gauche européenne va lancer une campagne, avec ceux qui le souhaitent, pour modifier les critères des missions de la BCE et les rendre utiles à l’emploi, aux services publics, au développement durable.

Car pour sortir de la crise, il faut faire croître les emplois, les services publics, les protections de l’environnement et faire décroître la spéculation financière par les prêts à taux zéro de la BCE dans l’investissement humain et écologique.

Nous utiliserons l’initiative citoyenne, prévue par le traité de Lisbonne, pour que s’ouvre un débat en Europe sur la réorientation de l’argent qui existe en grande quantité dans ce monde.

Question de convergences :

Les gouvernements européens ont décidé de faire la guerre contre le monde du travail, contre les femmes premières visées par les inégalités sociales, contre les jeunes condamnés à la précarité, contre les migrants que les partis de droite de nos pays n’hésitent plus à désigner comme des corps étrangers qui pourrissent nos pays de l’intérieur.

Les colères et résistances se développent partout sur le continent avec des formes différentes selon la bataille pour la justice et la dignité que chacun d’entre nous a décidée de mener. Les grèves générales et mouvement sociaux du monde du travail, les mobilisations réussies des indignés, les alter mondialistes qui poursuivent leur recherche pour une mondialisation de gauche en sont des formes de rassemblement.

Il y a un écart très fort entre le social et le politique, d’autant plus fort que les États, les « market states » ne représentent plus un rempart de protection pour les peuples.

Mais la contestation sociale va-t-elle être capable de passer au politique ? Nous regardons avec attention ce qui se passe en Amérique latine.

Je pense en tout cas que les partis de transformation sociale ne doivent pas considérer qu’il faut un débouché politique aux luttes sociales, mais qu’ils doivent s’inscrire dans la recherche de la convergence des luttes pour un rapport de force exigeant un changement de politique.

L’initiative du PGE pour un changement du fonctionnement de la BCE qui doit recueillir un million de signatures, comme la pétition du CCFD sur l’évasion fiscale des multinationales, participe à recréer un espace de pensée pour des choix politiques et économiques, bref recréer un espace de démocratie.

Et si en France, nous avons en 2012 un gouvernement et un parlement de gauche, nous devrons, pour respecter un programme antilibéral, nous heurter au cadre européen pour provoquer une crise dans l’Union et débloquer la situation. 

Nous aurons alors un espace pour choisir et construire un nouveau mode de développement dans la solidarité.

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