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Tsipras a prêté serment comme nouveau Premier ministre

lundi 26 janvier 2015

Texte paru le 26 janvier 15 sur le site de Transform !

La Grèce entre dans une nouvelle ère d’anti-austérité. La gauche radicale Syriza a réussi à former un gouvernement avec le parti des Grecs indépendants après avoir manqué de peu la majorité absolue aux élections historiques de dimanche.

Avec presque tous les votes comptabilisés du scrutin de dimanche, Syriza semble obtenir 149 sièges, seulement deux de moins que la majorité absolue. Les Grecs Indépendants devraient avoir 13 sièges sur les 300 sièges du parlement. Le résultat des élections devrait être l’une des principales questions abordées lundi à la réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro. Le résultat de dimanche signifie que la majorité des électeurs en Grèce a rejeté la politique de gestion de la crise de la zone euro définie par Bruxelles et l’Allemagne, a commenté Gavin Hewitt, à Athènes, de la BBC.

Syriza , le parti de gauche radicale, qui a remporté les élections générales de dimanche en Grèce, a formé une coalition gouvernementale anti-austérité avec le parti de droite des grecs indépendants. « Je veux tout simplement affirmer qu’à partir de maintenant il y a un gouvernement » a déclaré aux journalistes le leader des Grecs indépendants, Panos Kammenos, après sa sortie d’une réunion au siège de Syriza. « Le parti des Grecs indépendants émettra un vote de confiance à l’égard du Premier ministre, Alexis Tsipras. Le Premier ministre ira voir le président et ... la composition du cabinet sera annoncée par le premier ministre. Tous les Grecs veulent entrer dans une nouvelle période, en ayant une pleine souveraineté » .

Le résultat de cette élection historique - c’est la première fois depuis les années 1970 que ni le Pasok de centre-gauche, ni les conservateurs de la Nouvelle Démocratie ne restent au pouvoir - pourrait engager Athènes sur la voie d’un conflit imminent avec les prêteurs internationaux, les institutions européennes et Berlin, où la chancelière allemande, Angela Merkel, a jusqu’à présent toujours refusé de céder aux demandes faites par les économies les plus faibles de l’Union concernant l’austérité draconienne et les réformes structurelles.

Chargé de la planification financière de Syriza, Giorgos Stathakis, a déclaré que le nouveau gouvernement n’avait pas l’intention de rencontrer les négociateurs de la "troïka" de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du FMI, et chercherait plutôt à engager des pourparlers directs avec les gouvernements.

Quelques heures après la victoire de Syriza, Benoit Coeuré, membre du conseil exécutif de la BCE a déclaré que la Grèce devait payer ses dettes et a sommé Tsipras de respecter les règles du jeu européennes. « Il n’y a pas de place pour une action unilatérale en Europe, ce qui n’exclut pas la discussion, par exemple, sur le rééchelonnement de la dette », a déclaré Coeuré à la radio Europe 1.

Les ministres des Finances de l’Europe devaient se réunir lundi. Ce sera pour eux la première occasion de discuter de la victoire écrasante de Syriza. En peu de temps, l’euro a sombré à son plus faible niveau depuis 11 ans face au dollar et les marchés boursiers ont chuté avec la crainte qu’on pouvait mettre en doute le plan de sauvetage massif de 240 milliards d’euros de la Grèce et que le pays en piteux état pouvait être contraint de sortir de la zone euro.

« La Grèce laisse derrière elle une austérité catastrophique, elle laisse derrière elle la peur et l’autoritarisme, elle laisse derrière elle cinq années d’humiliation et de souffrance », a déclaré Tsipras au milieu des acclamations de milliers de supporters, agitant des drapeaux, réunis sur la place Klafthmonos, au centre d’Athènes, dimanche soir. Tsipras, ingénieur né dans une famille de la classe moyenne d’Athènes, a redit son intention de renégocier les conditions de sauvetage, mais a laissé entendre qu’il pourrait ne pas être tout à fait aussi fort au sein du gouvernement que pendant sa campagne, quand il s’est engagé à allumer un « incendie anti-austérité » à travers l’Europe. « Le nouveau gouvernement grec est prêt à coopérer et à négocier pour la première fois avec nos pairs, une solution juste, mutuellement bénéfique et viable », a-t-il promis.

Le message farouchement anti-austérité, anti-renflouement de Tsipras a rencontré un public enthousiaste à travers un pays visiblement appauvri et épuisé. Depuis 2009, le PIB de la Grèce a chuté du quart, son revenu par ménage de plus d’un tiers, et le chômage a triplé, à 26%.

Des milliers de supporters ont écouté Tsipras au centre d’Athènes après que ses adversaires lui ont concédé la victoire. « Le peuple grec a écrit l’histoire », a-t-il dit, sous les acclamations. « La Grèce laisse derrière elle une austérité catastrophique, la peur et un gouvernement autocratique. » A l’extérieur de la tente de campagne du parti au centre d’Athènes, les supporters s’embrassaient et dansaient pour célébrer la victoire. « C’est comme une deuxième naissance et nous sentons enfin un peu d’espoir », a déclaré Litsa Zarkada, une employée de nettoyage du gouvernement qui a perdu son emploi. « Nous avons été jetés à la rue juste avant de pouvoir prendre notre retraite. Nous avons vécu tellement de choses ».

Des réductions de dépenses drastiques et la montée du chômage ont vu environ 3,1 millions de personnes, soit un tiers de la population, perdre leur sécurité sociale et l’assurance maladie. Près du tiers de la population de la Grèce vit en dessous du seuil de pauvreté, tandis que 18% sont incapables de financer les besoins alimentaires de base.

La victoire du parti pourrait encourager d’autres partis radicaux anti-austérité en Europe du Sud, notamment Podemos en Espagne, dont le chef Pablo Iglesias a affirmé lors d’un rassemblement à Valence : « L’espoir vient, la peur s’envole. Syriza, Podemos, nous gagnerons. »

Source : www.stokokkino.gr

Résultats et répartition des sièges

sur 99,80% des votes.

1. SYRIZA 36.34% - 149 sièges

2. NOUVELLE DEMOCRATIE 27.81% - 76 sièges

3. AUBE DOREE 6.28% - 17 sièges

4. POTAMI 6.04% - 17 sièges

5. KKE 5.45% - 15 sièges

6. GRECS INDEPENDANTS 4.72% - 13 sièges

7. PASOK 4.68% - 13 sièges

KINIMA (Parti de l’ex premier Ministre Papandreou, n’est pas entré au parlement) 2.44%

Déplacement des voix vers Syriza :

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Source : http://dominic.linkeblogs.de/wp-content/uploads/2015/01/Die-Hoffnung-kommt.pdf

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