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Des collectifs critiques !

samedi 22 avril 2006, par Michèle Riot-Sarcey

Une série de textes publiée dans le quotidien L’Humanité le 25 mars 2006 durant le 33e Congrès du PCF au Bourget et portant sur l’analyse du communisme en lien aux débats du temps présent, nous a paru relever directement des problématiques que nous souhaitons soulever dans le chantier "Alternatives, émancipations, communisme"... Voici celui de Michèle Riot-Sarcey.

Difficile de parler du communisme en faisant abstraction du stalinisme. Il est vrai que l’utopie communiste n’est pas encore lavée de sa souillure totalitaire. Celle-ci restera aussi longtemps que les communistes (toutes organisations confondues, social-démocratie comprise) se détourneront d’une véritable réflexion critique sur un passé marqué par la domination dogmatique des partis qui n’ont cessé de substituer leur analyse doctrinaire, à celles, éparses, contradictoires, évolutives d’individus qui composent ce qui fut si mal nommé « les masses ». En restant attentifs au devenir social des classes ouvrières, ils ont cru servir « la cause du peuple » sans vouloir comprendre qu’ils reproduisaient, dans leurs propres rangs, la forme de domination politique qu’ils contestaient. L’exercice du pouvoir, hiérarchiquement institué, est un des fondements des organisations communistes et socialistes qui, dans la longue durée, ont oublié les promesses libertaires dont l’esprit fut un des moteurs de l’humanité. Certes, la pensée du possible, bien qu’agent créateur, est difficile à réaliser, dans un monde où règne l’inégalité sociale dont les effets sont déterminants sur l’accès au savoir. C’est ainsi que se perpétue le système en se reproduisant. Mais elle peut s’inscrire dans le réel, devenir vraie si elle dépasse l’idée de domination.

Si le communisme, au-delà de la propriété collective - idée à reconsidérer - est d’abord l’expression d’une transformation radicale des rapports sociaux, sa concrétisation devient indissociable d’une liberté critique individuelle et collective. Ainsi se donne-t-il les capacités de déstabiliser les rapports de pouvoir en évitant leur transformation en domination réglée. À condition d’imaginer une société où l’accès au savoir de tous et de toutes puisse devenir une priorité pour la formation de collectifs critiques, au sein d’un foisonnement d’associations, de communes et autres coopératives autogérées qui ne cesseront de demander des comptes à leurs mandants.

La rotation des fonctions de responsabilité et la fin des privilèges du pouvoir en dépendent. En ce sens, le féminisme peut contribuer à renouveler considérablement l’utopie communiste.

Par Michèle Riot-Sarcey, historienne.

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