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« Où se trouvent les réserves d’alternative ? Travail et projets–héritages »

Rencontre avec Yves Schwartz

mardi 10 mars 2015

Séminaire « De quoi demain sera-t-il fait ? »
Organisé par la fondation Gabriel Péri et par l’association Espaces Marx
Mercredi 2 avril 2014
« Où se trouvent les réserves d’alternative ? Travail et projets–héritages »
Yves Schwartz

http://www.dailymotion.com/video/x2hhx17_yves-schwartz_news

Mise en bouche : Comment penser un « autre » ? Un vivre autrement. Peut-on penser un « autre » qui ne s’enracine pas dans ce que nous sommes aujourd’hui ? Mais qui et que sommes-nous aujourd’hui ? Peut-on y répondre sans nous instruire de ce qui se révèle de nous dans nos activités de travail ?
On s’interrogera d’abord tant sur l’extension de ce « nous » que nous cherchons à découvrir que sur les difficultés et pièges liés au mot « travail ». Et à travers les questions que nous pose ce concept, on sera conduit à réévaluer ce qui se joue en nous du travail, comme « activité », en un sens anthropologique.

Le travail étant redéfini comme succession et enchâssement de débats de normes que ne peuvent trancher que des préférences, on est conduit à inscrire, même au cœur de l’univers marchand et son apparente domination par des valeurs économiques quantitatives, ce qu’on appellera des « valeurs sans dimension ». Les essais permanents de « renormalisation » des normes antécédentes encadrées par ces valeurs économiques sont autant de réserves d’alternatives, de recréations plus ou moins collectives d’un possible monde commun. Monde commun qui peut rester dans l’invisible ou grandir sous l’effet d’un vrai militantisme de la mise en visibilité. Des « projets-héritages » sont donc en suspens dans toutes les activités industrieuses, des « utopies » concrètes qu’il faut mettre en débat, pour rééquilibrer le rapport entre valeurs marchandes et valeurs sans dimensions.

Sans doute aujourd’hui, à travers une économie mondialisée et financiarisée, la convergence de ces projets héritages n’a rien de simple ni d’évident. Mais quelque alternative que ce soit, qui serait en surplomb de ce qui se joue dans ces renormalisations a encore moins de chance de dessiner une autre manière de nous autogouverner. Dans une nécessaire dialectique entre la mise en débat en micro des réserves d’alternatives et des hypothèses de gouvernance globale de la société humaine, se travaille ce qu’on a appelé depuis des années un « humanisme énigmatique ».
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Yves Schwartz est agrégé de Philosophie, docteur d’Etat, professeur émérite de philosophie d’Aix-Marseille Université, directeur scientifique de l’Institut d’ergologie, membre senior de l’Institut Universitaire de France (1993-2003), président de la Société internationale d’Ergologie. Depuis trente cinq ans, il a développé des recherches et travaux d’abord autour de l’histoire des sciences et des techniques puis autour du champ du travail. Il a initié des dispositifs innovants de formation, associant autour de ces questions universitaires et protagonistes du monde du travail, notamment venus du mouvement social.

Il a notamment publié :

- Expérience et Connaissance du Travail, Messidor-Editions Sociales, 1988, réédité en 2012 aux Editions Sociales.
- Travail et Philosophie, Convocations mutuelles, Octarès Editions, 1992.
- Reconnaissance du Travail, pour une approche ergologique (sous-direction), P.U.F 1997.
- Le Paradigme ergologique ou un métier de philosophe, Octarès éditions, 2000
et deux ouvrages collectifs, co-dirigés avec Louis Durrive, et publiés aux Editions Octarès : Travail et ergologie, entretiens sur l’activité humaine I (2003) et L’activité en Dialogues, entretiens sur l’activité humaine II, 2009.

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Voir en ligne : Présentation générale du séminaire

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